Posted by Julien on June 6, 2008

MUDHONEY – The Lucky Ones

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N’en déplaise aux fans, aux amateurs de vins de table bon marché et de bières vraisemblablement frelatées, Mudhoney c’est un peu comme La Villageoise ou la Stella Artois : du gros qui tâche ou du qui fait juste pisser, de l’alcool qui étanche provisoirement les gosiers peu regardants, mais qui file une sacrée gueule de bois aux lendemains de consommations sauvages. Et cela, cubis après cubis, packs après packs… “The Lucky Ones“, dernier cru, saoule à dessein et enivre bien tôt. En œnologue fatigué, on perçoit tout de même dans ce disque vite enregistré (et régurgité encore plus rapidement) quelques traces de tanins ou d’effluves appréciables (“I’m Now” ou l’éponyme “The Lucky Ones“) mais bien plus de perceptions d’âcre, de bouchonné et d’éventé (“Inside Out Over You“, le ridicule “What’s This Thing ?” qui évoque le pire de Naast, “We Are Rising“, etc.). Mal de crâne, mal aux cheveux (longs et sales encore ?), aux oreilles (Mark Arm chante faux, avouons-le enfin) et des envies légitimes d’abréger l’écoute, les barbouillements et les douleurs stomacales ou gastriques. Depuis “Touch Me, I’m Sick” (1988), géniale et violente biture (on n’était pas habitué alors à tant d’éthylisme), et depuis quelques concerts mémorables dans les années quatre-vingt-dix, on avait l’indulgence bien large pour le groupe, sa capacité remarquable à durer, ses facultés inouïes à flirter avec l’indigence et le néant musical. Ceci étant, il faut un jour, devenir un homme, et abandonner ses pratiques de binge drinking, passer aux vins nobles et secrètes bières d’abbayes… et remiser ses disques de Mudhoney. A la cave !

Subpop/Pias

Mudhoney is like cheap wine or bad beers : great for binge drinking and instant pleasures but it gives serious hangovers, head- and stomach-aches afterwards. “The Lucky Ones” is as bad for health as the previous records : one might find some good vibes in it (“I’m Now” or “The Lucky Ones“) but the rest is as quickly thrown up as it was quickly recorded. “Touch Me, I’m Sick” was surely a brilliant and violent song but since then, it’s almost only indulgence and nostalgic souvenirs of great raw concerts. One has to become a man one day, and swap bad wine and cheap beers for much more rewarding beverages… and put Mudhoney records were they belong to : the cellar!

Web : Mudhoney

Categories: DISQUES

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