DEAR EYES – Super Times Wow

Visuel DEAR EYES - Super Times WowLes premiers concerts avaient attiré les amis, presque exclusivement. Beaucoup étaient revenus pour les concerts suivants et certains même lorsqu’ils se produisaient assez loin…C’était un bon signe : en général les amis font plaisir en venant aux premiers concerts mais trouvent des excuses ensuite pour ne pas réitérer l’épreuve. S’ils persistent et suivent le groupe dans ses premiers déplacements, c’est que celui-ci le mérite et que les amis considèrent qu’une heure de bon rock vaut mieux qu’un bon ciné ou que tout autre forme d’art. Ce avec quoi tout le monde devrait logiquement être d’accord.

J’avais écrit ces lignes il y a plus de dix ans. Un exercice d’écriture documentaire à propos d’un projet finalement éphémère de Frank Woodbridge. Elles sont, plaisamment, encore d’actualité...

Le style a évolué, du rock d’antan on ne conserve plus que quelques élans (“Murakami Dreams”) ; une pop plus douce et des sonorités électro plus marquées ont pris le relais, une histoire de maturité peut-être… Le projet s’est fait plus personnel encore, resserré autour de la famille, de proches et mûri en confiance. Plus intime évidemment et, incidemment, plus universel. “Love”, trois fois en onze titres, “Summer” ou “Sunny” pour planter le décor. Lumières roses d’aube ou de crépuscules, plage et chaleur qui trouble l’horizon : à l’image de sa jolie pochette nostalgique, Super Times Wow sera donc un disque d’été, d’amours estivales.

Un disque adéquat pour cette saison-là mais également, et surtout, parfait pour les suivantes : “Sunny little Song” pour chasser toute grisaille ; “We love the Songs” pour reprendre espoir, affalé dans le canapé, en de jours plus plaisants ; “Go Train Fast Love” pour se relever et, au ralenti puis de plus en plus rapidement, revisiter les chorégraphies brûlantes ; “Strange Light” pour pousser jusqu’au matin ; “Summer Girls” pour rêver à nouveau d’étés adolescents et des histoires qui les accompagnent vingt-cinq ans plus tard…

Pop solo gorgée d’électronique, pour éviter les adjectifs en forme de poncifs, guitare électrique toujours à portée de main et chant en vibrations et échos, joliment approprié aux ambiances, Dear Eyes s’imagine comme une musique de chambre calibrée pour les grands volumes. Savoir-faire éprouvé depuis longtemps, désormais épanoui et assumé...

 

Dear Eyes (Superfrais/La Baleine)

September 9, 2016

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