Posted by Julien on October 31, 2009

HOPE SANDOVAL AND THE WARM INVENTIONS – Through The Devil Softly

1994, un été à New-York et la découverte de MTV avec deux clips qui tournent en boucle : “Come Out And Play (Keep’Em Separated)” de The Offspring et “Fade Into You” de Mazzy Star. J’achète les deux singles. Quinze ans plus tard, j’ai égaré il y a bien longtemps le premier tandis que le second trône toujours précieusement parmi les disques les plus écoutés régulièrement. Quinze ans plus tard, la voix de Hope Sandoval fait toujours les mêmes effets : apaisement et troubles, charme et abandon… Et l’impression de tomber amoureux de son chant suave à chaque seconde, de se laisser griser par les rythmes lents d’un folk frêle et lazy jazzy par touches ponctuelles. L’art du chaloupement, des ondoiements des reins, des feulements qui émeuvent… sur un disque sans coup d’éclat décisif, mais qui prend de l’assurance au fur et à mesure des titres et de leurs orchestrations grandissantes, pour s’épanouir en un “Fall Aside” hypnotique, un “Blue Bird” aérien et un “Satellite” à l’envoûtement brut… De la magie, voire de la sorcellerie…

Nettwerk

Fifteen years since Mazzy Star’s single “Fade Into You” and now another excuse for being seduced by Hope Sandoval : charm, sweetness, slow pace, lazy folk, jazzy tunes and very great final songs (“Fall Aside“, “Blue Bird” and “Satellite“)

Web : Hope Sandoval

Categories: DISQUES
Posted by Julien on October 24, 2009

EMILY JANE WHITE – Victorian America

Dès les premières mesures de “Never Dead“, un brouillard d’influences et d’affinités (Cat Power, Alela Diane, Tarnation…) qui, comme des évidences trop crues, s’effacent et s’oublient presque immédiatement… et alors, le bonheur sombre et mélancolique d’une lettrée récitation de compositions étonnamment complexes et aux fulgurances qui laissent béat. D’admiration, et d’amour aussi. Estomac noué, de bout en bout, d’un “Stairs” morceau fleuve en miniature, de la simplicité envoûtante du morceau éponyme, de la douceur de “The Country Life“, de la rage contenue de “Red Serpent“, de chavirements nombreux et délectables. Arrangements de cordes, somptueux sans être cavaliers, et voix de sirène sûre d’elle… les symptômes ne trompent pas. “Dark Undercoat“, le précédent et premier album, c’était la bise sur la joue, une simple amourette adolescente. “Victorian America” c’est le baiser volé, le baiser passionné, le baiser de cinéma, le baiser qui marque. Durablement et profondément, un classique instantanément.

Talitres/Differ-Ant

From “Never Dead” to the last song, dark happiness and melancholy and the great feeling of falling in love deeply. Well, a masterpiece…

Web : Emily Jane White

Categories: DISQUES
Posted by Julien on October 20, 2009

TOUR D’HORIZONS # 32 : Firekites, Langhorne Slim, Shelley Short, La Corda, Karen Lano

FIREKITES et “The Bowery” (Own Records) : des Australiens à la pop soignée et délicate, joliment acoustique. Comme des Kings Of Convenience des antipodes, un peu de surproduction en sus, de l’electronica douce et un sens de la précision indéniable. Prometteur…

LANGHORNE SLIM et “Be Set Free” (Kemado/Pias) : un folkwriter américain, peut-être un peu plus doué que la majorité de ses compatriotes, mais qui fait dans un classicisme lassant, malgré quelques pointes d’originalités diffuses (“Cinderella“) et qui plaira sans émerveiller, lassera sans être déplaisant. On le pressent pressé d’étoffer ses compositions d’orchestrations enflées, on ne suivra sûrement pas cette voie avec lui…

SHELLEY SHORT et “A Cave, A Canoo” (Hush Records) : c’est un folk de l’Oregon, aussi majestueux et exigeant que ses paysages, lent et appliqué, complexe sous ses abords évidents et qui délivre de petites perles appliquées et ravissantes (la voix juvénile de la demoiselle y étant pour beaucoup) sans qu’on sache succomber totalement (quoique l’accointance avec la musique de Hope Sandoval n’y étant pas étrangère)…

LA CORDA et “Progress No Progress” (T-Rec/Anticraft) : un rock simple, très lent, fait de notes jouées à l’économie et au feeling délicat, comme une réinterprétation de Mogwai qui s’acoquinerait à Jennifer Charles et jouerait ses tempos les plus ralentis pour séduire la dame. C’est tout en émotion et en sensibilité, et de ce fait, éminemment fragile (et presque casse-gueule).

KAREN LANO et “My Name Is Hope Webster” (Bee Jazz/Abeille) pour une évocation d’une Inara George à la française : le chant limpide et le charme de mélodies jazz lumineuses pour des compositions propres, impeccablement produites et des reprises très softs de Tom Waits ou de Neil Young. Séduction instantanée ou musique parfaitement “inoffensive” selon les points de vue et l’humeur…

 

FIREKITES and “The Bowery” (Own Records) : delicate and careful australian pop sounding sometimes like Kings Of Convenience with electronica touches… /// LANGHORNE SLIM and “Be Set Free” (Kemado) : an American folkwriter gifted but a bit boring despite hints of originality (“Cinderella “)... /// SHELLEY SHORT and “A Cave, A Canoo” (Hush Records) : folk from Oregon, as majestic as the local landscapes, slow and complex, with a childish voice and mostly nice songs… /// LA CORDA and “Progress No Progress” (T-Rec) : simple french rock, very slow, few notes and delicate feelings, like Mogwai teaming up with Hope Sandoval or Jennifer Charles and focusing on emotion rather than on decibels… /// KAREN LANO and “My Name Is Hope Webster” (Bee Jazz) : a french evocation of Inara George with charming melodies, bright and jazzy compositions…

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS
Posted by Julien on October 13, 2009

THE TWILIGHT SAD – Forget The Night Ahead

L’armada Fatcat auto stimulante (Frightened Rabbit, We Were Promised Jetpacks...) et la radicalité écossaise conjuguée, l’obsession toujours intacte pour le premier album (“Fourteen Autumns And Fifteen Winters“) et le miracle d’un second album à la hauteur. “Killed My Parents And Hit The Road“, compilation gravée à la va-vite pour financer une tournée avec Mogwai, avait fait patienter et donné des pistes : “Untitled #27” et “Untitled #28” s’électrifient désormais en “The Room” et “The Neighbours Can’t Breathe“, la brutalité live (éprouvée avec joie l’année dernière) est transférable sur enregistrement studio (“Birthday Present” assourdissant) et jouer un rock noisy et sombre n’empêche pas l’écriture de singles évidents (“I Became A Prostitute“, “Seven Years Of Letters“) et des moments de répit. Les textes parlent de traumatismes d’enfance, mais restent évasifs et énigmatiques, les guitares suppléent les explications, c’est intégrité, bouclier de bruits pour protection et déferlements de puissance raisonnée. Et puis savoir hurler avec l’accent écossais intact, c’est suffisamment remarquable pour se dispenser d’autres explications laudatrices…

Fatcat

From the scottish Fatcat armada (Frightened Rabbit, We Were Promised Jetpacks) and with as much violence, noise, traumas, integrity and beauty as the first album (“Fourteen Autumns And Fifteen Winters”), “Forget The Night Ahead” is another miracle : “The Room” (previously called “Untitled #27”),”I Became A Prostitute”, “Seven Years of Letters” or the deafening “Birthday Present” are just obvious examples of The Twilight Sad talent for creating intense atmospheres…

Web : The Twilight Sad

Categories: DISQUES
Posted by Julien on October 7, 2009

TOUR D’HORIZONS # 31 : Jay Reatard, Eamon McGrath, Scary Mansion, The Pains Of Being Pure At Heart, Director

JAY REATARD et “Watch Me Fall” (Matador/Beggars): du rock garage, de cave ou de souterrain plutôt, moche et crasseux pour une “réincarnation” de Daniel Johnston en overdose d’amphétamines et qui jouerait ses trois accords par morceaux à une vitesse interdite par son médecin (pas trop vite tout de même, mais sans respiration). La pochette fait peur, le disque nettement moins et s’apprécie même avec parcimonie et abandon des inhibitions…

EAMON McGRATH et “13 Songs Of Whiskey And Light” (White Whale Records/Cargo) : chansons maisons, choisies ou tirées au sort dans un répertoire qui dépasserait la centaine, parait-il. Whisky canadien frelaté sûrement comme ces morceaux enregistrés dans la cave, en solitaire, qui oscillent entre rock indé et gros son bluesy, quelque part entre Syd Barrett moins drogué et Bruce Springsteen qui le serait un peu plus… 

SCARY MANSION et “Make Me Cry” (Talitres/Differ-Ant) pour une vision presque exemplaire du rock indé : intègre, spontané et cohérent. Chez Scary Mansion alias Leah Hayes, les chansons se ressemblent toutes, font désormais le choix de plus de dureté dans les sons contre plus de tendresse dans la voix (et des penchant pops plus affirmés), mais conservent radicalité et talent. Disque brut, compact, mais aux grands déploiements de sensibilités, notamment sur les morceaux calmes…

THE PAINS OF BEING PURE AT HEART et “Higher Than The Stars EP” (Fortuna Pop/Differ-Ant) : quelques mois après un premier album remarquable, quelques nouveaux titres pour apprécier encore ce revival new wave de haute tenue : nostalgique et très pertinent, caressant plutôt qu’abrasif, pop et lumineux, excessivement délectable…

DIRECTOR et “I’ll Wait For Sound” (Crapshoot Economics/Naïve) et l’impression surprenante d’entendre Depeche Mode faire du rock de club, power-pop venue d’Irlande aux compositions solides et suffisamment variées (“Play Pretend“, “Sing It Without A Tune“) pour être appréciables à défaut d’être totalement convaincantes.

 

JAY REATARD and “Watch Me Fall” (Matador) : ugly garage rock as if Daniel Johnston had taken amphetamines /// EAMON McGRATH and “13 Songs Of Whiskey And Light” (White Whale Records) : homemade songs, from indie rock to blueys sounds, somewhere between Syd Barrett and Bruce Springsteen /// SCARY MANSION and “Make Me Cry” (Talitres) : honest, spontaneous and coherent indie rock made by Leah Hayes. Raw tenderness and lots of emotions (especially on the most quiet tracks) /// THE PAINS OF BEING PURE AT HEART and “Higher Than The Stars EP” (Fortuna Pop) : a few months after a remarkable debut album, some new titles to enjoy this new wave revival of high quality: nostalgic and very relevant, pop and bright, extremely appreciable… /// DIRECTOR and “I’ll Wait For Sound” (Crapshoot Economics) : as if Depeche Mode was making club rock, but “irl” a power-pop band from Ireland with solid compositions and enough diversity to be interesting if not totally convincing.

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS
Posted by Julien on October 1, 2009

TOUR D’HORIZONS # 30 : François & The Atlas Mountains, Volcano Choir, Ramona Falls, Chris Garneau, Sufjan Stevens/Osso

FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS et “Plaine Inondable” (Talitres/Differ-Ant) : une bilingue (français-anglais) et savante alchimie de jolis exotismes, aux sons évoquant par flash High Llamas et à la douce torpeur presque hypnotique. Maniéré mais intensément artiste, dans l’approche des mélodies fluides, des arrangements élaborés et des chœurs lettrés. De la pop plus qu’érudite…

VOLCANO CHOIR et “Unmap” (Jagjaguwar/Differ-Ant), ce sont Justin Vernon (Bon Iver) et ses amis, dans un projet un peu expérimental, un peu électro, un peu ambient et avec beaucoup de boucles autour de la voix exceptionnelle du guitariste des bois. Ambiance new age et forestière, feu de camp moderne et harmonies des chants, c’est très joli et paisible sans toutefois susciter un intérêt démesuré, si ce n’est celui d’une impatience grandissante à l’envie d’un nouvel album de Bon Iver.

RAMONA FALLS et “Intuit” (Souterrain Transmissions) : une récréation de Menomena, en forme de pop électronique raffinée, parfois un peu complexe et véhémente (“I Say Fever“) et aux sons nostalgiques. Les détours sont parfois inattendus (“Always Right“), prennent de l’ampleur, s’essaient aux complexités de Sufjan Stevens et plaisent autant qu’ils déroutent… Ne pas se fier surtout à l’immonde pochette !

CHRIS GARNEAU et “El Radio” (Fargo/Naïve) : autre émule de Sufjan Stevens et d’un monde peuplé de cordes et de chansons aux arrangements sophistiqués, sautillants ou mélancoliques, une similitude d’esprit avec Satie parfois. Comme une sorte de bande originale d’un film à venir, qui serait nostalgique et bucolique, impressionniste et éthéré, de la peinture sonore en quelque sorte. Disque d’élégance…

SUFJAN STEVENS / OSSO et “Run Rabbit Run” (Asthmatic Kitty/Differ-Ant). Et si l’on compare à Sufjan Stevens, autant  parler de l’original, de retour avec un projet ancien, remis au goût du jour : une version pour quatuor à cordes (Osso déjà entendu sur “Welcome To The Illinoise“) de son ancien projet électronique méconnu, “Enjoy Your Rabbit“. De l’électronique expérimentale qui devient œuvre contemporaine, plutôt expérimentale mais joliment évocatrice, accessible comme une bande originale d’un film  complexe et exigeant…

 

FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS and “Plaine Inondable” (Talitres): a bilingual (French-English) and pretty exotic erudite pop project /// VOLCANO CHOIR and “unmap” (Jagjaguwar) : Justin Vernon (Bon Iver) and his friends in a little experimental, a little electro, a little ambient project… new age and campfire in a forest : nice and quiet… /// RAMONA FALLS and “Intuit” (Souterrain Transmissions): a side-project from Menomena, sophisticated electronic pop, sometimes a bit complex and violent and quite nostalgic sounds. /// CHRIS GARNEAU and “El Radio” (Fargo), another rival of Sufjan Stevens and a record full of strings and songs with sophisticated arrangements, pastoral and ethereal sounds… /// SUFJAN STEVENS/OSSO and “Run Rabbit Run” (Asthmatic Kitty) :  a string quartet version of an old electronic project (“Enjoy Your Rabbit”), experiment electronics turned into contemporary work, quite experimental but beautifully evocative and accessible, like the soundtrack to a yet-to-come compex movie…

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS