ROCK MY DAYS

TOUR D’HORIZONS # 16 - Hitchcockgohome!, Immune, Pollyanna, Soy Un Caballo, Revolver, Alban Dereyer

by Julien on Jul.13, 2008, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS

Visuel HITCHCOCKGOHOM Youcannot.jpg Visuel IMMUNE.jpg Visuel POLLYANNA1.jpg Visuel SOY UN CABALLO.jpg Visuel REVOLVER.jpg Visuel ALBAN DEREYER.jpg

… Un intitulé parti pris qui n’implique pas obligatoirement sectarisme et rigueur de style. On trouvera donc dans les prochaines lignes, des Belges qui s’expriment dans notre langue et des gens d’ici qui préfèrent la langue de Drake pour passer leurs arts. Arts paisibles, certes, mais non dénués d’émotions, ouvertement pop, folk ou rock post-quelque chose, et tous délicats bien que plus ou moins touchants…

Un album qui cite comme référence “Lanark“, chef d’œuvre de l’écrivain écossais Alasdair Gray, ne peut décemment pas être traité avec désinvolture et dilettantisme. Si, opinion discutable, la musique de HITCHCOCKGOHOME! ne sied pas nécessairement à l’univers fantastique du livre, elle possède une cohérence presque visuelle tout à fait notable. Sur “You Cannot Be Serious !... ” (Drunk Dog/Differ-Ant), leur deuxième album, le banjo fait contrepoint aux ambiances post-rock, la voix fragile en écho aux structures progressives et aux paysages défilant lentement. Une musique pour laquelle la temporalité est une donnée fondamentale quoique maltraitée : ici, on se hâtera doucement et on ralentira vite, questions de perspectives et de volonté de se laisser happer…

IMMUNE baptise son album “Not Until Morning” (Eglantine Records/COD&S), un album de l’aube, donc, fait de quelques notes et d’impressions de peu : petits bruits vagues au sortir du sommeil, l’étrange flottement post-nuit blanche et une sorte d’étourdissement. Post-rock d’ambiance, chanté parfois doucement, pour une musique lente, semi consciente et en longues plages idéalement soporifiques pour ceux qui cherchent le repos ou insensiblement stimulantes pour les adeptes des réveils cotonneux.

POLLYANNA et “On Concrete” (Waterhouse/Abeille Musique), c’est un folk rassurant, calme et familier, qui soigne sa timidité par une méticulosité remarquable mais vite agaçante. Précision des effets, justesse des belles harmonies d’instruments et dépouillement judicieux : une application de tous les instants qui se fait pourtant au détriment d’un emballement souhaité. Un constat sévère, mais trop de brides et de retenues font un assoupissement regrettable quand on voulait entendre chez Isabelle Casier une volonté de se faire douce violence, et se donner des raisons d’encenser… On gardera, pour la prochaine occasion, le spleen en bandoulière.

SOY UN CABALLO c’est Thomas Van Cottom (Venus) et Aurélie Muller des oubliés Melon Galia (qui firent, en leur temps, chanter un Conor Oberst (Bright Eyes) débutant). Sur “Les Heures De Raison” (Matamore/Abeille Musique), leurs invités sont prestigieux, Jesse Vernon et Will Oldham (qui chantent en français !), Sean O’Hagan (High Llamas) à la production et leurs talents conjugués à fabriquer des petites merveilles raffinées et aériennes. Entre naïveté, diaphanéité et soupçons de vide et d’ennui : de la légèreté pop, pour ceux qui ne l’aiment qu’élaborée et furtive (mais pas fugace dans ses effets de ravissement)…

REVOLVER et leur premier EP éponyme (Delabel/EMI), pavé de bonnes intentions nostalgiques et respectueuses, sixties pop, orfèvrerie seventies et quelques évidentes modernités. Un trio nouveau qui manie joliment la composition et des ébauches d’harmonies vocales, mais qui, trop poli et policé, se contente de plaire quand il aurait pu séduire avec plus de folies et moins de déférences envers les aînés. Défaut de jeunesse…

Dans un registre assez similaire, mais avec supplément d’inventivité et de charme, on louera enfin les miniatures d’ALBAN DEREYER sur son EP Underneath This Myrtle Shade” (Minimum Music/Differ-Ant). Une faiblesse peut-être, mais on trouvera toujours profondément touchantes ces voix fragiles, hésitantes et parfois tremblantes, posées sur des musiques intimes, trop personnelles pour être confiées à d’autres. Le chant alors, mal assuré mais nécessaire, complément finalement évident aux constructions délicates et équilibres quasi-miraculeux de ces chansons de poche (celles qu’on souhaite garder près de soi, en toutes occasions). Des compositions érudites (“Big Ben“, une au choix…), exigeantes sans être inaccessibles, faites pour le feutré et les claviers timides, qualités remarquables qui n’empêchent pas des élans et envolées tout aussi appréciables. Faut-il encore préciser que ce disque est précieux et hautement recommandable ?


French Bands singing in english or Belgian bands singing in french, all of them making peaceful and “quiet” music, whatever its style…

An album quoting scottish writer Alasdair Gray’s masterpiece “Lanark” can’t be bad. On “You Cannot Be Serious !...” (Drunk Dog/Differ-Ant), its second album, HITCHCOKGOHOME! creates a timeless and ambiant post-rock with banjos and a fragile voice, with slow, beautiful and strange echoes of fantasy…

IMMUNE’s “Not Until Morning” (Eglantine Records/COD&S) is obviously made for dawn : soft post rock for sleepless nights or early mornings, few (but nice) things happening in these songs made of floating instruments.

POLLYANNA and “On Concrete” (Waterhouse/Abeille Musique) : calm and familiar folk, shy music and beautiful harmonies but too meticulous to be really touching. One would prefer more soft violence from this gifted duet…

SOY UN CABALLO is Thomas Van Cottom (Venus) and Aurélie Muller (Melon Galia). On “Les Heures De Raison” (Matamore/Abeille Musique), their guests are prestigious, Jesse Vernon and Will Oldham (both singing in french!) with Sean O’Hagan (High Llamas) on production and all their talents combined to make small wonders between emptiness, naivety and pure lightness : crafted and delighting furtive pop.

REVOLVER’s first eponymous EP (Delabel/EMI) is paved with good nostalgic intentions, sixties and seventies pop, nice songs and harmonies by a good trio, but too polite and respectful, and that only pleases when it could seduce with a more adventurous mood.

Introducing in a somewhat similar style, but with much more inventiveness and charm, ALBAN DEREYER and his “Underneath This Myrtle ShadeEP (Minimum Music/Differ-Ant). A deeply touching and fragile voice, sometimes hesitant, for intimate music, too personal to be sung by strangers. Songs with delicate balance and almost miraculous results, made for quiet and shy keyboards. Highly recommendable record and real “coup de cœur”…

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COLDPLAY - Viva La Vida Or Death And All His Friends

by Julien on Jul.07, 2008, under DISQUES

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On a tenté de me convaincre et j’ai essayé de résister. Les bons souvenirs du premier “Parachutes” (et cette chanson “Don’t Panic“, deux minutes à peine de presque perfection pop) avaient été gâchés par des albums suivants fades, insignifiants presque indigents, et un désintérêt total quant à la suite des productions du groupe. Devant la déferlante et les amicales recommandations, sur la foi du single “Viva La Vida” (facile mais plaisant, surfait mais prenant), j’ai abdiqué et j’ai écouté l’album-messie-sauveur-génie-mythe-sommet à la pochette hideuse et au titre ampoulé… D’un dispensable instrumental introductif “Life In Technicolor” au final en contrepoint “Death And All His Friends“, beaucoup trop long, le constat est brutal mais aisé : les déclarations d’intention (“on a osé, on s’est lâché…“) et les arguments de vente n’étaient que cache-sexe d’une absence manifeste d’inspiration. Le Coldplay “nouveau” c’est l’ancien, découpé et remonté aléatoirement, sans cohérence aucune. Invoquer l’inventivité de la juxtaposition pour délivrer des bouts de chansons ratées, collés les uns aux autres (ouvertement : “Lovers In Japan/Reign Of Love“, ou sans l’avouer : “42“), c’est faire aveu d’impuissance et tenter de refourguer sans élégance des faces B sans âme (“Yes“, “Strawberry Swings“…). Il y a certes, toujours, ces envolées comme marque de fabrique ; elles alimenteront les publicitaires en mal d’émotions (et de flair) et illustreront à guise des paysages verdoyants ou des concepts d’élans, mais elles semblent bien isolées (et finalement fausses) dans cet ensemble sans saveur, sans envie et sans illusion… Sans avenir ?

Parlophone/EMI

I tried to resist, I had so good memories of their first album (“Parachutes“) an its great initial song (“Don’t Panic“) and I was so deceived by the following albums that I was more than reluctant to listen to the new Coldplay album despite its not so bad first single (“Viva La Vida“). Well, the album is disappointing as its cover is ugly. […] Lack of inspiration, bad mix of songs snippets, disguised B-sides… […] No flavour, no desire, no illusion… no future ?

Web : Coldplay

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BOWERBIRDS - Hymns For A Dark Horse

by Julien on Jul.01, 2008, under DISQUES

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Epars souvent, les petits bonheurs ici rassemblés, en morceaux folks ardemment vécus, et c’est grand plaisir intensément. Les sourires et quelques emportements volontiers acceptés, d’un orchestre à effectif réduit (un trio), choral parfois et aux armes judicieuses et précises (“My Oldest Memory“, “Dark Horse“, chansons quasi parfaites). Conteurs médiévaux (“The Marbled Godwit“) aux préoccupations contemporaines (écolo dans l’âme) et artisans nobles (l’humilité, les petits bruits de studio, le violon, l’accordéon,…), avec chant maniéré et un peu daté, à la façon distinguée d’un Elvis Perkins perdu dans les champs (une curieuse similarité d’intonations). Bowerbirds ou une manière poétique et patiente d’aborder le monde, la modestie contribuant à l’écriture, et mal nécessaire, par exemple ravissant, à la délivrance d’un titre aussi remarquable que “In Our Talons“, assurément dans bien des palmarès prochains. “Deet-Deet-Deet-Deet-Deet-Deet-Deet-Deet…” en choeur, encore… Grand, grand disque de petites choses essentielles.

Dead Oceans/Differ-Ant

Small joys gathered in folks songs and great pleasures for listeners, a pocket orchestra (a trio) singing in choirs sometimes. “My Oldest Memory” or “Dark Horse“, almost perfect songs, medieval feelings (“The Marbled Godwit“) but modern concerns, humility and noble manners. A poetic and patient vision of the world and a song, “In Our Talons” already essential. Huge record made of small things…

Web : Bowerbirds 

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THE TING TINGS - We Started Nothing

by Julien on Jun.28, 2008, under DISQUES

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Un disque évidemment dans l’air du temps, duo mixte hyperlooké avec mademoiselle au chant (Katie White, une grande gouaille, on restera poli) et des instruments plus synthétisés que joués. Electro-rock bondissant et sens imparable du refrain entraînant, on a vite fait, outre-Manche, d’en faire une new wonder et d’invoquer la presse people pour immortaliser le moment. Bling bling donc, et de fait, volatile, évaporable et éphémère. On retiendra temporairement quelques accroches (“That’s Not My Name“, “Shut Up And Let Me Go“, “Be The One“) et une dévotion peut-être sincère, mais on s’inquiétera surtout de cette propension non dissimulée à piller sans vergogne (Sleater-Kinney, Wir Sind Helden…) et à aligner explicitement du sample-dropping (à défaut de name-dropping) pour paraître familier et hype… Un malheur à prévoir sur les catwalks mais trop de paillettes dans le look, qui s’envoleront au prochain coup de vent. Au réveil, le mannequin a une sale tronche, souvenons-nous en…

Columbia/Sony-BMG

A hype record, an electro-rock duet, more computers than real instruments and some huge buzz around : “That’s Not My Name“, “Shut Up And Let Me Go” and “Be The One” are great songs-of-the-day… but The Ting Tings use too much sample-dropping and steal too many sounds to be taken that seriously…

Web : The Ting Tings

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FARMERS MARKET - Surfin’ USSR

by Julien on Jun.20, 2008, under DISQUES

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Quatre Norvégiens, armés d’un authentique Bulgare, forts d’une éducation classique et jazzy mais avouant des penchants pour le hard-rock (tendance Judas Priest ou AC/DC), oeuvrants dans le folk balkanique et les musiques populaires (mais ne s’interdisant aucune déviance country, celtique, tango, hippy, etc…) et surfant sur une drôle d’esthétique soviétique… La biographie est singulière, mais la musique l’est moins, une version infiniment plus virtuose mais nettement moins explosive que celle de Gogol Bordello, d’une Internationale de la fanfare de l’Est (sens très large) aux visées mondialistes. Mais trop de longueurs, trop d’easy-listening parfois (“Lodtschitze Mini Maritza“), trop de clarinette (une aversion particulière et inexpliquée pour cet instrument) et trop de sagesse, Farmers Market s’amusant en smoking-uniforme et préférant les applaudissements souriants aux pogos hilares et déchaînements vocaux (on donne plutôt dans l’instrumental ici). On réservera ces gentilles subversions aux amateurs d’agitations confortables, mais on ne les blâmera surtout pas de ce choix serein, il est parfois plus audacieux…

Ipecac/Southern

Four Norwegians and one Bulgarian, strong and classical musical backgrounds and tastes for hard-rock, who play Balkanic and popular folk (mixed with country, tango,…), the biography is quite unique but the music is not : better composers and players than Gogol Bordello but far less powerful… Songs that are too long, too many easy-listening (“Lodtschitze Mini Maritza“), too many clarinet and far too quiet… […] Good but not great…

Web : Farmers Market

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TOUR D’HORIZONS # 15 – Witch, White Denim, Talia, Hopper, Parka

by Julien on Jun.13, 2008, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS

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Des envies soudaines et irrépressibles de pousser les amplis à fond, de mettre l’aiguille dans le rouge, de s’abreuver de rock dur ou de pop survitaminée, à un volume inhumain et avec hochements de tête hystériques et incontrôlés ou en tension retenue et méchante frustration ? On satisfera ces désirs avec ce qu’on a sous la main, des “munitions” pas forcément du meilleur goût, mais il ne faut pas toujours faire fine bouche quand on vise l’ivresse et une sorte d’abrutissement sonore.

Premier album, rapidement expédié, WITCH et “Paralyzed” (The Pee Records/Differ-Ant), stoner punk rock surmédiatisé grâce à la présence (anecdotique ? dispensable ? banale ?) de J. Mascis (Dinosaur Jr.) à la batterie. Un disque honnête, sans éclat mais sans faiblesse également, à réserver aux amateurs de post-grunge, de pesanteurs martiales et d’infinies lourdeurs, les autres pouvant s’abstenir sans regret.

WHITE DENIM et “Workout Holiday” (Full Time Hobby/Pias) pour un name-dropping bigarré à base de MC5, de Minutemen, de Beatles (“Sitting” notamment), de choses plus contemporaines (Animal Collective, entre autres) et de longues bizarreries jazzy ou contemporaines, vrilles surtout instrumentales, folles mais contrôlées, pour des morceaux multi-couches, collages élaborés, cohérents mais légèrement déconcertants de prime abord. Plusieurs disques en un, qu’il faudra tous décortiquer patiemment et dans le(s)quel(s) on trouvera matières à s’enthousiasmer fortement, écoutes après écoutes.

Dans un registre approchant, à base de guitares et de testostérone, mais en nettement plus resserré et conventionnel, on citera les Français de TALIA. Leur “Cockroach Killer” (Infested Records), rock anglophone puissant, serait d’une facture fort classique s’il n’y avait cette voix, éraillée et imposante, qui se permet l’arrogance comme l’humilité, délivrant énergie brutale (l’initial “Blood Spitting“) comme rythmes plus retenus (“Come To Me“), le tout en sons limpides et en production remarquable, de quoi bluffer quelques autochtones.

Autres français inspirés d’Amérique, plus indée celle-ci, HOPPER et leur “Deergirl” (MVS Records/Anticraft) solide aux références plaisantes et aux tournures empruntes d’une nostalgie appréciée, datée fin des nineties. Un peu de Blonde Redhead (pour les chants au féminin et le penchant pour l’hypnotisme et les structures tarabiscotées), une aptitude à la ballade non-mièvre (le bien agréable “On The Road” final, bancal et enjoué) et une sérieux évident dans la démarche. Un manque d’audace aussi, certes, compensé en partie par une aptitude à la séduction discrète, et visiblement une certaine ténacité dans l’effort.

Changement radical de perspectives (et d’enthousiasme) avec PARKA et “Attack Of The Hundred Yard Hardman” (Jeepster/Pias), sensation écossaise aussi à l’aise en dépoussiérage de dancefloor qu’en faiseur d’hymnes de stades, ressusciteurs d’un esprit mancunien perdu et dynamiteurs vocaux (“Bosses And Bastards“) mais très faiblards dans la ballade (“You’re No Geezer (But You Try)“). Tubes en puissance, originaux ou dûment pompés qu’importe, leur musique sera géniale à vingt ans mais s’écoutera difficilement ensuite. A déguster très rapidement avant d’en être dégoûté profondément…


(Make) Some noise : elaborated or raw rock, over-hype or indie-pop… and no wish for long and “intellectual” reviews…

WITCH and “Paralyzed” (The Pee Records/Differ-Ant) : stoner punk rock featuring J. Mascis (Dinosaur Jr) on drums. An honest record without weaknesses but with no real reasons for being enthusiastic about… Post-grunge, loud and martial, not to be remembered except by hardcore fans…

WHITE DENIM and “Workout Holiday” (Full Time Hobby/Pias) is a different story. MC5, Minutemen and even the Beatles are obvious influences, as well as Animal Collective and certainly some obscure contemporary jazz bands. Crazy but controled rock songs, very elaborated and coherent but slightly disconcerting at first glance. Several discs in one, patience needed and a love for details. A record that will certainly be one’s favorite soon…

Testosterone and guitars, but much more conventional and “classical” rock for the French band TALIA. On “Cockroach Killer” (Infested Records), the singer’s voice, with both arrogance and humility, offers heavy energy (“Spitting Blood“) with a remarkable production and easily outtakes many similar US and British bands…

Another French band inspired by America, but a more indie one, it’s HOPPER and “Deergirl(MVS Records/Anticraft), a record nostalgic of the nineties, in love with Blonde Redhead (women and hypnotism) and other seductive bands… A great effort…

Last (and least) : PARKA and “Attack Of The Hundred Yard Hardman” (Jeepster/Pias), a Scottish sensation composing dancefloors and stadiums anthems (“Bosses and Bastards” as a perfect example) but really annoying if you’re not a dumb teenager…

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MUDHONEY - The Lucky Ones

by Julien on Jun.06, 2008, under DISQUES

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N’en déplaise aux fans, aux amateurs de vins de table bon marché et de bières vraisemblablement frelatées, Mudhoney c’est un peu comme La Villageoise ou la Stella Artois : du gros qui tâche ou du qui fait juste pisser, de l’alcool qui étanche provisoirement les gosiers peu regardants, mais qui file une sacrée gueule de bois aux lendemains de consommations sauvages. Et cela, cubis après cubis, packs après packs… “The Lucky Ones“, dernier cru, saoule à dessein et enivre bien tôt. En œnologue fatigué, on perçoit tout de même dans ce disque vite enregistré (et régurgité encore plus rapidement) quelques traces de tanins ou d’effluves appréciables (“I’m Now” ou l’éponyme “The Lucky Ones“) mais bien plus de perceptions d’âcre, de bouchonné et d’éventé (“Inside Out Over You“, le ridicule “What’s This Thing ?” qui évoque le pire de Naast, “We Are Rising“, etc.). Mal de crâne, mal aux cheveux (longs et sales encore ?), aux oreilles (Mark Arm chante faux, avouons-le enfin) et des envies légitimes d’abréger l’écoute, les barbouillements et les douleurs stomacales ou gastriques. Depuis “Touch Me, I’m Sick” (1988), géniale et violente biture (on n’était pas habitué alors à tant d’éthylisme), et depuis quelques concerts mémorables dans les années quatre-vingt-dix, on avait l’indulgence bien large pour le groupe, sa capacité remarquable à durer, ses facultés inouïes à flirter avec l’indigence et le néant musical. Ceci étant, il faut un jour, devenir un homme, et abandonner ses pratiques de binge drinking, passer aux vins nobles et secrètes bières d’abbayes… et remiser ses disques de Mudhoney. A la cave !

Subpop/Pias

Mudhoney is like cheap wine or bad beers : great for binge drinking and instant pleasures but it gives serious hangovers, head- and stomach-aches afterwards. “The Lucky Ones” is as bad for health as the previous records : one might find some good vibes in it (“I’m Now” or “The Lucky Ones“) but the rest is as quickly thrown up as it was quickly recorded. “Touch Me, I’m Sick” was surely a brilliant and violent song but since then, it’s almost only indulgence and nostalgic souvenirs of great raw concerts. One has to become a man one day, and swap bad wine and cheap beers for much more rewarding beverages… and put Mudhoney records were they belong to : the cellar!

Web : Mudhoney

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WILDBIRDS & PEACEDRUMS - Heartcore

by Julien on Jun.01, 2008, under DISQUES

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Un disque de curiosité ou d’adhésion immédiate pour les adeptes d’expériences (un brin) tortueuses. Un disque difficile, à l’écoute en pointillée et à doses homéopathiques pour ne pas devoir craindre la saturation, mais avec quelques arguments pour enthousiasmes passagers. Wildbirds & Peacedrums, c’est duo minimaliste Suédois : un batteur/percussionniste et une chanteuse, peu d’autres choses, pas d’artifices, de nombreuses combinaisons et de multiples façons de décontenancer. Du souffle et du léger heurt métallique (“Lost Love“) à des choses plus intenses (“The Way Thing Go“), la gamme est large de styles et de sons propres à démonstrations riches de frappes diverses et d’exercices vocaux variés et parfois impressionnants (sans toutefois verser dans les tristes onomatopées et borborygmes de certaines insupportables). S’il faut se faire douce violence pour pénétrer quelques morceaux abscons, certains essais savent se transformer en chansons fort appréciables (“I Can’t Tell In His Eyes“) et justifier une attention si brève qu’elle soit…

The Leaf Label/Differ-Ant

A difficult record, to be listened to with many stop and go, for fear of sudden saturation but worth trying. Wildbirds & Peacedrums is a minimalist Swedish duet : a drummer / percussionist and a singer but many combinations and a wide range of styles and sounds, impressive vocals and some great songs (“I Can’t Tell In His Eyes“, “The Way Thing Go“)

Web : Wildbirds & Peacedrums

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(SWELL) - South Of The Rain And Snow

by Julien on May.22, 2008, under DISQUES

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I’ve got no problems/I’m just waiting for a beer“. C’est ainsi qu’il faudrait pouvoir apprécier ce disque presque obsédant, affalé dans un canapé ou détendu en terrasse, dans la perspective heureuse d’une pression fraîche pour étancher quelque soif, perdu dans diverses contemplations souriantes (des silhouettes, des esquisses de pensées…), débarrassé de tracas et d’interférences dommageables, apaisé en somme. Avec les guitares et la voix douce de David Freel (seul aux commandes désormais) pour former un enveloppement sobre, déclencher de petites éclaircies, accompagner des moments biens d’une béatitude raisonnée (“The Measure Of This Moment“, pourquoi pas…). C’est un réflexe nostalgique évidemment (les premiers accords comme une madeleine de Proust), une histoire de fidélité et un automatisme bien plaisant : un disque de (Swell) se découvre sans appréhension aucune, ne s’interrompt pas et se repasse aussitôt, sa torpeur jamais pesante et sa lancinance fort appréciable. Ce “South Of The Rain And Snow” mériterait des analyses et des arguments plus explicitement convaincants, il est ici vain d’essayer de décrire les effets profonds de ce songwriting complexe sous apparente simplicité, ses touches délicates presque inaudibles mais essentielles, cette (fausse) décontraction apparente, ce plaisir d’écoute immédiat. Que le disque soit ensuite remisé des jours, des mois, voire des années, n’enlève rien au charme de l’instant qu’on saura forcément retrouver : il en va de (Swell) comme d’un sort répété, chaque réveil est une occasion de joie…

Talitres/Differ-Ant

I’ve got no problems / I’m just waiting for a beer.”… Perfect conditions for listening to (Swell) new album and its soft songs (“The Measure Of This Moment” being one’s favourite). It’s a nostalgic feeling of course but our fidelity for David Freel’s music is rewarded with this “South Of The Rain And Snow“: delicate and simple music and another moment of rare musical relaxation and real pleasure…

Web : (Swell)

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OS THE DARMA LOVERS - Laranjas Do Céu

by Julien on May.15, 2008, under DISQUES

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Il fait grand soleil, la plage étend son sable chaud à perte de vue, la mer est bleue transparente et les maillots sont faits de peu de tissu : le Brésil de cartes postales avec sa musique suave et langoureuse pour accompagnement sonore. Seulement, la samba vous irrite, trop exotique et trop exigeante pour vos hanches peu mobiles ; vous optez pour Os The Darma Lovers, sa pop tropicale (ou rock zen, selon d’autres) et ses bonnes pensées d’inspiration bouddhiste. Le portugais vous caresse bien vite les neurones, certains sens rêveurs s’affûtent rapidement (“Broder Anjo“), les rythmes indolents vous bercent de mélodies lumineuses, presque familières (esprits de Sufjan, de Devendra, êtes-vous là… ?), vous fondez… Charme de la nonchalance et des journées paresseuses, la douce torpeur vous envahit, un peu répétitive, soporifique sur la longueur. “Keep Going” plus électrique, vous redonnera l’énergie nécessaire à la deuxième partie du disque, plus bigarrée, presque folk (“Bodisatva“), et vaguement psychédélique (“Ave Rosa“). Bières, hallucinogènes, tongs et paréos…

Nacopajaz/Discograph

Sea, sex and sun, a perfect postcart from Brazil… And if samba irritates you (too exotic, too demanding for your hips), Os The Darma Lovers and their tropical pop (or zen rock, according to some) is a good choice : Buddhist inspiration, musical dreams (“Broder Anjo“), indolent rythms almost familiar (spirits of Sufjan and of Devendra, are you there ?), sweet torpor and some more energetic (“Keep Going“), folkish (“Bodisatva“) ou psychedelic (“Ave Rosa“) tunes. Beers, hallucinogens, sandals and pareos…

Web : Os The Darma Lovers

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TOUR D’HORIZONS # 14 - Islande, Mon Amour (deuxième partie)

by Julien on May.08, 2008, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS

Cov Bork.jpg Cov Foxbite.jpg Cov Hellvar.jpg Cov Benni.jpg Cov Hjaltalin.jpg

Suite et fin provisoire (il reste sans aucun doute d’autres découvertes à faire) d’un périple virtuel au nord du cercle polaire, avec escale à Akureyri, capitale de l’Islande du nord et siège de Kimi Records, label foncièrement indépendant et défricheur, aux signatures motivées par une exigence remarquable d’intégrité et d’obstination.

BORKO, alias Björn Kristiansson, et “Celebrating Life” (Kimi Records/Morr Music) en première illustration : errances maîtrisées entre tout électronique et mélancolies humaines, chant plaintif, trompette et cuivres sombres, guitares humbles. Des boucles et répétitions entêtantes (“Continental Love“), servies par un sens aigu du drame et de la scénarisation (“Hondo And Borko“, “Sushi Stakeout“)… un disque dont on disséquera longuement les richesses.

MR SILLA & MONGOOSE et l’étonnant “Foxbite” (Rafraf/Kimi Records) qui décline ses miniatures entre électronique audacieuse en petites touches expérimentales et un folk plus traditionnel, relevé d’un chant d’outre-computer. Excellence tremblotante (“Raggedypack“) et bizarreries nombreuses, un autre album à décortiquer patiemment.

Le “Bat Out Of Hellvar” (Kimi Records) de HELLVAR oscille aussi entre différentes tentations, plus violentes toutefois : un rock indé noisy renforcé par des machines (“Ice Cream Drum Machine“), une déclinaison de My Bloody Valentine et des orientations plus pop-new wave (“Give Me Gold“). Chant à la Björk, mutin et lancinant et l’évocation tenace d’une version ressuscitée des Sugarcubes.

Il faut une maîtrise en origami pour replier l’étonnante pochette de “Ein í Leyni” (Smákökurnar/Kimi Records), ce disque rare de BENNI HEMM HEMM (uniquement distribué en Islande, mais disponible par correspondance sur le web du groupe), œuvre très collective, chantée en suédois, danois, anglais, islandais et français (deux mots !), dans la lignée des précédents disques de la petite troupe : folk au sourire léger, cuivres majeurs et mélodies langoureuses, des concentrés d’émotions qui se dilueront aisément dans les discothèques précieuses. On notera les participations de Jensk Lekman et du jazzman Bill Wells, gages d’une notoriété et d’une reconnaissance croissantes du groupe.

HJALTALIN et son “Sleepdrunk Seasons” (Kimi Records) pour conclure, provisoirement, ces belles excursions. La destination finale était la plus belle, la plus dépaysante d’une manière singulière : point d’expérimentations, pas de bricolages, aucuns effets électroniques enveloppants, le son de Hjaltalin est une alchimie naturelle d’orchestre de poche, un pointillisme et une précision des notes empruntés à Sufjan Stevens (“Traffic Music“), des épopées miniatures vibrantes bordées d’instruments baroques, Divine Comedy à l’échelle décuplée des sagas locales, Arcade Fire dans certains emballements (“Selur“), mélodies en scènes d’expositions, développements et rebondissements (“Goodbye July/Margt Ad Ugga“)… Un disque plein de vie et d’envies et coup de cœur septentrional !

Tous les disques sont en vente sur http://www.kimirecords.net

Merci à Baldvin Esra


This musical journey above the Arctic Circle temporary ends in Akureyri, capital of Northern Iceland and home to Kimi Records, an independent and smart label.

BORKO, a.k.a. Björn Kristiansson, and “Celebrating Life” (Kimi Records/Morr Music) : between total electronic and human spleen, crying vocals, dark brass section and humble guitars. Loops and repetitions (“Continental Love“) and an acute sense for dramas (“Hondo And Borko“, “Sushi Stakeout“), a record that needs to be play many times to be fully appreciated.

MR SILLA & MONGOOSE and their surprising “Foxbite” (Rafraf/Kimi Records), hesitating between electro (and sometimes experimental) miniatures and a more traditional folk… Many great songs (“Raggedypack“) and another record that needs patience.

On “Bat Out Of Hellvar” (Kimi Records), HELLVAR proves its good knowledge of noisy electro rock (“Ice Cream Drum Machine“), My Bloody Valentine noisy new wave (“Give Me Gold“). With a delicious voice a la Björk… a haunting evocation of a Sugarcubes resurrection…

One needs a masters degree in origami to fold and unflod the amazing cover of “Ein í Leyni” (Smákökurnar/Kimi Records), a very rare record by BENNI HEMM HEMM, a collective work sung in Swedish, Danish, English, Icelandic and even french (two words!). Smily choral folk with a brass section, Jensk Lekman and jazzman Bill Wells as guests, many reasons to like it and to follow this band…

HJALTALIN and “Sleepdrunk Seasons” (Kimi Records) as a great final destination : no electronic soft effects, just the magical alchemy of a natural pocket orchestra, pointillism and precise notes borrowed from Sufjan Stevens (“Traffic Music“), epics anthems with baroque instruments, Divine Comedy turning into local sagas, some Arcade Fire spirit when the music accelerates (“Selur“, “Goodbye July/Margt Ad Ugga“). A record full of life and desires…

All records are on sale on www.kimirecords.net

Thank you to Baldvin Esra

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TROUBLE OVER TOKYO - Pyramides

by Julien on May.01, 2008, under DISQUES

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Ce disque possède toutes les caractéristiques qui suffiraient généralement à le discréditer dès la première écoute, selon des critères d’appréciation bien personnels et impitoyablement subjectifs : voix mielleuse suraiguë, nappes d’effets et d’artifices vains (électro over-cheap et envolées de cordes bricolées au computer), R&B pop synthétique qui se voudrait production Timbaland avec les moyens D-I-Y d’un pauvre mac boosté aux logiciels piratés… Pourtant, pas de beau gosse à la peau sombre et au torse bodybuildé ni de danseuses qui se pâment obscènes, Christopher M. Taylor est londonien avec look de geek indé, des manières androgynes et un flegme provocateur tout britannique. Ses chansons, à l’image d’une pochette déroutante, irritent certains (bons) goûts autant qu’elles savent se faire irrésistibles par instants : “The Liar“, “4,228“, “Washing Away The Dirt” ou “Pyramids“, c’est assimilation aisée des codes et pertinence de l’aspect, ton décalé en sus, facilité apparente du résultat et coup de génie (ou de bluff) pour convaincre les plus réticents. L’auteur en faussaire à qui on confierait volontiers ses économies et, dans un monde idéal, bientôt millionnaire puis roi du monde…

Klein Records/Nocturne

Cheap electro, unbearable voice, fake pop R&B that wants to imitate Timbaland with D-I-Y production, this record nearly went to trash after first listening. But Christopher M. Taylor is neither gangsta singer nor semi-naked bimbo, rather a geek-looking Londoner with taste for independence and provocation. And his songs, “The Liar“, “4,228“, “Washing Away The Dirt” or “Pyramids” can be terribly addictive despite our willingness to resist… Soon to be millionaire and king of the world, in an ideal world !

Web : Trouble Over Tokyo

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MELINGO

by Julien on Apr.24, 2008, under BANDS, DISQUES

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Version française ici, sur la Blogothèque


I don’t speak Spanish, I am a bad dancer and I know very little about this style. Tango is a touristic journey and a bit of nostalgia, my father loving an Astor Piazzola tape and playing it again and again when I was a kid… A music seldom heard in fact, foolishly and stupidly ignored. Some discoveries, over the years: Astor Piazzola (again) on many soundtracks (“12 Monkeys”, of course), Richard Galliano, Per Arne Glorvigen and The Gotan Project… tangos flirting with different styles (electro-jazz mostly) and fully assuming its modernity.

In 2004, Eduardo Makaroff (guitarist of the Gotan Project) launches its label, Mañana, and releases “Santa Milonga” by a singular singer, Daniel Melingo: looking like George Clooney (or a brother Pace of Blonde Redhead), an old and sexy voice à la Paolo Conte, a former punk who played its controversial rock in Argentina, Brazil and Spain. When reaching its forties, he shifted to tango, with respect for the ancients and for the national pride but also with the desire to do something different with it. Melingo’s tango is upskirt, strong alcohol and lots of smoke. It reminds of Tom Waits or Nick Cave but with a latin touch: it’s hot music, rising excitment and large doses of hip-hop, jazz and folk…

On “Maldito Tango“, his second record for Mañana (and his first real album here, the previous being a compilation), Melingo uses a similar recipe: syncope and brutal but beautiful tango, highs and lows, choirs from beyond the grave and a crooner singing. Melingo is a repentant bad boy, a real sensitive macho whose songs have tender hearts and lot of charm. His tango has nothing to do with the music played under the same name last century, his tango is full of desires and sex…

Web : Melingo

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EMILY JANE WHITE - Dark Undercoat

by Julien on Apr.23, 2008, under DISQUES

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Incontournable comparaison avec une muse fragile, Emily Jane White a des faux-airs de Chan Marshall période “Myra Lee” ou “Dear Sir“, dans les intonations, ces manières singulières de se briser la voix quand il faut élever le ton, dans les compositions aussi, similaire rock meurtri mais résistant, voyageur mais heureux chez lui (l’Amérique des rocking-chairs sous les porches, des longs trajets aux paysages immobiles…). Respect des conventions et des aînés, mais envies de déviances raisonnables (“Dagger“) aux sons plutôt minimalistes d’une guitare à la réverbération libre ou d’un piano virevoltant paisiblement (“The Demon” à la Shannon Wright endormie), Emily Jane White en candidate à l’apitoiement folk des foules volontaires, sensibles aux échos mélancoliques et tourmentés d’un premier album imposant. Un disque précieux, qui s’éclaircit peu à peu en égrenant ses délicates compositions, notes plus lumineuses vers la fin du disque, jusqu’à l’écriture de classiques dépouillés (“Wild Tigers I Have Known” ou “Two Shots To The Head” simplement magnifiques). Evidemment recommandable, et plus que cela…

Talitres/Differ-Ant

A fragile muse, Chan Marshall faux-airs (“Myra Lee” or “Dear Sir” albums), respect and reasonable desires for soft despair. A minimalist guitar or a peaceful piano (“The Demon“, Shannon Wright asleep), sensitive songwriter with tormented melancholy and a first and precious album, brightest tunes towards the end and already classic songs (“Wild Tigers I Have Known” and “Two Shots To The Head“, both magnificient)…

Web : Emily Jane White

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MGMT - Oracular Spectacular

by Julien on Apr.20, 2008, under DISQUES

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Le vingt-et-unième siècle sera religieux, parait-il, il faudra donc multiplier les gourous et les dérives sectaires, implorer de nouveaux dieux et suivre les préceptes de quelques illuminées, en société comme en musique. Se parer de breloques et colifichets vaguement Krishna, singer des us et coutumes des bords du Gange sont parodies irrespectueuses, mais la hype du moment n’en a que faire et n’a aucun scrupule : elle pille Bowie en acoustique (“Weekend Wars“) ou dévalise la Madonna eighties (“Electric Feel“) en prenant soin de ne pas laisser de traces trop évidentes de ses délits : un couplet par-ci, un refrain par-là, jamais d’intégralité. Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser ont déjà presque tout compris, exemplaires recycleurs capables d’instants impeccables (“Time To Pretend“, “Kids“) et d’une épatante cohérence bordélique (un chaos dompté par Dave Fridmann à la production), figures de proue et futurs adulés de masse hypnotisées. Supercherie ou culte en devenir, du nombre de convertis (milliers ou millions) dépendra l’avenir de cette Eglise jeune et née, apparemment, sous de bonnes auspices…

Sony/BMG

The twenty-first century will be religious said someone. We will therefore need new corrupted priests and fake leaders… Management as a new church with Andrew VanWyngarden and Ben Goldwasser as future icons and masters ? Stealing acoustic Bowie (“Weekend Wars“) ou eighties Madonna (“Electric Feel“) but with style, recycling everything they could find and trying to establish a new sound. If they are to be trust, millions will follow and stick to their faith for some years, otherwise the hype and the newly-converted will quickly vanished and MGMT will just be a religious accident, another one…

Web : MGMT

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