LES LIGNES DROITES – Les Humains

Impressions initiales, et ce nom qui sied parfaitement : Les Lignes Droites, forcément. Lignes droites parallèles ou se croisant sur la pochette, urbaines et métronomes (basses et batteries toujours hypnotiques), implacables au son des guitares (le titre éponyme) ou des récitations (“Poussière”), aux rythmiques martiales et aux saccades grises.

Chansons froides de prime abord, se réchauffant progressivement comme savent le faire celles qui peuplent les grands disques de Mendelson, Programme ou de Summer (des filiations ou proximités évidentes), pour atteindre quelquefois une paradoxale douceur (“L’Amour exactement”)... ou en donner l’illusion.

Supplément d’optimisme mesuré (“Il faut faire attention à ce que l’on souhaite / Ca finit souvent par arriver” sur “Apocalypse”) ou réaliste (“Les humains aussi / Sont des moteurs fragiles / Des machines usées” sur “Les Humains II”), extraits parmi d’autres de textes aphorismes, littéraires juxtapositions. Et ces thématiques qui s’imposent : la politique (sens noble), le social, l’amour… ou comment passer de l’universel au particulier. Progressivement, comme un dyptique qui se dévoile peu à peu…

On flirte avec le basculement, la ligne brisée, les lignes de fuite, la cold wave en explosions noise, les titres abscons (“Champs de Higgs”), les tentations de chants plus traditionnels que le registre du parlé, l’exploitations des limites et le détournement des normes. Industriel à la marge, mais pas si loin des derniers Bashung au final, à leur hauteur en fait.

Un disque philosophique ? Assurément. Un très très très grand disque de rock français surtout…

Les Lignes Droites (Autoproduction)

 

 

February 16, 2017

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