Posted by Julien on April 30, 2009

Et pendant ce temps-là, sur la Blogothèque… (I)

... j’ai écrit ça :

  • Balmorhea, post-rock du dix-neuvième siècle
  • Kütu Folk Records, du disque cousu main
  • Lo’Jo, apatrides d’ici et d’ailleurs
  • Davy Sicard, conteur réunionnais
  • Black Eyed Dog, solitaire et d’exception

  • Categories: ETC.
    Posted by Julien on April 27, 2009

    FOREST FIRE – Survival

    Dès la première note, ce folk-rock fatigué, déglingué, qui s’effondre dès qu’il est question de trop de louanges (“Fortune Teller” hymne de poche sabordé en deux minutes alors qu’il pourrait en atteindre dix sans qu’on y redise…). Une intégrité de chant qui rappelle celle des Walkmen, avec plus de variété mais moins de ferveur, ici on reste encore dans le bricolage vaillant, on enregistre en allers-retours entre Brooklyn et l’Oregon, on se fixe visiblement des contraintes mais on ne rend de compte qu’à soi-même. La musique de Forest Fire évoque Pavement en acoustique, les Baptist Generals épris de rock indé, des chorales dévoyées ou en déperdition, une espèce de classe chancelante, de la grâce en haillons et de la grande beauté en touches ponctuelles. C’est beaucoup pour un disque qui n’atteint pas la demi-heure, mais ce sont surtout des promesses de longues écoutes répétées et éminemment estimables…

    Talitres/Differ-Ant

    From the first to the last note, a tired folk-rock, short songs that could easily turn into indie hymns, between The Walkmen and The Baptist Generals, between Brooklyn and Oregon, grace and dust… an eminently estimable record…

    Web : Forest Fire

    Categories: DISQUES
    Posted by Julien on April 27, 2009

    TOUR D’HORIZONS # 25 – The Seven Mile Journey, Penelope Sulla Luna, Blake/e/e/e, Amute, Charge Group

     

    Au Danemark d’abord avec THE SEVEN MILE JOURNEY et leur “The Metamorphosis Project” (Fono’Gram) aux guitares intenses, aux longues compositions instrumentales et aux lentes métamorphoses. On évoque Explosions In The Sky et Mono, mais on occulte les ruptures et brisures pour s’attarder sur les climats denses mais légers, les mises en places progressives et une rythmique implacable des percussions, aux moments d’énervements plutôt mesurés. Classique finalement, mais très efficace…

     

    En Italie avec PENELOPE SULLA LUNA et “My Little Empire” (Nagual Records) pour un post-rock en construction qui cherche encore sa longueur optimale, hésite entre le bruit et les petites touches atmosphériques, les directions à prendre et le degré de violence à insuffler. On décèle des influences purement rock, de la tendresse pour la new wave, des envies d’ailleurs (un violon, des effets électro…) et des tiraillements douloureux. Un résultat sous forme d’un brouillon finalement très présentable, et assurément prometteur…

     

    Une collaboration transatlantique entre Américains et Italiens pour BLAKE / E / E / E et “Border Radio” (Unhip Records) : multiplicité des styles, du dub folk aux fulgurances presque punks, parfois en simultané et en complexité. Des chansons un peu sombres, peu reluisantes de prime abord, mais comme des joyaux couverts de poussière ; il faudra gratter encore et encore pour y découvrir la lumière et quelques raisons d’approbation : sens de l’hypnotisme et de l’enveloppement, sonorités traumatiques, mais volontés mélodiques parfaites. Un disque étrange, fascinant par moment, déconcertant à d’autres…

     

    En Belgique avec AMUTE et “Infernal Heights For A Drama” (Still Records) : un post-folk vaguement industriel, au chant et effets gorgés d’électroniques et de sensations déviantes : faire long ou bref, hypnotique et faussement planant ou rugueux et presque malsain, captiver autant que déplaire en une incarnation locale de Xiu Xiu, la violence en moins, l’éparpillement en sus, mais en impressions d’une maîtrise assez évidente des genres…

     

    En Australie enfin, CHARGE GROUP et “Escaping Mankind” (Own Records) pour un disque d’atmosphères planantes (cf. les morceaux les plus calmes de Mogwai), agrémentées de cordes et d’un chant langoureux, qui rappelle les compositions des oubliés Arid. Quelques instrumentaux posés (dont le long et appréciable “Speakeasy Death Song“) et de la douceur comme vecteur principal… le versant paisible des rocks contemporains, calibré précisément pour flirter avec l’ennui sans toutefois le déclencher…

     

    THE SEVEN MILE JOURNEY – “The Metamorphosis Project” : intense guitars and long instrumental compositions reminding of Explosions In The Sky and Mono, fractures and broken rythms but slow evolutions and “quiet excitements” /// PENELOPE SULLA LUNA – “My Little Empire” (Nagual Records) post-rock under construction that still seeks its optimal length, that hesitates between noise and atmospheric touches and that searches the degree of its violence and what to add to its music (a violin, some electro…). A certainly promising draft… /// BLAKE/E/E/E – “Border Radio” (Unhip Records): multiplicity of styles, from folk to dub, sometimes almost punk and always complex. Strange music, fascinating and disconcerting… /// AMUTE – “Infernal Heights For A Drama” (Still Records): vaguely post-industrial folk, vocals, electronica and strange sensations, too long or too short songs, hypnotic and rough, Xiu Xiu with less violence… /// CHARGE GROUP – “Escaping Mankind” (Own Records) : strings and languorous voice, peaceful atmospheres, great instrumental songs (expecially “Speakeasy Death Song“) and softness…

     

     

    Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS
    Posted by Julien on April 22, 2009

    THE BIRD AND THE BEE – Ray Guns Are Not Just The Future

    Un double patronyme bucolique pour un couple musical (Inara George et Greg Kurstin) dont le premier album sous ce nom, aux senteurs pop papillonnantes et aux charmes faussement naïfs, avait beaucoup plu. Et le succès donnant des ailes et des moyens de réaliser ses fantasmes, on se plait à imaginer ce nouvel album comme la bande son idéale d’une comédie musicale des sixties, un vieux James Bond, un OSS 117 ou un “L’Homme De Rio” emblématique: Brésil en terre d’accueil, chaleur et espièglerie derrière une sérieuse ou amoureuse mission, avec détour bref en Asie (“Love Letter To Japan“, quatre minutes d’éclatante perfection pop) et des “agents” armés d’une panoplie redoutable : sensualité, candeur, style et classe… Electro soft, jazz moderne et diversité des effets, la voix suave de la dame faisant tout le reste : l’album dont on peut tomber amoureux l’espace d’une séance…

    Blue Note/EMI

    Inara George and Greg Kurstin, charming pop and jazzy modern songs and lots of sensual feelings, like the soundtrack of a James Bond movie taking place in Brazil in the sixties, hot and delightful ! A record one can fall in love with…

    Web : The Bird And The Bee

    Categories: DISQUES
    Posted by Julien on April 18, 2009

    HOLDEN – Fantomatisme

    Je ne comprends peut-être pas toujours le monde qui m’entoure ou bien je n’ai pas envie d’essayer d’en saisir ses contours, je le fuis en d’autres continents, j’ai des envies de paysages éthérés, d’innocents dessins animés où les champs en fleurs se parent de brumes rêveuses, j’ai en tête des jolies phrases imagées et poétiques, j’entends des instruments moelleux et des sonorités amusantes ou berçantes, des frappes dans les mains qui donnent envie d’entamer des rondes et autres danses, une voix caressante et des pensées parfois érotiques parce qu’il n’y a rien d’honteux à cela, je flotte parfois, je me surprends à la belle somnolence, aux murmures qui reprennent les refrains, les mélodies, les tournures qui savent enchanter, je me repais de ces nourritures un peu intellectuelles il faut l’avouer, je repousse toute notion de gravité et me contente d’effleurements plaisants. Tout cela n’est que chimère, une expression de fausse naïveté, je le sais. Mais je suis bien, j’écoute Holden et je me complais dans cette douce illusion…

    Le Village Vert/Pias

    Ethereal landscapes, dreamy haze, pretty and poetic phrases, soft instruments and sounds, a charming voice and sometimes erotic thoughts… Fantasy of course, but a pleasant one.

    Web : Holden

    Categories: DISQUES
    Posted by Julien on April 13, 2009

    HOT GOSSIP – You Look Faster When You Are Young

    Du Blur dans le sang (cette évidence pop assimilée dès le biberon) et de la vitesse d’exécution, il faut être inutilement précis et méticuleux pour déceler dans l’accent une infime touche de non-anglophonie. Hot Gossip est originaire de Milan comme d’autres le sont de Leeds ou Manchester : ils ont du supporter des équipes de foot différentes mais ont usé leurs converses sur les mêmes rythmes et mélodies à la hargne toute britannique, et pu ainsi faire un rock encore adolescent, saccadé (à la batterie ici essentielle), aux cordes qui claquent et au chant un peu forcé (on retrouve parfois la tonalité des frères Pace de Blonde Redhead). Pop-rock énergique, festive souvent et remarquablement cohérente de bout en bout (la brièveté du disque n’étant pas un critère déterminant, ni même un reproche), la matière de Hot Gossip s’autorise aussi l’excellence dans les morceaux plus lents (“You Better Know“) et s’attire forcément les faveurs des jugements ouverts. Le rock italien, souvent confiné en des postures post-rock pesantes et limitées, s’offre ici une alternative aux desseins internationaux plus que crédibles. Le temps d’une mode…

    Ghost Records

    Lots of Blur, lots of speed, lots of energic pop-rock songs, lots of drums, a record remarkably consistent from start to finish. Italian rock, often confined to dark and unknown post-rock bands, finds here a great and credible hope for international success in the fashionnable pop world…

    Web : Hot Gossip

    Categories: DISQUES
    Posted by Julien on April 4, 2009

    BISHOP ALLEN – Grrr…

    Les parentés sont plutôt aisées à déterminer, une pop entraînante lorgnant vers des comptines folk, des chansons à l’esprit presque enfantin qui pourraient être interprétées, avec foi et enthousiasme, par des Noah and the Whale (légèrement) moins expansifs. Une descendance évidente avec un Jonathan Richman frondeur (l’âme légère et le songwriting de goût, incontestable), un cousinage probable avec Darren Hayman (l’abnégation et un sens, personnel, du perfectionnisme pop), des filiations agréables à énumérer… La pop minimale, parfois “exotique” de Bishop Allen fournit plaisirs et perles miniatures (“The Ancient Commonsense Of Things“, “The Lion & The Teacup“, “Don’t Hide Away“...), entre décontraction souriante et visions plus sérieuses, et entraîne fanatisme continu ou contentements durables. Et en aucun cas, indifférence lasse, le disque ayant l’heur de se bonifier au fur et à mesure des titres et des écoutes, garanties supplémentaires de ravissement…

    Jagjaguwar/Differ-Ant

    Catchy pop and folk rythms, childlike spirit and similarities with Jonathan Richman and Darren Hayman, minimal and sometimes “exotic” tunes, great songs (“The Commonsense of Ancient Things“, “The Lion & The Teacup“, “Don’t Hide Away“...) and big smiles…

    Web : Bishop Allen

    Categories: DISQUES
    Posted by Julien on April 4, 2009

    THE ELDERBERRIES – Ignorance & Bliss

    Autant Clermontois que citoyens du monde, mais anglo-saxons d’affinités, vêtus de cuirs noirs, déferlant en horde sauvage, au volant de Harley surpuissantes, AC/DC dans le collimateur et tout une bande d’apprentis copieurs limités en guitares déjà loin dans les rétroviseurs, quelques vieux briscards dépassés et expédiés dans le bas-côté en queue-de-poisson assumées. Un disque pro qui affirme son caractère trempé, avec peut-être un peu plus de retenue que sur le “Nothing Ventured, Nothing Gained” précédent (“It Doesn’t Really Matter“, “Far Away“) et qui présente autant de signes de faiblesse et/ou d’essoufflement (“Visions“…) que de raisons supplémentaires pour un enthousiasme renouvelé (“Au Bikini“, “Sick Of Silence“)... pour ceux qui portent la guitare en étendard et une certaine idée – plutôt hard – du rock.

    Sophiane/Discograph

    Clermont-Ferrand, black leather and AC/DC, second acclaimed record, heavy guitars and young team…

    Web : The Elderberries

    Categories: DISQUES