BALMORHEA – Constellations
Après le post-rock du dix-neuvième siècle (l’album “All Is Wild, All Is Silent“), celui d’un autre monde, d’une autre dimension presque. Ni antithèse, ni revirement, une autre incarnation plutôt qu’une évolution, la musique de Balmorhea essaie désormais de tutoyer les cieux après avoir précédemment exploré l’âme des pionniers de l’ouest américain. Une façon pour ces Texans érudits de poser un canevas, de dresser une carte, d’explorer un territoire, d’en délimiter les frontières et de le représenter en sons précieux et textures musicales délicates et, ici, en économie de notes. Ni élan ni explosion, les morceaux paisibles et profonds de “Constellations” évoquent les Gymnopédies d’Erik Satie (le morceau éponyme), les œuvres pour piano de Rachel Grimes, quelques jazzmen un peu las ou sûrs de leurs jeux minimalistes et des post-rockeurs en état de lévitation (il y a du The For Carnation dans “On The Weight Of Night“). On retrouve les sonorités rassurantes et familières des disques précédents (le banjo, ce son de piano un peu étouffé, ces impressions de murmures du fond du studio, les grincements des chaises…), cette patte Balmorhea, entre négligence amateure et génie concentré sur sa partition (ou l’absence de celle-ci) et peu soucieux du détail de production. “Constellations” est un parti pris de sérénité, une forme d’épure, plus belle encore sûrement que les envolées passés et un chef d’œuvre assurément…
Western Vinyl
Erik Satie’s Gymnopédies, Rachel Grimes’ piano works, The For Carnation’s soft post-rock and slow jazz are amongst “Constellations” magnificient evocations… Banjo, murmurs, little noises from the background, all familiar Balmorhean sounds, depth and serenity, even more beautiful than past records and a masterpiece indeed.
Web : Balmorhea
