Posted by Julien on April 24, 2008

MELINGO

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Version française ici, sur la Blogothèque


I don’t speak Spanish, I am a bad dancer and I know very little about this style. Tango is a touristic journey and a bit of nostalgia, my father loving an Astor Piazzola tape and playing it again and again when I was a kid… A music seldom heard in fact, foolishly and stupidly ignored. Some discoveries, over the years: Astor Piazzola (again) on many soundtracks (“12 Monkeys”, of course), Richard Galliano, Per Arne Glorvigen and The Gotan Project… tangos flirting with different styles (electro-jazz mostly) and fully assuming its modernity.

In 2004, Eduardo Makaroff (guitarist of the Gotan Project) launches its label, Mañana, and releases “Santa Milonga” by a singular singer, Daniel Melingo: looking like George Clooney (or a brother Pace of Blonde Redhead), an old and sexy voice à la Paolo Conte, a former punk who played its controversial rock in Argentina, Brazil and Spain. When reaching its forties, he shifted to tango, with respect for the ancients and for the national pride but also with the desire to do something different with it. Melingo’s tango is upskirt, strong alcohol and lots of smoke. It reminds of Tom Waits or Nick Cave but with a latin touch: it’s hot music, rising excitment and large doses of hip-hop, jazz and folk…

On “Maldito Tango“, his second record for Mañana (and his first real album here, the previous being a compilation), Melingo uses a similar recipe: syncope and brutal but beautiful tango, highs and lows, choirs from beyond the grave and a crooner singing. Melingo is a repentant bad boy, a real sensitive macho whose songs have tender hearts and lot of charm. His tango has nothing to do with the music played under the same name last century, his tango is full of desires and sex…

Web : Melingo

Categories: BANDS, DISQUES
Posted by Julien on June 5, 2007

SHEEDUZ

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Avec le temps et l’expérience, on prête progressivement moins d’importance aux apparences, apprenant qu’il faut se méfier tout autant des habits des moines que des fripes victoriennes des jeunes filles en fleur…

Cliché évidemment pratique, Sheeduz est trio féminin aux fins cheveux longs et poses d’anges, faiseuses d’atmosphères éthérés aux apprêts de sirènes. Et à l’instar de ces dernières, c’est musique en ruse aisée pour mieux séduire en douces violences, rock aux origines étrangement métal et déjà un peu dissoutes dans les compositions sophistiquées, qui en conserve la force de frappe et troque sa brutalité contre une forme plus aboutie de puissance. Petit et singulier cauchemar d’intervieweur et façon involontaire de brouiller les pistes, ce sont trois Audrey, influences indé post-grunge et logiquement chant en anglais pour approcher les idoles. Des concerts fort remarqués, quelques récompenses et encouragements, de hautes marches gravies rapidement et le premier aboutissement d’un album autoproduit, très professionnellement conçu.

L’apport d’ingénieurs chevronnés au son, des conseils avisés, patience raisonnée, la liberté de ton gardée et, logiquement, la satisfaction légitime du bel ouvrage “A Frozen Moment“, instantané d’époque, évidence que trio (batterie, guitare, chant) n’oblige pas qu’au minimalisme et au dépouillement, l’oeuvre s’enrichissant de piano, de basse et d’atouts supplémentaires éparpillés au gré d’envies esthètes. Des morceaux complexes, éprouvés, qui s’affranchissent de toutes pressions (“Sick Boy“, aucun risque de reddition), s’épanouissent pleinement malgré leurs formats courts, et qui, insidieusement, s’impriment d’emblée (“Welcome To Mine” en accroche). “Run“, c’est course folle dans un château hanté, trois princesses aux pieds nus et un imaginaire de voiles, de tentures, de légèretés et d’enchantements vaporeux, des souffles qui donnent frisson. Ailleurs ce sont des impressions tenaces, la véhémence intégriste d’une Polly Jean Harvey, la fureur d’une Chan Marshall, d’une Shannon Wright des grands soirs dans ces manières rares et parfois effrayantes de tourmenter les guitares ou les claviers, étonnantes mutations d’une Audrey chanteuse, sage d’apparence, qu’on jurerait ainsi incapable de tels assauts de rages, de tels épanchements de férocité, de tels effusions par instants. Accalmies également, mais mêmes les répits (“Lullaby“) font acoustiques comme on donne le change, tension sous-jacente et urgence qu’on sent trépider sous les doigts et les cordes vocales. Détours références cabaret rock (“The Queen’s Prayer II“), Dresden Dolls voire Marilyn Manson ou Brecht version noisy, partis pris justificatifs d’une volonté artistique poussée, qui transpire dans les moindres notes, arpèges ou envolées lyriques. Multiplicités…

A l’analyse : plusieurs univers en un, émois de jeunes adultes encore nostalgiques de leurs adolescences et ambitions plus réfléchies quand confrontées à la réalité. Il y a maladresses forcément, quantités négligeables de celles qui font trop ressembler à d’autres quand les prédispositions font pourtant étinceler dans la propre et unique expression. Mais la volonté, élément déterminant et la certitude de lendemains qui (en-)chantent : il y a dans ce premier album un on-ne-sait-quoi de première pierre, de fondation sur laquelle on bâtit une œuvre, de point d’ancrage, phare vers lequel on se retournera toujours pour mesurer le chemin parcouru et de conforter des valeurs initiales et encore présentes. L’exercice déjà maîtrisé de la scène et l’assurance du progrès, le souci aussi de plaire, ici avantage plutôt que compromission regrettable…

Qualités nombreuses donc, encore, beaucoup, passionnément, on évitera à la folie mais on ne s’empêchera pas de se laisser sombrer. Après tout, c’était bien le dessein ultime des sirènes…


A practical stereotype obviously : Sheeduz is a female trio with long hair and angels smiles, almost sirens. A music made of sweet violence, once metal and now more sophisticated and ethereal, always powerful but less brutal. Three Audrey in the band (a little nightmare for interviewers), grown up with grunge music and logically singing in English. Great concerts, some rewards and encouragements, high steps quickly climbed and now… an impressive first album. “A Frozen Moment“, smart title, proof that trio (voice, guitar, drums) doesn’t always means minimalism: piano and bass, acoustic sometimes, for complex songs simply sung… “Run“: an insane pursuit in a haunted castle, three princesses with naked feet, vaporous atmosphere and stimulated imagination… “Welcome To Mine” as an obvious single, the fervour of a soft Polly Jean Harvey or of a Chan Marshall in love, subjacent tension and permanent urgency. Some cabaret rock (as if Brecht had written a noisy rock opera)… Several universes in one, an album as a solid foundation and of many passions…


Album : “A Frozen Moment” (Autoproduction)

www.sheeduz.com

www.myspace.com/sheeduzlegroupe

21/06 : Saint-Ouen, Mains d’Oeuvres

23/06 : Flémalle (Belgique), Fiesta du Rock

28/07 : Le Touquet, Festival Rock en Stock

08/09 : Raimes, Raimesfest

Categories: BANDS, DISQUES
Posted by Julien on April 18, 2007

AGORA FIDELIO

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Lettré et altier

Immédiatement, c’est le sentiment d’exigence qui prime. Des boucles envoûtantes de “Une Epoque Formidable” à la sobriété (dans le dépouillement puis l’exutoire noisy maîtrisé) de “A Blanc“, c’est un groupe évidemment lettré qui est à l’œuvre, qu’on devine travailleur artisan consciencieux dans son art et sa manière de le façonner.

Précision des mots et des notes, pesée des effets et refus de la facilité, maîtres mot d’un troisième album qui semblait quasi-miraculeux pour première œuvre (on était passé à côté des précédents : “Une Histoire De Chair” en 2002 et “Altitude Zéro” en 2004). L’impression tenace de tenir le complément idéal à la trinité initiée mais inachevée avec Diabologum et Erik Arnaud, celle d’un post-rock expansif et bavard, en français, avec ce que cela signifie de revendications : le contentement nécessaire de soi, la volonté farouche de faire mieux, la tentation de l’expérimental, la satisfaction de la complexité. Mais aussi les sacrifices : l’abandon (provisoire) des rêves de gloire (à l’export), la relégation dans les sphères les moins exposées, le métier remis cent fois sur l’ouvrage, le besoin d’exceller pour être reconnu et la résistance obligée aux découragements.

Alors, presque faire de la chanson française car orfèvre en paroles et doué en mélodies, et puis c’est noble dessein… S’y consacrer (“Ma Violence” si elle était plus pop, mais ce serait dommage) et finalement renoncer car au-dessus, lyriquement parlant (« Qui ne promet rien / donne quelque chose / à ceux qui s’opposent / aux désillusions / Qui ne sourit pas / donne quelque chose / à ceux qui s’opposent / aux effusions » sur “De La Non Nécessité Du Courage“). Et puis les tiraillements dans les mots, dans les bras, la tentation de muscler sa prose et son jeu…

S’abandonner ainsi au rock au port altier, l’élaborer patiemment, créer ambiance tendue lancinante et succomber à des démons bien agréables : les volontés d’accélération, le chant qui voudrait s’émanciper, forcer les traits, hurler plus souvent (“Mourir“, “On Sème“…) et finir chaos, restes hardcore. “Finir A Paris” ou “Palatina“, emblématiques d’une musique profondément organique, qui flotte entre plusieurs urgences et qui se forge peu à peu son style cohérent dans ses éclatements, violents par endroits, hanté toujours.

On ne cherchera pas à rencontrer tout de suite les auteurs, conscient qu’il faut une part d’inconnu pour apprécier encore ce jardin de moins en moins secret. L’épreuve de la scène cependant pour révéler d’autres mérites, l’appropriation d’un espace et l’expansion des effets : l’image devrait être aussi soignée que le son, si la rigueur inhérente au disque se veut portée plus large (et pour s’accorder aussi à la distinction d’une pochette somptueuse) et si le respect des ses propres engagements est question d’honneur… et d’enchantements rock, ce dont on ne doute pas. Il faudra faire confiance, aveuglément, traverser des brumes sonores fort accueillantes si l’on aime les émotions enveloppantes.


Charming loops (“Une Epoque Formidable“) and sobriety (“A Blanc“, even when noisy)... an erudite and perfectionnist band : precision of sounds and lyrics, temptation for experimental rock, ambitions in post-rock but real talent for chanson française also… organic music, sometimes violent, always haunted. “Finir A Paris” or “Palatina“, emblematic of urgency, mix between soft hardcore chaos and some quiet resignation…

Dernier Album : Le Troisième Choix (Jerkov/Mosaic)

Concerts :

28 avril : Mac Daids (Le Havre) / 29 avril : Flèche d’Or (Paris) / 30 avril : La Malterie (Lille) / 03 mai : l’Escapade (Clermont-Ferrand)

www.agorafidelio.com

Categories: BANDS, DISQUES
Posted by Julien on April 3, 2007

THEE, STRANDED HORSE

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Précieuse pierre

C’était un secret bien gardé, testé en petits comités, éprouvé et peaufiné dans l’intimité et dans les compagnies judicieusement choisies, enclines à apprécier à juste valeur ce saut hors de l’ordinaire, dans une association inédite à ce jour à ce niveau de talent, d’acoustique guitare et de ce noble instrument qu’est la kora.

Sous ce nom abscons (littéralement : toi, cheval échoué), c’est Yann Tambour, deux albums sous le nom d’Encre, recueils intimistes et sombres, samples et électro lents, et susurrements en guise de chant. Une œuvre en devenir qui faisait la part belle aux ambiances étrangères, inhabituelles et fascinantes d’hypnotisme. En prolongement et prémices à la fois, un morceau hommage au maître Toumani Diabaté, et l’envie d’en découdre avec la Kora, de croiser les talents avec le Malien Ballaké Sissoko et d’apprendre l’instrument dans le respect des traditions et avec l’envie, non pas de les bousculer, mais d’en créer d’autres.

Churning Strides” en premier format long et occasion d’en faire le panégyrique et de dire des louanges. Cordes cristallines et jeu fluent, ce n’est pourtant plus déjà la sagesse de l’Afrique, les profondeurs de ses rites, mais son héritage fantasmé, transposé en une vision nouvelle unique, universelle presque où les civilisations se croisent et s’observent timidement. Pas de fusion artificielle, pas de mixité forcée ni d’obligations, tout juste de l’entrelacement et des circonvolutions timides, plutôt une distillation des essences et des essentialités… Les morceaux sont ainsi livrés à une logique propre, se créant leur originalité en inégales longueurs, en structures tout sauf conventionnelles en juxtapositions et cohabitations savantes (“Sharpened Suede“). Rythmiques et boucles lancinantes, obsédantes (“Swaying Eel“), folk décharné rescapé des oubliées Appalaches (le titre éponyme, splendide), blues minimaliste conscient de ses origines (“Tainted Days“), des petites merveilles de cordes sobres et de chuchotement, chant étouffé et troublant, ou lâché, expressif ou nasillard… et qu’on juge fragiles car tissées sur des ficelles et à la merci du moindre bris. Et, “Le Sel“, favorite sans raison particulière si ce n’est le charme élémentaire du dépouillement plaintif ou de l’incompris, une subjectivité qu’on revendique.

L’ensemble s’appréciera dans la pénombre d’une chambre dépouillée, dans le silence attentionné et chaleureux d’une salle dévouée, dans un désert chaud et les troubles des mirages, tous lieux de recueillement et d’écoutes exigeantes. Et garantissant le sentiment du privilège accordé, reconnaissant pour un disque en dialectique de pierre précieuse, que tout le monde devrait connaître, mais que peu posséderont.


A well-kept secret, tested in the intimacy of small and selected committees. Talent, acoustic guitar and this so noble instrument : the kora. Under this rather obscure name, Yann Tambour, two albums with Encre : collections of dark songs, intimist samples and slow electro. Then, a sort of fascination for Toumani Diabaté and the will to learn the kora with Balaké Sissoko : respect for its african roots but also desire to “adapt” it to his own influences and desires. And therefore “Churning Strides” : a new vision where depths of traditions are transposed into future. No artificial fusion… the songs have their own logic, creating their universe in unequal lenghts : erudite cohabitations (“Sharpened Suede“), obsessing loops (“Swaying Eel“), emaciated folk from dreamed Appalachian Mountains (the eponymous song), minimalist blues (“Tainted Days“) and “Le Sel“, our favourite without particular reason if not the elementary charm of the misunderstood. It would be appreciated in the half-light of a naked room, in a hot desert, in all places for meditation… and pleasure.

Dernier Album : “Churning Strides” (Talitres/Differ-Ant)

Concerts:
15 avril : Vpro Dwars Festival (Amsterdam, NL) /
19 avril : La Condition Publique (Roubaix) /
27 avril : Bibliothèque Municipale (Lyon) /
28 avril : Bibliothèque (Nanterre) /
6 mai : Festival Les Nuits Botaniques (Bruxelles, B) /
7 mai : Cabaret Electrique (Le Havre) /
10 mai : Point Ephémère (Paris) /
11 mai : Olympic (Nantes)

www.myspace.com/theestrandedhorse

Categories: BANDS, DISQUES
Posted by Julien on June 4, 2006

DEPECHE MODE … une vision personnelle

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Une messe avec Saint Gahan et Saint Gore

Quand Dave Gahan prend la pose, bras tendus à l’horizontale et tête jetée en arrière, crucifié, il est le Christ et sa parole est évangile. Une icône offerte, acclamée en démesure, et vénérée dévotement par les fidèles…

Entrer en Depeche Mode comme on entre en religion ? Le rapprochement est évidence, dans le vocabulaire d’abord : un précédent tour fut devotional, l’album récent joue l’ange et les chansons, en décennies successives, parlent de pêcheur, d’un Jesus personnel, de douleur et de souffrance, implicitement liée à une étrange foi… et des “God” (lequel ?) à foison ! A l’unisson, la scénographie et l’iconographie mettent le trio sur un piédestal, prêt à être loué en toutes circonstances (photos discrètement idolâtres d’Anton Corbijn), et l’histoire se fait symbolisme : longtemps Dave Gahan était le mal, mauvais garçon de noir vêtu, coupable d’excès et de luxure ; Martin Gore, en une étrange discrétion parallèle, était le bien, l’ange blanc évidemment. Las, les couleurs s’altèrent, s’alternent en se mêlant, et le rapport s’inverse peu à peu peut-être : Gahan en rédemption oublie, s’iconifie et on l’absout de ses pêchés passés, convaincu de la métamorphose salutaire ; Gore en profite pour laisser démons envahir son ego et s’affubler d’oripeaux étrangement païens… Andrew Fletcher, le troisième homme, décidemment trop dans l’ombre et tellement peu charismatique pour un homme d’espérance, restera étranger à cette étrange religiosité.

Alors, Depeche Mode en nouveau culte, il faut ainsi une messe pour canaliser tant de ferveur, une arène, un hall à défaut d’une cathédrale suffisamment vaste pour abriter une foule dévote, à l’identification facile, prête à s’enflammer pour ces musicales paroles. Le concert est envoûtant évidemment, intense en émotions et dansant ce qu’il faut pour fédérer les corps (les âmes étant déjà touchées). Brutalité d’un “John The Revelator” essentiel dans les premières minutes, lourdeur et pesanteur des sons de basses et des claviers multiples, alternance idéale et cohérente de vieilles prêches entrées dans le patrimoine culturel (“Question Of Time“, “Enjoy The Silence“, “Never Let Me Down Again“,…) et nouveaux sermons appris par cœur dès leur publication et écoutés respectueusement (“A Pain That I’m Used To“, “Precious“…). Depeche Mode est en roue libre, au sommet de son art ; une machinerie imposante qu’on préférait pourtant quand elle avait plus d’humanité, mais paradoxalement, en s’abritant autant derrière les machines et les écrans, les artistes/objets d’adoration en deviennent plus fragiles, plus vulnérables, plus humains. Et qu’importe finalement : les moments de grâce et les déclenchements de foi sont suffisamment nombreux pour qu’on pardonne tout, évidemment, dans un élan partagé de communion. A genoux donc, pour une prière singulière…

A Mass With Saint Gahan And Saint Gore

When Dave Gahan strikes a pose, arms spread to horizontal and head back-tilted, he is the Christ and his words are Gospel. An icon offered, crucified, acclaimed in disproportion and venerated with devotion by the faithful ones.

Entering in Depeche Mode like one is entering in religion? The parallel is obvious, in the vocabulary first : a former tour was devotional, the latest album plays the angel and the songs, year after year, talk about sinners, a personal Jesus, pain and suffering and so many “God” in the lyrics… a strange lyrical faith, in fact! In unison stage layout and iconography put the trio on a pedestal, ready to be praised in any circumstances (Anton Corbijn’s discreetly idolatrous photographs) and history is made in symbolism: a long time ago Gahan was the evil, very bad boy dressed in black and guilty of excess and lust, whereas Gore in a strange opposed echo was the good one, a white angle of course. Alas, colours fade, the relation slowly swaps roles: Gahan is redeeming and we forgive him for his sins, convinced by his salutary metamorphosis, while Gore takes this opportunity to let demons invade his ego and wear curious pagan rags. Andrew Fletcher, the not-at-all-charismatic third man, stays in the shade and remains foreign to this strange religiosity.

So, if Depeche Mode is a new worship, it needs a mass to channel such an amount of enthusiasm, an arena, a hall if not a sufficiently vast cathedral to shelter a devout crowd ready to ignite for these musical words. The concert is bewitching obviously, intense in emotions and federating bodies (souls being already touched): “John The Revelator” is coarse, essential in the first minutes, bass sounds are heavy and keyboards fluent in an ideal and coherent alternation of old sermons already parts of an historical heritage (“Question Of Time“, “Enjoy The Silence“, “Never Let Me Down Again“, …) and new ones already learnt by heart and listened to respectfully (“A Pain That I’m Used To“, “Precious“, …). Depeche Mode is at the top of its art, a commanding machinery that we much preferred when it had more humanity but paradoxically, while hiding behind so many machines and screens, the artists are becoming more fragile, more vulnerable, more human. And what does it matter after all ? The moments of grace and releases of faith are so numerous that all is forgiven, in a shared outburst of Communion. Bent knees, for a singular prayer…< —82e63654bf9eac7d11c476b13cbe7b99—>

Categories: BANDS, CONCERTS