Posted by Julien on July 13, 2008

TOUR D’HORIZONS # 16 – Hitchcockgohome!, Immune, Pollyanna, Soy Un Caballo, Revolver, Alban Dereyer

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… Un intitulé parti pris qui n’implique pas obligatoirement sectarisme et rigueur de style. On trouvera donc dans les prochaines lignes, des Belges qui s’expriment dans notre langue et des gens d’ici qui préfèrent la langue de Drake pour passer leurs arts. Arts paisibles, certes, mais non dénués d’émotions, ouvertement pop, folk ou rock post-quelque chose, et tous délicats bien que plus ou moins touchants…

Un album qui cite comme référence “Lanark“, chef d’œuvre de l’écrivain écossais Alasdair Gray, ne peut décemment pas être traité avec désinvolture et dilettantisme. Si, opinion discutable, la musique de HITCHCOCKGOHOME! ne sied pas nécessairement à l’univers fantastique du livre, elle possède une cohérence presque visuelle tout à fait notable. Sur “You Cannot Be Serious !... ” (Drunk Dog/Differ-Ant), leur deuxième album, le banjo fait contrepoint aux ambiances post-rock, la voix fragile en écho aux structures progressives et aux paysages défilant lentement. Une musique pour laquelle la temporalité est une donnée fondamentale quoique maltraitée : ici, on se hâtera doucement et on ralentira vite, questions de perspectives et de volonté de se laisser happer…

IMMUNE baptise son album “Not Until Morning” (Eglantine Records/COD&S), un album de l’aube, donc, fait de quelques notes et d’impressions de peu : petits bruits vagues au sortir du sommeil, l’étrange flottement post-nuit blanche et une sorte d’étourdissement. Post-rock d’ambiance, chanté parfois doucement, pour une musique lente, semi consciente et en longues plages idéalement soporifiques pour ceux qui cherchent le repos ou insensiblement stimulantes pour les adeptes des réveils cotonneux.

POLLYANNA et “On Concrete” (Waterhouse/Abeille Musique), c’est un folk rassurant, calme et familier, qui soigne sa timidité par une méticulosité remarquable mais vite agaçante. Précision des effets, justesse des belles harmonies d’instruments et dépouillement judicieux : une application de tous les instants qui se fait pourtant au détriment d’un emballement souhaité. Un constat sévère, mais trop de brides et de retenues font un assoupissement regrettable quand on voulait entendre chez Isabelle Casier une volonté de se faire douce violence, et se donner des raisons d’encenser… On gardera, pour la prochaine occasion, le spleen en bandoulière.

SOY UN CABALLO c’est Thomas Van Cottom (Venus) et Aurélie Muller des oubliés Melon Galia (qui firent, en leur temps, chanter un Conor Oberst (Bright Eyes) débutant). Sur “Les Heures De Raison” (Matamore/Abeille Musique), leurs invités sont prestigieux, Jesse Vernon et Will Oldham (qui chantent en français !), Sean O’Hagan (High Llamas) à la production et leurs talents conjugués à fabriquer des petites merveilles raffinées et aériennes. Entre naïveté, diaphanéité et soupçons de vide et d’ennui : de la légèreté pop, pour ceux qui ne l’aiment qu’élaborée et furtive (mais pas fugace dans ses effets de ravissement)…

REVOLVER et leur premier EP éponyme (Delabel/EMI), pavé de bonnes intentions nostalgiques et respectueuses, sixties pop, orfèvrerie seventies et quelques évidentes modernités. Un trio nouveau qui manie joliment la composition et des ébauches d’harmonies vocales, mais qui, trop poli et policé, se contente de plaire quand il aurait pu séduire avec plus de folies et moins de déférences envers les aînés. Défaut de jeunesse…

Dans un registre assez similaire, mais avec supplément d’inventivité et de charme, on louera enfin les miniatures d’ALBAN DEREYER sur son EP Underneath This Myrtle Shade” (Minimum Music/Differ-Ant). Une faiblesse peut-être, mais on trouvera toujours profondément touchantes ces voix fragiles, hésitantes et parfois tremblantes, posées sur des musiques intimes, trop personnelles pour être confiées à d’autres. Le chant alors, mal assuré mais nécessaire, complément finalement évident aux constructions délicates et équilibres quasi-miraculeux de ces chansons de poche (celles qu’on souhaite garder près de soi, en toutes occasions). Des compositions érudites (“Big Ben“, une au choix…), exigeantes sans être inaccessibles, faites pour le feutré et les claviers timides, qualités remarquables qui n’empêchent pas des élans et envolées tout aussi appréciables. Faut-il encore préciser que ce disque est précieux et hautement recommandable ?


French Bands singing in english or Belgian bands singing in french, all of them making peaceful and “quiet” music, whatever its style…

An album quoting scottish writer Alasdair Gray’s masterpiece “Lanark” can’t be bad. On “You Cannot Be Serious !...” (Drunk Dog/Differ-Ant), its second album, HITCHCOKGOHOME! creates a timeless and ambiant post-rock with banjos and a fragile voice, with slow, beautiful and strange echoes of fantasy…

IMMUNE’s “Not Until Morning” (Eglantine Records/COD&S) is obviously made for dawn : soft post rock for sleepless nights or early mornings, few (but nice) things happening in these songs made of floating instruments.

POLLYANNA and “On Concrete” (Waterhouse/Abeille Musique) : calm and familiar folk, shy music and beautiful harmonies but too meticulous to be really touching. One would prefer more soft violence from this gifted duet…

SOY UN CABALLO is Thomas Van Cottom (Venus) and Aurélie Muller (Melon Galia). On “Les Heures De Raison” (Matamore/Abeille Musique), their guests are prestigious, Jesse Vernon and Will Oldham (both singing in french!) with Sean O’Hagan (High Llamas) on production and all their talents combined to make small wonders between emptiness, naivety and pure lightness : crafted and delighting furtive pop.

REVOLVER’s first eponymous EP (Delabel/EMI) is paved with good nostalgic intentions, sixties and seventies pop, nice songs and harmonies by a good trio, but too polite and respectful, and that only pleases when it could seduce with a more adventurous mood.

Introducing in a somewhat similar style, but with much more inventiveness and charm, ALBAN DEREYER and his “Underneath This Myrtle ShadeEP (Minimum Music/Differ-Ant). A deeply touching and fragile voice, sometimes hesitant, for intimate music, too personal to be sung by strangers. Songs with delicate balance and almost miraculous results, made for quiet and shy keyboards. Highly recommendable record and real “coup de cœur”…

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS

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