TOP 2010

1. Bonnie ‘Prince’ Billy and The Cairo Gang – The Wonder Show Of The World

Sur ce disque qui frôle des hauteurs  rares en plusieurs occasions, Will Oldham devient presque adulte, cesse ses enfantillages, se pose sans se ranger, aligne les ballades poignantes et distille des paroles à méditer et adopter : “Always choose the noise of music… always end the day in singing“. On n’a pas croisé de conseils plus avisés et de disques aussi profonds cette année… (Bonnie ‘Prince’ Billy)

2. Meursault – All Creatures Will Make Merry

Meursault, c’est du Twilight Sad en version folk electronica lo-fi. La couche de saleté est essentielle, pour ne pas mettre à nu trop facilement classe et élégance : il faut un peu de lutte, de combat. Il faut de la sueur, beaucoup, c’est une musique d’efforts constants, une musique de dépense, et l’auditeur en prend sa part. C’est Ecossais, forcément… (Meursault)

3. Hjaltalin – Terminal

Un disque venu d’Islande mais géographiquement improbable et temporellement tout aussi inconcevable : Frank Sinatra en duo avec Judy Garland, chantant sur une partition de Prokofiev qui aurait trop écouté les Bee Gees et Abba (voire Ace Of Base) et bu bien plus de brennivín arrangé qu’il est raisonnable de faire. (Hjaltalín)

 4. Balmorhea – Constellations

Les morceaux paisibles et profonds de “Constellations” évoquent les Gymnopédies d’Erik Satie, les œuvres pour piano de Rachel Grimes, quelques jazzmen un peu las ou sûrs de leurs jeux minimalistes et des post-rockeurs en état de lévitation. C’est un parti pris de sérénité, une forme d’épure, plus belle encore sûrement que leurs envolées passés et un chef d’œuvre assurément… (Balmorhea)

 5. Live Footage – Willow Be

Un album entièrement instrumental, fait de boucles et d’improvisations, joué en duo plutôt minimaliste (batterie et claviers contre violoncelle et loops). Un mélange des genres subtil, au façonnage complexe et au résultat vite entêtant. Un petit recueil précieux de musique contemporaine urbaine qui fait de Live Footage une sorte de Balmorhea des villes… (Live Footage)

6. Ola Podrida – Belly Of The Lion

Au fur et à mesure, des morceaux (presque) sans refrain ni couplet, des chansons qui s’emballent et emballent sans qu’on sache précisément pourquoi. Une vibration parfaite, une fréquence qui s’accorde à la nôtre, une sublimation en quelques notes et accords et un disque qui devient passionnant, nourrissant, empli d’une poésie touchante : “I hope some day I’m deaf and dumb and blind. I’ll skinny dip with girls in lakes of wine and find my way by clutching to their thights.”… (Ola Podrida)

7. The Tallest Man On Earth – The Wild Hunt

Un effet similaire à la découverte, en son récent temps, du premier morceau entendu d’Elvis Perkins (“While You Were Sleeping“) : on prend, instantanément, une grande leçon de réalisme et une jolie claque : une guitare acoustique, une voix singulière (Dylan amélioré), un talent éclatant et la certitude de ne pas devoir s’en remettre tout de suite… (The Tallest Man On Earth)

8. Olöf Arnalds – Innundir Skinni 

Avec “Vinur Minn” d’entrée, Ólöf Arnalds a enregistré la chanson parfaite, celle dont on tombe amoureux… Mais qu’on trompera parfois avec la minimaliste et magnifique “Surrender” (avec Björk qui fait les chœurs comme on aimerait qu’elle chante plus souvent). Ou avec ses autres chansons/copines de l’album… (Olöf Arnalds)

9. Dakota Suite/David Darling/Quentin Sirjacq – Vallisa

Les disques partiellement improvisés et enregistrés en live dans des coins reculés d’Italie ont un charme particulier. A la manière du “Mi Sei Apparso Come Un Fantasma” de Songs : Ohia, ce disque à trois, improbable rencontre, est un numéro d’équilibriste fascinant et beau entre une guitare, un violoncelle et un piano… (Dakota Suite)

10. Emily Jane White – Ode To Sentience

Chaque album d’Emily Jane White est un rendez-vous régulier et un plaisir renouvelé plutôt qu’une obsession qu’il faudrait justifier à chaque fois. “Ode To Sentience” est à mi-chemin entre les deux précédents, pas aussi orchestré que “Victorian America“ et moins brut que “Dark Undercoat“. Mais tout aussi envoutant… (Emily Jane White)

December 30, 2010

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