LA FELINE – Triomphe

Triomphe, assurément, évidemment. Une réserve cependant, amicale et bienveillante : l’usage d’un pluriel, dans le titre de l’album, aurait été plus approprié. On parlera donc ici de triomphes, réussites multiples et éminemment célébrables.

Triomphe de la langue et du texte sur la banalité et la production ambiantes. Triomphe des ambiances et des histoires contées en des univers singuliers. Triomphe des trouvailles et des agréments, des sons et des ruptures (les brisures de “Trophée”, le saxophone violemment incisif du “Royaume”, les gimmicks de “Séparés”...). Triomphe de l’équilibre entre une intellectualisation de la musique (ce que Agnès Gayraud fait ailleurs, avec d’autres médiums) et une accessibilité haute (on pense parfois furtivement, sans honte aucune, à Zazie avec un immense supplément d’âme). Triomphe esthétique et ambitieux, trois ans après un Adieu l’enfance déjà révélation…

Des triomphes, comme une litanie d’achievements d’une cérémonie de récompenses artistiques. Et un Triomphe, titre qu’on espère plus prémonitoire que revendicatif…

“Qui sait où tu seras dans mille ans la prochaine fois ?”

La Féline (Kwaidan)

March 16, 2017

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