Posted by Julien on August 22, 2008

GOTYE – Like Drawing Blood

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De la collection de vinyles ou de mp3 naît la compilation de sampling, et la matière première, riche, foisonnante, malléable pour qui sait extraire l’essence, délicate entre doigts experts. Point de collage, cuts sauvages et rapiècements hasardeux qui font rimer sans cohérence et vibrer aléatoirement, ici c’est panoplie déployée d’un défilé de mode sobre, élégant, de haute facture mais portable, cousu main avec la précision et la dévotion de l’artisan. De la tenue et du savoir-faire pour un Belge exilé aux antipodes australiennes, de retour en visées “prophète” et internationales… Brodages autour de rythm’n’blues contemporain, de funk lettré (“Learnalilgivinanlovin” bluffant), de trip-hop suave (“Hearts A Mess“), de new wave réinterprétée (“Seven Hours With A Backseat Driver” exemplaire) et d’autres éruditions stylistiques… Les effets sont plaisants car familiers et le patchwork sonore agréable à l’écoute, même si la démonstration s’épuise parfois en longueurs dispensables et en étranges redites.

Lucky Number/Differ-Ant

A rich collection of LPs and a gift for sampling and creating new things from “ancient” sounds : modern and great r’n’b, elegant funk (“Learnalilgivinanlovin“), soft trip-hop (“Hearts A Mess“) or new wave revisited (“Seven Hours With A Backseat Driver“)… know-how and devotion : the results are pleasant and familiar, the record is nice to listen to, despite a tendancy for too long songs…

Web : Gotye

Categories: DISQUES
Posted by Julien on August 12, 2008

GIARDINI DI MIRO – Dividing Opinions

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Hood, Piano Magic, Sophia… comme une sorte d’internationale d’un rock de seconde zone (mais pas de seconde division), flottant dans un espace-temps arbitrairement bloqué à la fin des années quatre-vingt-dix et évoluant peu depuis, si ce n’est en maturité, en accessibilité et (raisonnablement) en visibilité. Ainsi les italiens de Giardini Di Miro, autres membres de cette catégorie bancale des groupes aux contours stylistiques flous : post-rock assimilé et conservé comme base sure (un goût affirmé pour les cordes…), rock planant et d’habitudes lentes avec des volontés d’accélérations et de décollages parfois, constructions pop élaborées mais refusant de se cantonner à ce registre tendre, engagements politisés et refus de céder (l’endurance, dix ans d’existence déjà…) et l’intégrité locale pour des chansons sans artifices ni esbrouffre mais avec la mélancolie belle (“Cold Perfection“, “A Guide To Rebellion“). Sombre et secret, évidemment…

Monopsone/Differ-Ant

Hood, Piano Magic, Sophia and now italian band Giardini Di Miro (a ten-year-old band though…) : a sort of international rock “religion” devoted to mature post-rock ( a secure basis for their music, taste for violons…), floating rock (sometimes willing to take off or to accelerate), pop but not soft, political and with a strong integrity… Beautiful melancholy (“Cold Perfection“, “A Guide To Rebellion“), dark and secret of course…

Web : Giardini Di Miro

Categories: DISQUES
Posted by Julien on August 5, 2008

TOUR D’HORIZONS # 17 – Bang Gang, Melpo Mene, Dark Captain Light Captain, The Explorers Club, The Zutons

Visuel BANG GANG.jpg Visuel MELPO MENE.JPG Visuel DARK CAPTAIN LIGHT CAPTAIN Circles EP.jpeg Visuel THE EXPLORERS CLUB.jpg Visuel THE ZUTONS - You Can Do Anything.jpg

Envies de guitares moins criardes et de chants moins énervés. Un peu de sérénité et d’oubli des tensions, en évoquant quelques disques qui ont le bon goût d’œuvrer dans une pop classieuse et éduquée, érudite mais accessible. Pour commencer, deux disques de choix.

Bardi Johannsson, dont on a passionnément aimé le “Haxan“, revient en formation pop avec BANG GANG et un “Ghosts From The Past” (Bang/Discograph) aux sons fluides et aux emballements maîtrisés. Les chansons s’y ressemblent mais ne se confondent pas (le disque doit, en cela, beaucoup au “Virgin Suicide” de Air), cohérence remarquable et belles fulgurances (“Everytime I Look In Your Eyes“, “One More Trip“…), vives idées réfrénées (“Black Parade“, l’Islandais étant trop poli pour se laisser aller aux larsens et stridences) et un sens de la réalisation impeccable. Une Keren Ann complice en fin de disque, pour un supplément de délicatesse, de l’élégance et de la douceur : un disque très féminin en somme, et un sommet, vraisemblablement…

MELPO MENE et “Bring The Lions Out” (Imperial Recordings/Differ-Ant) et une approche toute scandinave de la distinction pop : jazzy langoureux teinté d’acoustique et de sonorités bossa-nova, voix feutrée et instrumentations sensuelles, susurrer plutôt que s’époumoner, préférer les pianos et les violons aux guitares électriques et distiller douceurs et voluptés à foison (“Snakes And Lions” une pépite). Lounge élaboré et goût assuré…

Se dévergonder un peu avec DARK CAPTAIN LIGHT CAPTAIN et un “CirclesEP (Loaf Records) qui distille des impressions en bribes : Beta Band en moins dépenaillé et moins dépareillé, Notwist dans le souci du détail ou encore Kings Of Convenience dans le folk propre sur lui. Étonnamment produit par Robin Proper-Sheppard (Sophia), ce quatre-titres respire l’envie de bien faire et de la justesse des sons, et fait paradoxalement craindre un prochain album excessivement précieux. A suivre…

Surf-pop ou pop de plage avec le nostalgique “Freedom Wind” (Dead Oceans/Differ-Ant) de THE EXPLORERS CLUB pour une resucée assez fondamentaliste des Beach Boys. Respect et déférence, copies joliment troussées et aucune envie (ou presque : la fin LennyKravitzienne du titre éponyme) d’agrémenter l’exercice d’un peu de modernité ou de perspectives plus contemporaines… l’impression agréable de déballer un stock d’inédits, chansons certes de moindre facture mélodique que leurs glorieuses aînées, mais à l’illusion fort réussie.

Nettement moins délicats pour finir, mais sensibilité pop indéniable pour THE ZUTONS et “You Can Do It” (Deltasonic/Pias), troisième album rock aux influences toujours soul et psychédélique mais aux compositions vite lassantes. Liverpool, une saxophoniste ravissante, des affinités avec The Coral, le groupe était prometteur, il s’est paradoxalement essoufflé en allant chercher l’inspiration en Amérique. Retour aux sources fortement conseillé, il fallait briser brutalement le moment quiet…


Less tension, less raw guitars and less angry singers. A bit of serenity and records with good pop tastes…

Bardi Johannsson (a hero since his giant “Haxan“) back to pop with BANG GANG and a “Ghosts From The Past” (Bang/Discograph) : Air (“Virgin Suicide“) in mind, beautiful moments (“Everytime I Look In Your Eyes“, “One More Trip“… ), controlled pace (“Black Parade“) and a great sense of achievement, Keren Ann singing on the latest songs for an additional elegance : a very feminine record. And a great one, too…

MELPO MENE and “Bring Out The Lions” (Imperial Recordings/Differ-Ant) for a Scandinavian pop touch : jazzy acoustic sounds and bossa-nova, sweet voice and sensual instruments (pianos and violins rather than electric guitars), “Snakes And Lions” as a chef d’oeuvre, great album too…

DARK CAPTAIN LIGHT CAPTAIN and “CirclesEP (Loaf Records) : Beta Band less hippy and more elegant, Notwist in the attention to every details, Kings of Convenience sometimes… Smart references and promises for a good album if they lose some of their desire for perfection…

Surf-pop or beach-pop with the nostalgic “Freedom Wind” (Dead Oceans/Differ-Ant) by THE EXPLORERS CLUB : fundamentalist Beach Boys addicts writing songs as if they were Californians lost tunes…

Significantly less elegant, THE ZUTONS and “You Can Do It” (Deltasonic/Pias) : their third album rock still influenced by soul and psychedelic rock but quickly annoying. Liverpool, a lovely saxophonist, affinities with The Coral, the band was promising but he seems to have lost its spirit in America. A trip back to its sources is strongly advised…

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS