ANNAO – She was a princess

Nicolas Comment s’est reproduit ; il a, malgré lui, grand dommage, fait une émule. Ou peut-être est-ce Marc Collin – producteur et on l’imagine, gourou d’obédience warholienne – qui a voulu persévérer dans sa quête d’un revival d’icônes Gainsbourgiennes (chant essoufflé, maniérisme pris pour de la sensualité, piédestal imaginaire…) et s’est à nouveau fourvoyé. Dans les grandes lignes comme dans les plus insupportables détails.

Après la bourgeoisie cul-fric et ses affres, vu par un photographe et déclamé comme on lit le bottin, c’est AnnaO, plasticienne, qui “chanterait comme elle sculpte”. Avec le bout des doigts sûrement alors, sans prendre le risque d’écailler le vernis ou de se casser un ongle, sans rentrer dans la matière… A la surface seulement, en appliquant un voile insipide (une bande originale de vieux films érotiques italiens, un chant asthmatique) sur une justification bien chiche (l’invention d’un personnage “mi-Princesse mi-errante”, de la poésie acnéique en guise de textes, une “performance”…).

En ce moment, il n’y a guère que le disque de Sébastien Tellier qui soit aussi désagréable.

AnnaO (Kwaidan Records)

June 19, 2012

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