Posted by Julien on June 13, 2008

TOUR D’HORIZONS # 15 – Witch, White Denim, Talia, Hopper, Parka

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Des envies soudaines et irrépressibles de pousser les amplis à fond, de mettre l’aiguille dans le rouge, de s’abreuver de rock dur ou de pop survitaminée, à un volume inhumain et avec hochements de tête hystériques et incontrôlés ou en tension retenue et méchante frustration ? On satisfera ces désirs avec ce qu’on a sous la main, des “munitions” pas forcément du meilleur goût, mais il ne faut pas toujours faire fine bouche quand on vise l’ivresse et une sorte d’abrutissement sonore.

Premier album, rapidement expédié, WITCH et “Paralyzed” (The Pee Records/Differ-Ant), stoner punk rock surmédiatisé grâce à la présence (anecdotique ? dispensable ? banale ?) de J. Mascis (Dinosaur Jr.) à la batterie. Un disque honnête, sans éclat mais sans faiblesse également, à réserver aux amateurs de post-grunge, de pesanteurs martiales et d’infinies lourdeurs, les autres pouvant s’abstenir sans regret.

WHITE DENIM et “Workout Holiday” (Full Time Hobby/Pias) pour un name-dropping bigarré à base de MC5, de Minutemen, de Beatles (“Sitting” notamment), de choses plus contemporaines (Animal Collective, entre autres) et de longues bizarreries jazzy ou contemporaines, vrilles surtout instrumentales, folles mais contrôlées, pour des morceaux multi-couches, collages élaborés, cohérents mais légèrement déconcertants de prime abord. Plusieurs disques en un, qu’il faudra tous décortiquer patiemment et dans le(s)quel(s) on trouvera matières à s’enthousiasmer fortement, écoutes après écoutes.

Dans un registre approchant, à base de guitares et de testostérone, mais en nettement plus resserré et conventionnel, on citera les Français de TALIA. Leur “Cockroach Killer” (Infested Records), rock anglophone puissant, serait d’une facture fort classique s’il n’y avait cette voix, éraillée et imposante, qui se permet l’arrogance comme l’humilité, délivrant énergie brutale (l’initial “Blood Spitting“) comme rythmes plus retenus (“Come To Me“), le tout en sons limpides et en production remarquable, de quoi bluffer quelques autochtones.

Autres français inspirés d’Amérique, plus indée celle-ci, HOPPER et leur “Deergirl” (MVS Records/Anticraft) solide aux références plaisantes et aux tournures empruntes d’une nostalgie appréciée, datée fin des nineties. Un peu de Blonde Redhead (pour les chants au féminin et le penchant pour l’hypnotisme et les structures tarabiscotées), une aptitude à la ballade non-mièvre (le bien agréable “On The Road” final, bancal et enjoué) et une sérieux évident dans la démarche. Un manque d’audace aussi, certes, compensé en partie par une aptitude à la séduction discrète, et visiblement une certaine ténacité dans l’effort.

Changement radical de perspectives (et d’enthousiasme) avec PARKA et “Attack Of The Hundred Yard Hardman” (Jeepster/Pias), sensation écossaise aussi à l’aise en dépoussiérage de dancefloor qu’en faiseur d’hymnes de stades, ressusciteurs d’un esprit mancunien perdu et dynamiteurs vocaux (“Bosses And Bastards“) mais très faiblards dans la ballade (“You’re No Geezer (But You Try)“). Tubes en puissance, originaux ou dûment pompés qu’importe, leur musique sera géniale à vingt ans mais s’écoutera difficilement ensuite. A déguster très rapidement avant d’en être dégoûté profondément…


(Make) Some noise : elaborated or raw rock, over-hype or indie-pop… and no wish for long and “intellectual” reviews…

WITCH and “Paralyzed” (The Pee Records/Differ-Ant) : stoner punk rock featuring J. Mascis (Dinosaur Jr) on drums. An honest record without weaknesses but with no real reasons for being enthusiastic about… Post-grunge, loud and martial, not to be remembered except by hardcore fans…

WHITE DENIM and “Workout Holiday” (Full Time Hobby/Pias) is a different story. MC5, Minutemen and even the Beatles are obvious influences, as well as Animal Collective and certainly some obscure contemporary jazz bands. Crazy but controled rock songs, very elaborated and coherent but slightly disconcerting at first glance. Several discs in one, patience needed and a love for details. A record that will certainly be one’s favorite soon…

Testosterone and guitars, but much more conventional and “classical” rock for the French band TALIA. On “Cockroach Killer” (Infested Records), the singer’s voice, with both arrogance and humility, offers heavy energy (“Spitting Blood“) with a remarkable production and easily outtakes many similar US and British bands…

Another French band inspired by America, but a more indie one, it’s HOPPER and “Deergirl(MVS Records/Anticraft), a record nostalgic of the nineties, in love with Blonde Redhead (women and hypnotism) and other seductive bands… A great effort…

Last (and least) : PARKA and “Attack Of The Hundred Yard Hardman” (Jeepster/Pias), a Scottish sensation composing dancefloors and stadiums anthems (“Bosses and Bastards” as a perfect example) but really annoying if you’re not a dumb teenager…

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS

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