Posted by Julien on January 28, 2010

FABRICE COLIN – Big Fan

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... ou “Radiohead, la fin du monde et moi“. Le monde tel que nous le connaissons n’est plus, le Kid A a fait des petits et la Police du Karma veille à la bonne exécution du plan. Nous n’avons pas su décrypter les signes avant-coureurs et les manifestations évidentes de l’imminence du désastre. C’était pourtant à la disposition de tous, dénoncé dans tous les albums et inscrit en filigrane dans toutes les chansons, dans chaque manifestation et incarnation de la musique de Radiohead. Thom Yorke était un messager et son groupe un vecteur, son art un cri de résistance, un appel à la lutte. Nous avons ignoré les avertissements, pas William Madlock. Il est en prison et nos espoirs sont désormais anéantis.
La trame est fictionnelle mais elle est plausible et se décline en entremêlements de chapitres. Ce roman, c’est d’abord la biographie érudite et sérieuse du quintet d’Oxford, un récit clinique et presque sans âme, commenté sans complaisance et avec beaucoup d’ironie par le narrateur-auteur. C’est également l’histoire de William Madlock, ce gros fan solitaire et un peu pathétique, obsessionnel jusqu’à l’outrance. Ce sont aussi et finalement les lettres de prison de cet anti-héros, un regard sur son passé, son combat vain, son acte et notre incompréhension légitime face à celui-ci. C’est un mélange des formes et des genres, de l’auto-threadjacking et des digressions (onze pages essentielles pour répertorier les groupes de rock du début de la décennie), une façon de mener (gentiment) le lecteur en bateau, de le perdre dans les méandres d’un complot paranoïaque en interrogeant le statut de “fan”, compulsif monomaniaque haineux pathologique. C’est une part de l’adepte du “tu n’écoutes que de la merde si tu n’écoutes pas la même chose que moi“, refrain connu et forcément parlant à tous. Roman de fan, donc, de l’auteur, du groupe ou de la musique en général, ce qui fait de nombreux lecteurs potentiels, et mérités…

Editions Incultes

Categories: LIVRES
Posted by Julien on January 23, 2010

TOUR D’HORIZONS # 37 : Lymbic Systym, Githead, Pharaohs, The Flaming Lips

LYMBYC SYSTYM et “Shutter Release” (Mush/Differ-Ant) : deux frères qui oeuvrent dans la fusion rock instrumental et électro à la Tortoise, avec machines bien huilées et mécaniques bien rodées. Efficace mais sans déclenchement d’enthousiasmes excessifs, sauf dans les morceaux les plus lents, plus convaincants et qui rappellent par moments Boards Of Canada ou même Balmorhea…

GITHEAD et “Landing” (Swim/Differ-Ant) : troisième album du projet de Colin Newman (Wire) et de ses acolytes (des membres de Minimal Compact), un ton hypnotique, des morceaux denses et cohérents malgré le partage des voix, étonnamment “pop” plutôt qu’expérimentaux, qui rappellent ceux des oubliés Snowpony et font effet lancinant, berçant malgré les décibels, subjuguant quand on s’y laisse balancer ou profondément ennuyeux quand on reprend esprit…

PHARAOHS et “We’ve Tried Nothing And We’re All Out Of Ideas” (Hip Hip Hip) : des Britanniques qui réveillent les démons de vieux groupes noisy nord-américains (Sloan, Superchunk, Sunny Day Real Estate…) en mêlant vivacité d’exécution, haute complexité des compositions, enthousiasme sans défaut et une voix à la Robert Smith juvénile qui emporte la décision finale, éminemment favorable. Belle (et trop courte) introduction…

THE FLAMING LIPS et “Embryonic” (Warner) : et le doute entre l’œuvre majestueuse (“Le Psychédélisme au vingt-et-unième siècle pour les nuls”) mais incomprise (et sûrement incompréhensible), et le ratage brouillon obscur, sorte de Animal Collective pour quinquagénaires, ou d’introduction pour jeunes au Pink Floyd expérimental avec son lot de complexités inhérentes. Un double album foisonnant (dix-huit titres, soixante-dix minutes) avec emballements (“The Sparrow Looks Up At The Machine”) et moult désemballements conséquents (le premier étant dû à l’affreuse pochette) et plus de questions que de réponses (et d’exaltation)…

LYMBYC SYSTYM and “Shutter Release” (Mush) : electro and instrumental rock between Tortoise and Boards Of Canada /// GITHEAD and “Landing” (Swim) : third album by Colin Newman (Wire) and members of Minimal Compact, hypnotic rythms, more pop than experimental, reminding of Snowpony… /// PHARAOHS and “We’ve Tried Nothing And We’re All Out Of Ideas” (Hip Hip Hip) : british band but north american inspiration (Sloan, Superchunk, Sunny Day Real Estate…) for complex songs and a voice à la Robert Smith… /// THE FLAMING LIPS and “Embryonic” (Warner) : between art (psychedelic rock for dummies) and huge swindle (Animal Collective for the elderlies)...

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS
Posted by Julien on January 17, 2010

PICASTRO – Become Secret

L’abord bancal, voguant sur une esthétique d’amateurisme éclairé et distillant vocalises pénibles (à la première écoute) et morceaux quasi sublimes (les mêmes, aux écoutes suivantes), des réminiscences des premiers Cat Power ou Scout Niblett et des impressions floues ou flouées : du post-folk acoustique, du post-rock chanté, de la confusion des styles (Fifths Of Seven ou Set Fire To Flames parfois dans les instrumentations)… Picastro est un trio canadien qui distille lentement ses courts albums précieux, exigeants, sombres mais beaux : l’angoisse est religieuse, les paysages larges et cinématographiques même quand confinés, les spectres amplement balayés. “Become Secret” surprend, intrigue et charme comme le chant (et les cordes ici) d’une sirène : on s’y laisse prendre, conscient des risques et prévenu des dangers, mais curieux d’un disque étrange qui semble refuser tout artifice de séduction, se complaire dans le brut et le refus du poli. Un baume musical pourtant, toutes les berceuses n’endorment pas mais elles apaisent d’une certaine manière, singulière et insoupçonnée parfois (“Pig & Sucker“)…

Monotreme/Cargo

An amateur aesthetic, reminding of Cat Power or Scout Niblett‘s first records, songs that can be judged horrible (at first glance) or sublime (after they’ve been played a few times)... Post-folk or post-rock songs, confusion of styles for a precious album, dark and beautiful, a musical balm despite its strange roughness…

Web : Picastro

Categories: DISQUES
Posted by Julien on January 10, 2010

TOUR D’HORIZONS # 36 : The Drums, Half-Handed Cloud, Jookabox, Gliss, The Hickey Underworld

THE DRUMS, sur “Let’s Go Surfing“, le premier titre de leur “Summertime! EP” (Moshi/Moshi/Discograph), ont piqué (involontairement vraisemblablement) l’entame “Wake Up, It’s A Beautiful Morning” aux Boo Radleys. On les pardonnera aussi tôt et volontiers, l’innocence du groupe étant une composante essentielle de la qualité de leur musique nostalgique. Réinventant les fifties avec leur propre vision idéaliste et les moyens d’aujourd’hui, le jeune duo de Floride (devenu quatuor à New York) fait son Vampire Weekend en version Beach Boys plutôt que Paul Simon. C’est frai, pop, new wave et très réussi (“Don’t Be A Jerk, Johnny” ou “Saddest Summer“)

HALF-HANDED CLOUD et “Cut Me Down & Count My Rings” (Asthmatic Kitty/Differ-Ant) : une compilation de quarante-six morceaux précédemment sortis en marge de la discographie officielle du projet de John Ringhofer, des miniatures charmantes, versions souriantes des disques de Sentridoh (Lou Barlow), quelques morceaux avec Sufjan Stevens, de la pop song de moins de deux minutes, des chansons de Noël, de l’inventivité à revendre, entre bordel innommable ennuyeux et agaçant, et révélations de pépites bancales, touchantes de sincérité à défaut de qualité supérieure et d’émois disproportionnés.

JOOKABOX et “Dead Zone Boys” (Asthmatic Kitty/ Differ-Ant) : un grand mix de tout et n’importe quoi, hip-hop punk et bricolages. Trente-sept minutes qui semblent des heures et convoquent tous styles et instruments pour des “SufjanStevenseries” hystériques, de l’électro-soul-eighties revue à la Nigo, des exotiqueries explosives, du funk travesti en folk (et l’inverse) et pas d’essoufflements…

GLISS et “Devotion Implosion” (Cordless/Differ-Ant) : trio américain versant dans le noisy éthéré et le rock aux guitares adeptes de saturations douces, comme une version brute de Placebo, faussement crade, mais léchée. Mais un chant trop maniéré et des tentations pop trop brouillées (“Beauty“) dispensent de l’adhésion directe et inconditionnelle…

THE HICKEY UNDERWORLD et “The Hickey Underworld” (Naïve) : “Blonde Fire” en single noisy imparable et une cohorte de titres furieux mais maîtrisés par ces Belges promis à une exposition large. Dans la lignée des exigeants McLusky ou autres Zico Chain, leur premier disque, éponyme, est brutal, intense, instinctif… mais totalement dominé.

THE DRUMS and “Summertime!” EP “(Moshi Moshi) : fifties and new wave nostalgia, innocence and talent and a very hype hit single “Let’s Go Surfing”... /// HALF-HANDED CLOUD and “Cut Me Down & Count My Rings” (Asthmatic Kitty) : a compilation of forty-six songs previously released on various Eps and records by John Ringhofer. Charming miniatures and boring lo-fi experimentations… /// JOOKABOX and “Dead Zone Boys” (Asthmatic Kitty): a great mix of everything and anything from hip-hop to punk. Thirty-seven minutes that seem like hours and features hysterical “SufjanStevenseries”, eighties electro-soul, explosive funk crossdressed in folk and many other things ! /// GLISS and “Devotion Implosion” (Cordless): an American trio playing noisy ethereal rock, like a raw version of Placebo… /// THE HICKEY UNDERWORLD and “The Hickey Underworld” (Naïve) including an explosive single (“Blonde Fire”) and many others brutal, intense and instinctive noisy songs reminding of McLusky and The Zico Chain…

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS