BERTRAND BETSCH – La Vie Apprivoisée

Visuel BERTRAND BETSCH - La Vie ApprivoiséeJ’ai d’abord été très injuste avec cet album, lui trouvant des accents trop évidemment “souchonesques” (“Aimez-nous les uns les autres”), des inclinaisons à la Florent Marchet trop visibles (“Merci”) voire des caricatures de Bourvil un peu déplacées (sur le louable “Il arrivera” aux rimes trop faciles pourtant)... Comme si le cynisme porté en étendard depuis le premier album, La soupe à la grimace, un peu mis de côté au fur et à mesure, avait fait place désormais à un excès de bons sentiments, poussé à l’extrême (“La beauté du monde”, introduction déstabilisante).

Et quand je voulais être rassuré par des textes plus incisifs, c’est la musique qui devenait pompière (“Où tu vas”). Stade ultime du cynisme ou basculement ? Le doute immiscé initialement fait place bien vite à une réassurance salutaire. Du Betsch classique dès le titre (“Du vent dans les mollets”), du Betsch retrouvé avec “Les hommes douleurs” et puis l’épatant “Qui je fus”, du Betsch sublimé avec le morceau final éponyme et ses touchants arrangements de cordes…

Disque contradictoire qu’il convient d’écouter encore et encore, pour y déceler le deuxième degré, le troisième, le quatrième peut-être. Ou une sincérité mise à nue, un entre-deux oscillant peut-être ?Vingt ans de fréquentation assidue des disques de Bertrand Betsch et toujours aucune certitude, vingt ans de plaisirs à l’écouter et toujours des mystères. Une promesse dans les deux derniers mots du disque, “Je reviendrai“. Promesse qui engage autant l’auteur que ses auditeurs avertis…

Bertrand Betsch (Les imprudences, l’autre label)

September 30, 2016

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