TUE-LOUP – Ramo

Visuel TUE-LOUP - RamoMais lorsqu’on lui demande / Êtes-vous son épouse / Non, mais j’aimerai bien / Êtes-vous son amant / Non, mais j’aimerai tant

C’est une sorte d’évidence, dont on ne se rend naturellement compte qu’au dixième album : le style de Tue-Loup, autrefois décrit comme du folk campagnard ou provincial, c’est une saudade à la mode sarthoise, spleen éminemment poétique révélé comme tel à l’occasion d’une incursion portugaise (qui se manifeste en une chanson en langue locale et un titre d’album). Mais cela pourrait être tout autre chose aussi, à base de pastorale poésie, qu’on ne trouverait rien à redire.

Tue-Loup serait évidemment aussi touchant en des incursions parcimonieuses en d’autres sonorités et styles. Disque d’un long moment, Ramo délivre “Empreinte”, parfait morceau, et “Hirondelle”, morceau plus-que-parfait (un piano au crescendo superbe et des paroles finales qui ouvrent bien des perspectives), qui suffisent à encenser à nouveau l’œuvre de Xavier Plumas et ses textes magnifiques, emplis de vocabulaire rare et de rimes plus précieuses encore. Ce chant, ces intonations comme autant de repères précieux et rassurants : “Bouquet contre la peur” ou “Le Tigre Voayageur” en illustration – trop courte – de la façon dont une certaine exigence de beauté peut être aisément comblée.

Comparer peut-être Tue-Loup aux Tindersticks, à l’élégance remarquable disque après disque ? Assurément. Mais ici on surprend encore, supplément de ravissements. Trésor national…

Tue-Loup (Dessous De Scène)

February 16, 2016

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