Posted by Julien on March 12, 2010

TOUR D’HORIZONS # 39 : The Sugar Plum Fairy Pr, Gush, La Maison Tellier, The Rodeo, Colin Chloé

THE SUGAR PLUM FAIRY PR et “Shades Of Grey” (Montauk/Codaex) : l’absence de complexe hexagonal, le talent et le brin d’inconscience nécessaires à un deuxième album qui, sans exagération ni flagornerie superflue, chasse sur des terres jusque là réservées aux grosses machineries (Vénus, Phoenix voire Coldplay ou Muse) sans détonner dans le paysage. Quelques titres sujets à caution, éclipsés par des arguments efficaces (“Not For Real“, “The Chatter Box“) et une voix assurée et rassurante.

GUSH et “Everybody’s God” (Cinq7/Wagram) ou l’art de l’embrouille élaborée, tentatives (et réussites) de fausser compagnie aux styles et étiquettes, dans un anglais maîtrisé et avec gouaille et brin d’arrogance pardonnable. Musique pop fugace à danser et consommable avec plaisir immédiat, mais au très fort risque d’overdose et d’étourdissement conséquent. De la sucrerie en somme…

LA MAISON TELLIER et “L’Art De La Fugue” (3ème Bureau/Wagram) : s’imaginer dans le désert ouest-américain mais enregistrer au fin fond de la terre brayonne, s’inscrire dans les pas de Bertrand Cantat ou d’Alain Bashung mais sonner parfois comme du Francis Cabrel automatique, se prendre pour 16 Horsepower ou Calexico mais rester crédible, se fourvoyer dans le patchwork décousu mais ne jamais renier désirs, ambitions et plaisir de jouer. A force de courage et de viser haut (et au-dessus de beaucoup déjà), La Maison Tellier visera bientôt juste peut-être…

THE RODEO et “Hotel Utah EP” (Emergence/Naïve) : un folk rock cow-boy d’ici à la mode, décomplexé, un peu dévergondé et qui se veut original (“Cha Cha Cha” ou “Amazin’“, une reprise de Kanye West) mais qui pêche dans les compositions et les intentions malgré d’indéniables qualités d’exécution et une voix idéale dans le genre. La saturation, peut-être ?

COLIN CHLOE et “Appeaux” (YY/Discograph) : un chanteur breton à affinités Miossec-Tiersen, mais le verbe moins pendu que le premier et la musique moins “folklorique” que le second, chantant fables graves, métaphores sérieuses et bluettes à l’identique, sans variations de tons ni d’ambiances. Marin épargné par la Providence, assassin ou forçat, ses personnages perdent leurs singularités au profit d’un hybride lassant à la longue, trop timoré peut-être pour ses ambitions…

Five french bands… THE SUGAR PLUM FAIRY PR and “Shades of Grey” (Montauk) great pop rock reminding of Venus, Phoenix or even Coldplay… /// GUSH and “Everybody’s God” (Cinq7) : many talents but too many styles (folk, rock, strange candy pop) and a foreseeable quick overdose… /// LA MAISON TELLIER and “The Art of Fugue” (3ème Bureau) : folk-rock band from Normandy, dreaming of western american desert and sounding like Calexico or 16 Horsepower… /// THE RODEO and “Hotel Utah EP (Emergence) : uninhibited cowboy folk covering Kanye West (“Amazin”) but lacking of a bit of experience… /// COLIN CHLOE and “Appeaux” (YY) : songs from Britanny full of drunken sailors and similar characters…

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Posted by Julien on February 21, 2010

TOUR D’HORIZONS # 38 : Richard Walters, Ryuichi Sakamoto, Fryars, Setting Sun

RICHARD WALTERS et “The Animal” (Kartel/Naïve) : premier album d’un songwriter anglais doué, à la voix frêle et aux compositions fragiles, tendues et en équilibre sur des fils de notes de piano et d’arrangements savants. Une classe évidente, sens pop indéniable et des envies palpables de grandeur, les morceaux, même épurés, déjà calibrés pour être accompagnés ultérieurement d’orchestres et de chœurs (“We have Your Head” en illustration et coup de coeur).

RYUICHI SAKAMOTO et “Playing The Piano” (Decca/Universal) : des interprétations en dépouillement piano et feutre de ses propres thèmes méconnus ou unanimement reconnus, de ses bandes originales de film ou de ses pièces de jeunesse. Ouaté et presque convenu parfois, les adeptes des piano-bar jazzys apprécieront certains titres (“Bolerish“, “The Last Emperor“…), les autres préfèreront les morceaux plus rythmés (“Thousand Knives“, “Riot In Lagos“…).

FRYARS et “Dark Young Hearts” (Yarcorp/Naïve) : pop synthétique purement britannique (avec accent éloquent) qui revisite l’esprit Babybird ou Divine Comedy en des versions vitaminées et soignées à la Pet Shop Boys (“Lakehouse“, “Olive Eyes“), haut de gamme en production et en effets, avec goût mais parfois jusqu’à l’excès inhérent à ce genre, et l’overdose conséquente…

SETTING SUN et “Fantasurreal” (Young Love Records) : l’ambition electro-pop-folk orchestrale de Gary Levitt, ambitieuse mais raisonnable, en paysages souriants et intentions bonnes et louables. Enjoué et entraînant le plus souvent, le disque inspire sympathie et attachement et connaît quelques moments d’envergure remarquables (“Driving” ou l’instrumental “I Live Mellotrons“).

RICHARD WALTERS and “The Animal” (Kartel) : first and smart pop album from a gifted english songwriter /// RYUICHI SAKAMOTO and “Playing The Piano” (Decca) : simple, touching and often beautiful piano versions of his “famous” themes /// FRYARS and “Dark Young Hearts” (Yarcorp) : synthetic british pop like Divine Comedy played by the Pet Shop Boys /// SETTING SUN and “Fantasurreal” (Young Love Records) : ambitious electro-pop-folk orchestral music with good and successful intentions…

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Posted by Julien on January 23, 2010

TOUR D’HORIZONS # 37 : Lymbic Systym, Githead, Pharaohs, The Flaming Lips

LYMBYC SYSTYM et “Shutter Release” (Mush/Differ-Ant) : deux frères qui oeuvrent dans la fusion rock instrumental et électro à la Tortoise, avec machines bien huilées et mécaniques bien rodées. Efficace mais sans déclenchement d’enthousiasmes excessifs, sauf dans les morceaux les plus lents, plus convaincants et qui rappellent par moments Boards Of Canada ou même Balmorhea…

GITHEAD et “Landing” (Swim/Differ-Ant) : troisième album du projet de Colin Newman (Wire) et de ses acolytes (des membres de Minimal Compact), un ton hypnotique, des morceaux denses et cohérents malgré le partage des voix, étonnamment “pop” plutôt qu’expérimentaux, qui rappellent ceux des oubliés Snowpony et font effet lancinant, berçant malgré les décibels, subjuguant quand on s’y laisse balancer ou profondément ennuyeux quand on reprend esprit…

PHARAOHS et “We’ve Tried Nothing And We’re All Out Of Ideas” (Hip Hip Hip) : des Britanniques qui réveillent les démons de vieux groupes noisy nord-américains (Sloan, Superchunk, Sunny Day Real Estate…) en mêlant vivacité d’exécution, haute complexité des compositions, enthousiasme sans défaut et une voix à la Robert Smith juvénile qui emporte la décision finale, éminemment favorable. Belle (et trop courte) introduction…

THE FLAMING LIPS et “Embryonic” (Warner) : et le doute entre l’œuvre majestueuse (“Le Psychédélisme au vingt-et-unième siècle pour les nuls”) mais incomprise (et sûrement incompréhensible), et le ratage brouillon obscur, sorte de Animal Collective pour quinquagénaires, ou d’introduction pour jeunes au Pink Floyd expérimental avec son lot de complexités inhérentes. Un double album foisonnant (dix-huit titres, soixante-dix minutes) avec emballements (“The Sparrow Looks Up At The Machine”) et moult désemballements conséquents (le premier étant dû à l’affreuse pochette) et plus de questions que de réponses (et d’exaltation)…

LYMBYC SYSTYM and “Shutter Release” (Mush) : electro and instrumental rock between Tortoise and Boards Of Canada /// GITHEAD and “Landing” (Swim) : third album by Colin Newman (Wire) and members of Minimal Compact, hypnotic rythms, more pop than experimental, reminding of Snowpony… /// PHARAOHS and “We’ve Tried Nothing And We’re All Out Of Ideas” (Hip Hip Hip) : british band but north american inspiration (Sloan, Superchunk, Sunny Day Real Estate…) for complex songs and a voice à la Robert Smith… /// THE FLAMING LIPS and “Embryonic” (Warner) : between art (psychedelic rock for dummies) and huge swindle (Animal Collective for the elderlies)...

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Posted by Julien on January 10, 2010

TOUR D’HORIZONS # 36 : The Drums, Half-Handed Cloud, Jookabox, Gliss, The Hickey Underworld

THE DRUMS, sur “Let’s Go Surfing“, le premier titre de leur “Summertime! EP” (Moshi/Moshi/Discograph), ont piqué (involontairement vraisemblablement) l’entame “Wake Up, It’s A Beautiful Morning” aux Boo Radleys. On les pardonnera aussi tôt et volontiers, l’innocence du groupe étant une composante essentielle de la qualité de leur musique nostalgique. Réinventant les fifties avec leur propre vision idéaliste et les moyens d’aujourd’hui, le jeune duo de Floride (devenu quatuor à New York) fait son Vampire Weekend en version Beach Boys plutôt que Paul Simon. C’est frai, pop, new wave et très réussi (“Don’t Be A Jerk, Johnny” ou “Saddest Summer“)

HALF-HANDED CLOUD et “Cut Me Down & Count My Rings” (Asthmatic Kitty/Differ-Ant) : une compilation de quarante-six morceaux précédemment sortis en marge de la discographie officielle du projet de John Ringhofer, des miniatures charmantes, versions souriantes des disques de Sentridoh (Lou Barlow), quelques morceaux avec Sufjan Stevens, de la pop song de moins de deux minutes, des chansons de Noël, de l’inventivité à revendre, entre bordel innommable ennuyeux et agaçant, et révélations de pépites bancales, touchantes de sincérité à défaut de qualité supérieure et d’émois disproportionnés.

JOOKABOX et “Dead Zone Boys” (Asthmatic Kitty/ Differ-Ant) : un grand mix de tout et n’importe quoi, hip-hop punk et bricolages. Trente-sept minutes qui semblent des heures et convoquent tous styles et instruments pour des “SufjanStevenseries” hystériques, de l’électro-soul-eighties revue à la Nigo, des exotiqueries explosives, du funk travesti en folk (et l’inverse) et pas d’essoufflements…

GLISS et “Devotion Implosion” (Cordless/Differ-Ant) : trio américain versant dans le noisy éthéré et le rock aux guitares adeptes de saturations douces, comme une version brute de Placebo, faussement crade, mais léchée. Mais un chant trop maniéré et des tentations pop trop brouillées (“Beauty“) dispensent de l’adhésion directe et inconditionnelle…

THE HICKEY UNDERWORLD et “The Hickey Underworld” (Naïve) : “Blonde Fire” en single noisy imparable et une cohorte de titres furieux mais maîtrisés par ces Belges promis à une exposition large. Dans la lignée des exigeants McLusky ou autres Zico Chain, leur premier disque, éponyme, est brutal, intense, instinctif… mais totalement dominé.

THE DRUMS and “Summertime!” EP “(Moshi Moshi) : fifties and new wave nostalgia, innocence and talent and a very hype hit single “Let’s Go Surfing”... /// HALF-HANDED CLOUD and “Cut Me Down & Count My Rings” (Asthmatic Kitty) : a compilation of forty-six songs previously released on various Eps and records by John Ringhofer. Charming miniatures and boring lo-fi experimentations… /// JOOKABOX and “Dead Zone Boys” (Asthmatic Kitty): a great mix of everything and anything from hip-hop to punk. Thirty-seven minutes that seem like hours and features hysterical “SufjanStevenseries”, eighties electro-soul, explosive funk crossdressed in folk and many other things ! /// GLISS and “Devotion Implosion” (Cordless): an American trio playing noisy ethereal rock, like a raw version of Placebo… /// THE HICKEY UNDERWORLD and “The Hickey Underworld” (Naïve) including an explosive single (“Blonde Fire”) and many others brutal, intense and instinctive noisy songs reminding of McLusky and The Zico Chain…

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Posted by Julien on December 5, 2009

TOUR D’HORIZONS # 35 : La Blanche, Silvain Vanot, JP Nataf

LA BLANCHE et “Imbécile Heureux” (L’Immaculée/L’Autre Distribution) : troisième album après “Michel Rocard” et “Disque d’Or” (et son “hit” underground “Alcoolique“), né “d’une bonne dépression nerveuse consécutive à une rupture sentimentale fasciste et largement imméritée” et donc propice au cynisme un peu méchant, à l’humour noir et jaloux, aux sujets improbables (les prises d’otages, les cost-killers d’entreprises, les chantages au suicide…). Un “Imbécile Heureux” qui se livre au tendre défoulement avec des textes réjouissants (sic) sur fonds de pop légère et doucement sautillante ou bien plus sombre (“Mon Ennemi“, on pense parfois à Mendelson). Des chansons marquantes ou belles (“Je Veux Te Revoir“, “Effondrement“) et quelques tiraillements entre le sourire et la moue faussement offensée, immoral mais poliment jubilatoire…

SILVAIN VANOT et “Bethesda” (Mégaphone/Cooperative Music) : sauver le soldat Vanot (un presque vétéran d’un rock soigné et érudit) ou lui trouver une fois encore peu de circonstances atténuantes et plus de raisons de s’irriter que de s’enthousiasmer ? Inexorablement, sa musique s’éloigne de nos considérations, se “Souchon-ise” dans le mauvais sens du terme, le livrant crooner folk retraité sur musique lente et policée, pour un public de sa génération. Il faut du confortable, du rassurant malgré quelques prises de risques (textuelles ou stylistiques) et du très carré dans l’interprétation… et, en retour, de l’indifférence presque violente. On fera un mea culpa provisoire, le temps de titres à protéger (“Les Cloches de l’Amour” notamment) mais on ne s’attardera pas cette fois encore…

JP NATAF et “Clair” (Tôt Ou Tard/Warner) : l’ancien chanteur des Innocents en digne descendance Adamo ou Christophe, soit les grands crooners un peu hors-jeu (ou juste décalés) et les chansons affranchies d’exigences standardisées (sans oublier cependant quelques chansons-variétés de factures nobles et plus classiques). Ici, JP Nataf fait sa propre bossa nova, s’autorise les textes flous mais bluffants (“Elle“), les longueurs impressionnantes (“Seul Alone” à la Mendelson, encore) et les très belles rengaines simples (“Après Toi“, “Les Lacets“). C’est touffu, dense, nostalgique, défaillant, aérien, complexe, lumineux… et à creuser encore et tant.

LA BLANCHE et “Imbécile Heureux” (L’Immaculée) : a record born from a “nervous breakdown following a largely undeserved and facist sentimental break” can’t be bad… and is full of naughty cynicism, dark humor and strange subjects (hostages, business cost-killers, blackmail and suicides…). Lots of tension and some very beautiful songs… /// SILVAIN VANOT and “Bethesda” (Megaphone) : like a retired folk crooner trying to survive, not really what we like to listen to… /// JP NATAF and “Clair (Tôt Ou Tard) : a great singular crooner, making its own bossa-nova and exercising his huge talent in various forms. It’s thick, dense, nostalgic, simple, complex, light and very rich…

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Posted by Julien on November 20, 2009

TOUR D’HORIZONS # 34 : Ziskakan, Nathalie Natiembé, Sam Karpenia, I Treni All’Alba, Resto Pollo Rico 3

ZISKAKAN et “Madagascar“ : le groupe de Gilbert Pounia, parmi ceux emblématiques de la musique réunionnaise avec ses trente ans de carrière, pour une virée sur la “grande île” proche. Un “Madagascar” pas tout à fait maloya, pas vraiment séga mais gorgée de sons d’ailleurs et donnant plutôt dans le folk poétique métissé et le plus souvent posé dans ses rythmes… Une jolie approche, polie et sincère.

NATHALIE NATIEMBE et “Karma” (Sakifo Records/Wagram) avec Vincent Ségal et Cyril Atef : la rencontre de Bumcello et des rythmes maloya et sega de la chanteuse réunionnaise et, logiquement, un festival de libertés et de longues audaces en kréol, en divagations et détournements dub-rock softs (le très débridé “Mové Lèspri“)… et des moments plus doux, magnifiques et tout aussi intenses (“Larozwar” et le plus folk “Transpapaye“). Une collaboration éprouvée sur scène, célébrée sur disque et prometteuse à souhait pour une grande dame…

SAM KARPENIA et “Extatic Malancòni” (DFragment/L’autre distribution) : du rock plus qu’occitan par le chanteur de Dupain, la voix éraillée et le chant comme on souffre, des rencontres poétiques et universelles (Bijan Chemirani, du trio Chemirani aux percussions), des mandoles et des sons venus de toute la Méditerranée… On pense aux projets de Serge Teyssot-Gay, à d’autres hybridations improvisées, aux métissages heureux.

I TRENI ALL’ALBA et “Folk Destroyers” (Smartz Records/Audioglobe) : une musique italienne tout instrumentale, qui oscille entre le folklorique revisité savamment et ses perspectives très contemporaines, fouillées et prometteuses… et des chansons de bals, rengaines ennuyeuses, impeccables de technicité mais dénuées d’émotions. Bipolaire et un peu frustrant…

RESTO POLLO RICO 3 (Sabor Discos/Mosaic Music) : vingt-quatre groupes d’Amérique du Sud (et quelques groupes expatriés) et autant de visions des musiques “latino” déclinées en ska, reggae, rap ou pur rock… et une préférence toute orientée pour les seules représentantes féminines de la compilation (a priori), les argentines de Alika Y Nueva Alianza et leur dub envoûtant…

ZISKAKAN and “Madagascar” : Gilbert Pounia’s band from Reunion Island and his musical trip to the “big island”. Not realy maloya nor sega but poetic folk from the Indian Ocean… /// NATHALIE NATIEMBE and “Karma” (Sakifo Records) made with Vincent Ségal and Cyril Atef (from Bumcello) : maloya and much freedom sung in creol, with dub-rock temptations, sweet moments and intense folk. Great record… /// SAM KARPENIA and “Extatic Malancòni” (Dfragment) : rock sung in occitan by former Dupain leadsinger with Bijan Chemirani for percussionist… /// I TRENI ALL’ALBA and “Folk Destroyers” (Smartz Records) : an all Italian instrumental music, between traditionnal folk and contemporary visions… /// RESTO POLLO RICO 3 (Sabor Discos) is twenty-four artists from South America and as many interpretations of “latino” music : ska, reggae, rap, or pure rock (and one favorite : dub by argentine female band Alika Y Nueva Alianza)...

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Posted by Julien on November 5, 2009

TOUR D’HORIZONS # 33 : Sufjan Stevens, Rachel Grimes, Efterklang and the Danish National Chamber Orchestra, Brian Harnetty & Bonnie ‘Prince’ Billy, This Immortal Coil

SUFJAN STEVENS et “The BQE” (Asthmatic Kitty/Differ-Ant) : projet presque démesuré, un film et sa bande originale, symphonique et tout instrumentale, en “hommage” à une autoroute new-yorkaise ! Défilement des paysages et des séquences majestueuses, torrents de véhicules comme d’émotions, fluidité, ralentissements et embouteillages… Sufjan Stevens impressionne quand il se fait ainsi compositeur de musique contemporaine, dense, complexe et néanmoins accessible. A faire la fine bouche, on préfèrera pourtant quand il bouleverse plus sobrement sur d’autres disques plus “traditionnels”…

RACHEL GRIMES et “Book Of Leaves” (Ruminance/Pias) : un disque pour piano solo de l’inspiratrice et compositrice de Rachel’s. L’esprit est bucolique, on y entend des chants d’oiseaux et des sons de nature, au gré de compositions variées et délicates le plus souvent, entre épures à la Keith Jarrett et sortes de gymnopédies post-rock (“On The Morrow“), des miniatures aux forts potentiels de majesté (“Bloodroot” en tête)…

EFTERKLANG AND THE DANISH NATIONAL CHAMBER ORCHESTRA Performing Parades” (Leaf Label/Differ-Ant) : on a du mal à croire qu’il s’agit un live, l’unique performance en public d’une réinterprétation orchestrale d’un album (“Parades“) qui fait déjà partie des favoris de ces dernières années. Des cordes, des chœurs, de l’enveloppement et du relief supplémentaires pour les compositions et perles d’Efterklang. Un ravissement et un fantasme exaucé de grandeur…

BRIAN HARNETTY & BONNIE ‘PRINCE’ BILLY et “Silent City” (Ruminance/Pias) : une collaboration plutôt qu’un véritable album en duo, Will Oldham apparaissant en guest star et vocalisant sur les trois seuls titres chantés de l’album, le reste étant tout instrumental et entrecoupé d’archives du folklore des Appalaches. Du Pan American sans machines, du Balmorhea dans les évocations anciennes et du Tortoise dans la modernité, des sons paisibles et enveloppants, du collage savant et des associations heureuses. Grand disque serein…

THIS IMMORTAL COIL et “The Dark Age Of Love” (Ici d’Ailleurs/Differ-Ant) pour un hommage collectif à Coil, avec des invités prestigieux : Yaël Naim (assez magistrale), Bonnie ‘Prince’ Billy (qui n’a peut-être jamais aussi bien chanté que sur “Ostia”), Yann Tiersen, Matt Elliott, DAAU, Sylvain Chauveau (en belle sobriété) et bien d’autres qui rivalisent d’élégance, d’intelligence et d’intensité pour des reprises traitées avec leurs spécificités et touches propres, mais en affinités cohérentes. C’est sombre, mélancolique, poignant et hautement recommandé, pour néophytes en Coil comme pour admirateurs convaincus…

SUFJAN STEVENS and “The BQE” (Asthmatic Kitty), a symphonic soundtrack for a film : contemporary music, dense and complex tracks but quite accessible… /// RACHEL GRIMES and “Book of Leaves” (Ruminance) : solo piano songs from Rachel’s composer. Bucolic, charming, between Keith Jarrett and some king of post-rock gymnopoedias… /// EFTERKLANG AND THE DANISH NATIONAL CHAMBER ORCHESTRA “Performing Parades” (Leaf Label) : live and unique public performance of a reinterpretation of a wonderful album (“Parades”) which is already among favorites from recent years. Strings, choirs and an additional relief. A delight… /// BRIAN HARNETTY & BONNIE ‘PRINCE’ BILLY and “Silent City” (Ruminance) : a collaboration rather than a true duo album, Will Oldham appearing as guest star and vocalizing on the only three sung tracks, all other songs being instrumental. Pan American, Balmorhea and Tortoise evocations… /// THIS IMMORTAL COIL and “The Dark Age Of Love” (Ici d’Ailleurs), a collective tribute to Coil with prestigious guests: Yael Naim (impressive), Bonnie ‘Prince’ Billy (who has perhaps never sung so greatly, on “Ostia”), Yann Tiersen, Matt Elliott, DAAU, Sylvain Chauveau (in beautiful simplicity) and many others that compete with elegance, intelligence and intensity. It’s dark, sad and highly recommended for neophytes as well as for Coil fans…

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Posted by Julien on October 20, 2009

TOUR D’HORIZONS # 32 : Firekites, Langhorne Slim, Shelley Short, La Corda, Karen Lano

FIREKITES et “The Bowery” (Own Records) : des Australiens à la pop soignée et délicate, joliment acoustique. Comme des Kings Of Convenience des antipodes, un peu de surproduction en sus, de l’electronica douce et un sens de la précision indéniable. Prometteur…

LANGHORNE SLIM et “Be Set Free” (Kemado/Pias) : un folkwriter américain, peut-être un peu plus doué que la majorité de ses compatriotes, mais qui fait dans un classicisme lassant, malgré quelques pointes d’originalités diffuses (“Cinderella“) et qui plaira sans émerveiller, lassera sans être déplaisant. On le pressent pressé d’étoffer ses compositions d’orchestrations enflées, on ne suivra sûrement pas cette voie avec lui…

SHELLEY SHORT et “A Cave, A Canoo” (Hush Records) : c’est un folk de l’Oregon, aussi majestueux et exigeant que ses paysages, lent et appliqué, complexe sous ses abords évidents et qui délivre de petites perles appliquées et ravissantes (la voix juvénile de la demoiselle y étant pour beaucoup) sans qu’on sache succomber totalement (quoique l’accointance avec la musique de Hope Sandoval n’y étant pas étrangère)…

LA CORDA et “Progress No Progress” (T-Rec/Anticraft) : un rock simple, très lent, fait de notes jouées à l’économie et au feeling délicat, comme une réinterprétation de Mogwai qui s’acoquinerait à Jennifer Charles et jouerait ses tempos les plus ralentis pour séduire la dame. C’est tout en émotion et en sensibilité, et de ce fait, éminemment fragile (et presque casse-gueule).

KAREN LANO et “My Name Is Hope Webster” (Bee Jazz/Abeille) pour une évocation d’une Inara George à la française : le chant limpide et le charme de mélodies jazz lumineuses pour des compositions propres, impeccablement produites et des reprises très softs de Tom Waits ou de Neil Young. Séduction instantanée ou musique parfaitement “inoffensive” selon les points de vue et l’humeur…

 

FIREKITES and “The Bowery” (Own Records) : delicate and careful australian pop sounding sometimes like Kings Of Convenience with electronica touches… /// LANGHORNE SLIM and “Be Set Free” (Kemado) : an American folkwriter gifted but a bit boring despite hints of originality (“Cinderella “)... /// SHELLEY SHORT and “A Cave, A Canoo” (Hush Records) : folk from Oregon, as majestic as the local landscapes, slow and complex, with a childish voice and mostly nice songs… /// LA CORDA and “Progress No Progress” (T-Rec) : simple french rock, very slow, few notes and delicate feelings, like Mogwai teaming up with Hope Sandoval or Jennifer Charles and focusing on emotion rather than on decibels… /// KAREN LANO and “My Name Is Hope Webster” (Bee Jazz) : a french evocation of Inara George with charming melodies, bright and jazzy compositions…

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Posted by Julien on October 7, 2009

TOUR D’HORIZONS # 31 : Jay Reatard, Eamon McGrath, Scary Mansion, The Pains Of Being Pure At Heart, Director

JAY REATARD et “Watch Me Fall” (Matador/Beggars): du rock garage, de cave ou de souterrain plutôt, moche et crasseux pour une “réincarnation” de Daniel Johnston en overdose d’amphétamines et qui jouerait ses trois accords par morceaux à une vitesse interdite par son médecin (pas trop vite tout de même, mais sans respiration). La pochette fait peur, le disque nettement moins et s’apprécie même avec parcimonie et abandon des inhibitions…

EAMON McGRATH et “13 Songs Of Whiskey And Light” (White Whale Records/Cargo) : chansons maisons, choisies ou tirées au sort dans un répertoire qui dépasserait la centaine, parait-il. Whisky canadien frelaté sûrement comme ces morceaux enregistrés dans la cave, en solitaire, qui oscillent entre rock indé et gros son bluesy, quelque part entre Syd Barrett moins drogué et Bruce Springsteen qui le serait un peu plus… 

SCARY MANSION et “Make Me Cry” (Talitres/Differ-Ant) pour une vision presque exemplaire du rock indé : intègre, spontané et cohérent. Chez Scary Mansion alias Leah Hayes, les chansons se ressemblent toutes, font désormais le choix de plus de dureté dans les sons contre plus de tendresse dans la voix (et des penchant pops plus affirmés), mais conservent radicalité et talent. Disque brut, compact, mais aux grands déploiements de sensibilités, notamment sur les morceaux calmes…

THE PAINS OF BEING PURE AT HEART et “Higher Than The Stars EP” (Fortuna Pop/Differ-Ant) : quelques mois après un premier album remarquable, quelques nouveaux titres pour apprécier encore ce revival new wave de haute tenue : nostalgique et très pertinent, caressant plutôt qu’abrasif, pop et lumineux, excessivement délectable…

DIRECTOR et “I’ll Wait For Sound” (Crapshoot Economics/Naïve) et l’impression surprenante d’entendre Depeche Mode faire du rock de club, power-pop venue d’Irlande aux compositions solides et suffisamment variées (“Play Pretend“, “Sing It Without A Tune“) pour être appréciables à défaut d’être totalement convaincantes.

 

JAY REATARD and “Watch Me Fall” (Matador) : ugly garage rock as if Daniel Johnston had taken amphetamines /// EAMON McGRATH and “13 Songs Of Whiskey And Light” (White Whale Records) : homemade songs, from indie rock to blueys sounds, somewhere between Syd Barrett and Bruce Springsteen /// SCARY MANSION and “Make Me Cry” (Talitres) : honest, spontaneous and coherent indie rock made by Leah Hayes. Raw tenderness and lots of emotions (especially on the most quiet tracks) /// THE PAINS OF BEING PURE AT HEART and “Higher Than The Stars EP” (Fortuna Pop) : a few months after a remarkable debut album, some new titles to enjoy this new wave revival of high quality: nostalgic and very relevant, pop and bright, extremely appreciable… /// DIRECTOR and “I’ll Wait For Sound” (Crapshoot Economics) : as if Depeche Mode was making club rock, but “irl” a power-pop band from Ireland with solid compositions and enough diversity to be interesting if not totally convincing.

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Posted by Julien on October 1, 2009

TOUR D’HORIZONS # 30 : François & The Atlas Mountains, Volcano Choir, Ramona Falls, Chris Garneau, Sufjan Stevens/Osso

FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS et “Plaine Inondable” (Talitres/Differ-Ant) : une bilingue (français-anglais) et savante alchimie de jolis exotismes, aux sons évoquant par flash High Llamas et à la douce torpeur presque hypnotique. Maniéré mais intensément artiste, dans l’approche des mélodies fluides, des arrangements élaborés et des chœurs lettrés. De la pop plus qu’érudite…

VOLCANO CHOIR et “Unmap” (Jagjaguwar/Differ-Ant), ce sont Justin Vernon (Bon Iver) et ses amis, dans un projet un peu expérimental, un peu électro, un peu ambient et avec beaucoup de boucles autour de la voix exceptionnelle du guitariste des bois. Ambiance new age et forestière, feu de camp moderne et harmonies des chants, c’est très joli et paisible sans toutefois susciter un intérêt démesuré, si ce n’est celui d’une impatience grandissante à l’envie d’un nouvel album de Bon Iver.

RAMONA FALLS et “Intuit” (Souterrain Transmissions) : une récréation de Menomena, en forme de pop électronique raffinée, parfois un peu complexe et véhémente (“I Say Fever“) et aux sons nostalgiques. Les détours sont parfois inattendus (“Always Right“), prennent de l’ampleur, s’essaient aux complexités de Sufjan Stevens et plaisent autant qu’ils déroutent… Ne pas se fier surtout à l’immonde pochette !

CHRIS GARNEAU et “El Radio” (Fargo/Naïve) : autre émule de Sufjan Stevens et d’un monde peuplé de cordes et de chansons aux arrangements sophistiqués, sautillants ou mélancoliques, une similitude d’esprit avec Satie parfois. Comme une sorte de bande originale d’un film à venir, qui serait nostalgique et bucolique, impressionniste et éthéré, de la peinture sonore en quelque sorte. Disque d’élégance…

SUFJAN STEVENS / OSSO et “Run Rabbit Run” (Asthmatic Kitty/Differ-Ant). Et si l’on compare à Sufjan Stevens, autant  parler de l’original, de retour avec un projet ancien, remis au goût du jour : une version pour quatuor à cordes (Osso déjà entendu sur “Welcome To The Illinoise“) de son ancien projet électronique méconnu, “Enjoy Your Rabbit“. De l’électronique expérimentale qui devient œuvre contemporaine, plutôt expérimentale mais joliment évocatrice, accessible comme une bande originale d’un film  complexe et exigeant…

 

FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS and “Plaine Inondable” (Talitres): a bilingual (French-English) and pretty exotic erudite pop project /// VOLCANO CHOIR and “unmap” (Jagjaguwar) : Justin Vernon (Bon Iver) and his friends in a little experimental, a little electro, a little ambient project… new age and campfire in a forest : nice and quiet… /// RAMONA FALLS and “Intuit” (Souterrain Transmissions): a side-project from Menomena, sophisticated electronic pop, sometimes a bit complex and violent and quite nostalgic sounds. /// CHRIS GARNEAU and “El Radio” (Fargo), another rival of Sufjan Stevens and a record full of strings and songs with sophisticated arrangements, pastoral and ethereal sounds… /// SUFJAN STEVENS/OSSO and “Run Rabbit Run” (Asthmatic Kitty) :  a string quartet version of an old electronic project (“Enjoy Your Rabbit”), experiment electronics turned into contemporary work, quite experimental but beautifully evocative and accessible, like the soundtrack to a yet-to-come compex movie…

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Posted by Julien on September 22, 2009

TOUR D’HORIZONS # 29 – Craig Walker, Late Night Venture, Starboard Silent Side, Mimes Of Wine, Montreal On Fire

CRAIG WALKER et “Siamese” (Bang/Discograph), c’est bien la voix de l’ex-chanteur d’Archive, mais phagocytée par Bardi Johannsson (Bang Gang, Ladybird…), qui a composé et produit l’album et y insuffle presque entièrement son univers pop orfèvre. Du recyclage haut de gamme (un “Bright Lights” vif et entraînant) mais l’impression désagréable d’une seconde main…

LATE NIGHT VENTURE et “Illuminations EP” (Quatermain/Planet Of Sounds) : des Danois oeuvrant entre pop fertile et tentations post-rock sur des morceaux plutôt longs aux ambitions savantes mais aux réalités plus ordinaires. Plaisant sans être épatant, et destiné plus vraisemblablement à des digressions live…

STARBOARD SILENT SIDE et “Because Our Friendship Was Meant To Sail” (YY/Discograph) : un folk d’inspiration plus britannique et celtique qu’américaine, mais façonné à la manière scandinave avec d’autres touches européennes (française et belge) pour une musique cosmopolite, logiquement érudite mais sans être inventive, chaleureuse dans ses façons posées et séduisante dans les moments voulus poignants (“Light The Choir“, préférence subjective)…

MIMES OF WINE et “Apocalypse Sets In” (Midfinger/Audioglobe) : une italienne qui a bourlingué, valises posées entre l’Amérique et Paris et qui, d’une jolie voix cristalline, oscille entre folk précieux et chansons rock, toutes tensions douces et en vagues et ondoiements. Noble, délicat, mais étrangement presque hermétique malgré un indéniable déploiement de savoir-faire en passation d’émotions…

MONTREAL ON FIRE et “Decline & Fall” (Lacrymal Records) : où comment passer d’un hardcore punk (sous d’autres noms)  à un album à la violence contenue, aux tensions diffuses et au chant toujours véhément, en faisant un disque “slowcore” remarquable d’intention et d’efficacité. Des Français, comme leur nom ne l’indique pas…

CRAIG WALKER and “Siamese” (Bang) composed by Bardi Johannsson (Bang Gang, Ladybird), sung by the ex-Archive singer: premium pop but unpleasant impressions… /// LATE NIGHT VENTURE and “Illuminations EP” (Quatermain): pop and post-rock songs by a danish band. Pleasant without being stunning, and most likely destined to live digressions… /// STARBOARD SILENT SIDE and “Because Our Friendship Was Meant To Sail” (YY): celtic-inspired folk, more British than American, but played by Scandinavians, French and Belgian… cosmopolitan and erudite music and great moments (“Light In The Choir”)... /// MIMES OF WINE and “Apocalypse Sets In” (Midfinger): an Italian woman travelling between America and Paris and back to hometown with precious folk and rock songs full of tensions, waves and undulations. /// MONTREAL ON FIRE and “Decline & Fall” (Tear Records): from hardcore punk (under another name) to contained violence, diffuse tensions and efficient “slowcore”. A french band, by the way

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Posted by Julien on August 28, 2009

TOUR D’HORIZONS # 28 : Nissenmondai, Lhasa, Discovery, Jon Blake/Amina Alaoui, Poor Boy

NISENNENMONDAI et “Destination Tokyo” (Smalltown Supersound/Differ-Ant) : trois japonaises férues d’un rock instrumental totalement libre, à la fois improvisé (de longues expérimentations) et complètement maîtrisé (les rythmiques hypnotiques implacables et une célérité d’interprétation remarquable). Addictif et obsédant, dérangeant et attirant, un disque sulfureux…

LHASA et “Lhasa” (Audiogram/Warner), c’est une élégante sobriété, de la distinction sans clinquant, du feutre et volutes jazzy (“Love Came Here”) ou de magnifiques dépouillements (“I’m Going In”). Un disque d’exceptions et de beautés plus que latines, aux charmes chauds…

DISCOVERY et “LP” (XL/Beggars) : l’association electro-pop de Rostam Batmanglij (Vampire Weekend) et de Wes Miles (Ra Ra Riot), assez loin des territoires habituels de leurs groupes respectifs, revival eighties, chaud en couleurs et en déhanchements, forcément dansant et taillé pour des enceintes puissantes. Une plaisante récréation…

JON BALKE / AMINA ALAOUI et “Siwan” (ECM/Universal) pour un projet d’envergure presque utopique : réunir, le temps d’un disque rare, jazzmen orientés contemporain, spécialistes de l’époque baroque et virtuoses de musique orientale, autour de musiques anciennes, colorées, riches en mysticisme et de textes en plusieurs langues. Ouverture d’esprit, pureté du chant et des notes de luth qui viennent apaiser les sens…

POOR BOY et Dreamer, Are You Sad?(YY/Discograph) : impressions initiales d’un Katamine à la française, dépouillement et émotions exacerbées, mais qui se transforment rapidement en de multiples directions, riches et inventives le plus souvent, anecdotique parfois, en métissant inconstance et éclairs géniaux (le véhément “Rock’n Orgy”, l’introductif “Days In The Bend”). Enthousiasme global et vraisemblablement durable…

 

NISENNENMONDAI and “Destination Tokyo” (Smalltown Supersound) : three Japanese women playing free impromptu but completely controlled hypnotic instrumental rock. Disturbing and attracting… /// LHASA and “Lhasa” (Audiogram/Warner) : elegant sobriety and jazzy distinction… /// DISCOVERY and “LP” (XL): Rostam Batmanglij (Vampire Weekend) and Wes Miles (Ra Ra Riot) for electro-pop, eighties revival and dancing tunes… /// JON BALKE/AMINA ALAOUI and “Siwan” (ECM) for an almost utopian project: jazzmen, baroque specialists, and eastern musics genious joined together around ancient music and mysticism… /// POOR BOY and “Dreamer, Are You Sad?” (YY): exacerbated emotions, multiple directions, and a strange enthusiasm…

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Posted by Julien on July 26, 2009

TOUR D’HORIZONS # 27 : And Also The Trees, Michael J. Sheehy, The Warlocks, Crippled Black Phoenix, Sunset Rubdown

AND ALSO THE TREES et “When The Rain Comes” (AATT/Differ-Ant) : relectures acoustiques de jalons d’une exemplaire carrière du groupe britannique, des chansons de marins et de tempêtes, où planent le fantôme de Nick Cave et d’autres spectres, habitées d’une ferveur sombre et de fulgurances admirables (“Vincent Craine“) quoique vite lassantes…

MICHAEL J. SHEEHY et “With These Hands” (Glitterhouse/Differ-Ant) : un disque-concept (la biographie imaginaire d’un boxeur) qui ne se distingue que peu de ses albums précédents : sex-appeal à la Elvis, crooner de blues des bas-fonds, songwriting distingué langoureux et rauque, northern soul de loser magnifique mais obstiné. Son Dream City Film Club est loin, il manque un peu mais l’homme et nous en avons fait le deuil…

THE WARLOCKS et “The Mirror Explodes” (Tee Pee Records/Differ-Ant) : l’ambiance Black Angels/Velvet Underground, à l’énergie lente, rentrée et sombre, presque menaçante, mélodies en formes de drones, toutes instrumentations et chants distants, pour des déflagrations puissantes mais atténuées, désamplifiées mais aux velléités violentes permanentes et intactes.

CRIPPLED BLACK PHOENIX et “200 Tons Of Bad Luck” (Invada/Differ-Ant) : du stoner post-rock psychédélique ou toute autre appellation alambiquée et forcément inadéquate et d’autant plus restrictive pour décrire une musique complexe, instrumentale le plus souvent, d’atmosphères et de longueurs variées. Deux albums réunis en un, sombres, mais aux clartés inventives et fort appréciables (“Burnt Reynolds“, “444“, deux grands morceaux…).

SUNSET RUBDOWN et “Dragonslayer” (Jagjaguwar/Differ-Ant) : énième groupe de Spencer Krug (Swan Lake, Wolf Parade...), omniprésent dans nos enthousiasmes récents (avec parfois recyclage des chansons – “Paper Lace” – d’une formation à l’autre) et à acclamer une fois encore pour l’inventivité, la richesse des structures, le chant fervent (doublé parfois d’une délicieuse voix féminine) et des déclinaisons en force ou en finesse, pour un rock lettré, passionné et passionnant. Sa meilleure incarnation, assurément, et disque prétendant aux louanges de fin d’année…

 

AND ALSO THE TREES and “When The Rain Comes” : acoustic versions of old songs, sailors and storms, and dark atmospheres… /// MICHAEL J. SHEEHY and “With These Hands” : a new concept (the imaginary biography of a boxer) but the same blues, northern soul and Elvis sex-appeal…/// THE WARLOCKS and “The Mirror Explodes” : Black Angels/Velvet Underground ambiance, slow, dark and quite threatening energy… /// CRIPPLED BLACK PHOENIX and “200 Tons Of Bad Luck” : psychedelic post-stoner rock, complex music, two albums in one…/// SUNSET RUBDOWN and “Dragonslayer” : another group for Spencer Krug (Swan Lake, Wolf Parade …) and another enthusiasm, inventiveness, rich structures, fervent singing, literate and passionate rock…

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Posted by Julien on June 8, 2009

TOUR D’HORIZONS # 26 – Neko, Porcelain, Amélie, Choice Dainties, The Bree Van De Kamp’s

NEKO et “One Hit Wonder!(autoproduction) : le rythme de composition est plutôt lent, un perfectionnisme précieux pour un troisième disque (on avait déjà beaucoup aimé le court “Ghost Tracks” en 2005) où les morceaux, tous instrumentaux, prennent leur temps, inspirent la violence sans jamais y céder vraiment et suscitent finement l’obsession (“Oskar, Superstar !“, “Lovers Revolt“). Neko fait semblant de se répéter, suggère l’immobilisme mais avance loin par petits pas, s’émancipe de ses influences évidentes (Mogwai, Mono, Explosions In The Sky…) en leur fournissant des pistes sobres : repli sur les guitares, travail sur l’hypnotisme, simplification des formes, concentration des tensions… Beaucoup d’exigences pour un perfectionnisme de bon aloi et d’excellent goût.

PORCELAIN et “Adios Betty” (Drunk Dog/Differ-Ant), un troisième album aux lignes pop-rock plus affirmées, au chant mis en avant et à l’abandon (progressif et à tâtons) des atmosphères post-rock pour des compositions rock plus tendues et percutantes (“Spectacular“, “Adios Betty“). Moins d’originalité et d’enveloppements du coup, mais des ambitions et des horizons sûrement plus dégagés…

AMELIE et “Dinah” (Boxson/Anticraft) : un deuxième essai plutôt court et un peu moins enthousiasmant qu’un précédent “The Real Nature Of The Fantastic Ice Cream Car” aux séduisantes limites. Moins brut et bringuebalant, perdant en jolie timidité et décontraction ce qu’il gagne en assurance et sérieux un peu rébarbatif, le folk anglophone d’Amélie est toujours pointilliste et délicat, frais et appliqué, mais pétille moins, laissant davantage de regrets que plaisirs immédiats, comme une boisson un peu éventée, qu’on secouera pour reprendre un peu d’espoir…

CHOICE DAINTIES et “It’s Turning Red” (autoproduction), un premier album déjà ancien (enregistré en 2006), mais qui connaît une nouvelle vie en version numérique. Des influences sûres, Polly-Jean qui chanterait des compositions de Thurston Moore, aux rythmiques et guitares saccadées, des tentations plus instrumentales et plus rugueuses sur la fin, qui évoquent Blonde Redhead ou Shane Cough en tentant de s’affranchir de tout mimétisme. Une matière brute à polir et à surveiller de près…

Dans un registre proche, THE BREE VAN DE KAMP’S et “Introducing The Bree” (autoproduction), quatre titres solides aux guitares très sales et au chant de rage et d’obsession plus ou moins contenu (mais toujours fort plaisant), qui évoquent Sloy par endroits et se distinguent de la masse par petites touches et grandes perspectives…

 

NEKO and “One Hit Wonder!” : instrumental and rare music, suggesting violence without falling into it, turning quickly into obsession, pretending to be slow and repetitive but moving fast and far, free from obvious and early influences (Mogwai, Explosions In The Sky…) with an efficient method : leading guitars, hypnotism, simplified structures and focus on tension. More-than-great record ! /// PORCELAIN and “Adios Betty” : a third pop-rock album with less post-rock influences and more punch, less singularity but a brighter future /// AMELIE and “Dinah” : pointillist and delicate french folk, shy but smiling /// CHOICE DAINTIES and “It’s Turning Red” : PJ Harvey meets Thurston Moore, raw and rough… /// THE BREE VAN DE KAMP’S and “Introducing The Bree” : dirty guitars and savage vocals, obsessive like an old Sloy record…

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Posted by Julien on April 27, 2009

TOUR D’HORIZONS # 25 – The Seven Mile Journey, Penelope Sulla Luna, Blake/e/e/e, Amute, Charge Group

 

Au Danemark d’abord avec THE SEVEN MILE JOURNEY et leur “The Metamorphosis Project” (Fono’Gram) aux guitares intenses, aux longues compositions instrumentales et aux lentes métamorphoses. On évoque Explosions In The Sky et Mono, mais on occulte les ruptures et brisures pour s’attarder sur les climats denses mais légers, les mises en places progressives et une rythmique implacable des percussions, aux moments d’énervements plutôt mesurés. Classique finalement, mais très efficace…

 

En Italie avec PENELOPE SULLA LUNA et “My Little Empire” (Nagual Records) pour un post-rock en construction qui cherche encore sa longueur optimale, hésite entre le bruit et les petites touches atmosphériques, les directions à prendre et le degré de violence à insuffler. On décèle des influences purement rock, de la tendresse pour la new wave, des envies d’ailleurs (un violon, des effets électro…) et des tiraillements douloureux. Un résultat sous forme d’un brouillon finalement très présentable, et assurément prometteur…

 

Une collaboration transatlantique entre Américains et Italiens pour BLAKE / E / E / E et “Border Radio” (Unhip Records) : multiplicité des styles, du dub folk aux fulgurances presque punks, parfois en simultané et en complexité. Des chansons un peu sombres, peu reluisantes de prime abord, mais comme des joyaux couverts de poussière ; il faudra gratter encore et encore pour y découvrir la lumière et quelques raisons d’approbation : sens de l’hypnotisme et de l’enveloppement, sonorités traumatiques, mais volontés mélodiques parfaites. Un disque étrange, fascinant par moment, déconcertant à d’autres…

 

En Belgique avec AMUTE et “Infernal Heights For A Drama” (Still Records) : un post-folk vaguement industriel, au chant et effets gorgés d’électroniques et de sensations déviantes : faire long ou bref, hypnotique et faussement planant ou rugueux et presque malsain, captiver autant que déplaire en une incarnation locale de Xiu Xiu, la violence en moins, l’éparpillement en sus, mais en impressions d’une maîtrise assez évidente des genres…

 

En Australie enfin, CHARGE GROUP et “Escaping Mankind” (Own Records) pour un disque d’atmosphères planantes (cf. les morceaux les plus calmes de Mogwai), agrémentées de cordes et d’un chant langoureux, qui rappelle les compositions des oubliés Arid. Quelques instrumentaux posés (dont le long et appréciable “Speakeasy Death Song“) et de la douceur comme vecteur principal… le versant paisible des rocks contemporains, calibré précisément pour flirter avec l’ennui sans toutefois le déclencher…

 

THE SEVEN MILE JOURNEY – “The Metamorphosis Project” : intense guitars and long instrumental compositions reminding of Explosions In The Sky and Mono, fractures and broken rythms but slow evolutions and “quiet excitements” /// PENELOPE SULLA LUNA – “My Little Empire” (Nagual Records) post-rock under construction that still seeks its optimal length, that hesitates between noise and atmospheric touches and that searches the degree of its violence and what to add to its music (a violin, some electro…). A certainly promising draft… /// BLAKE/E/E/E – “Border Radio” (Unhip Records): multiplicity of styles, from folk to dub, sometimes almost punk and always complex. Strange music, fascinating and disconcerting… /// AMUTE – “Infernal Heights For A Drama” (Still Records): vaguely post-industrial folk, vocals, electronica and strange sensations, too long or too short songs, hypnotic and rough, Xiu Xiu with less violence… /// CHARGE GROUP – “Escaping Mankind” (Own Records) : strings and languorous voice, peaceful atmospheres, great instrumental songs (expecially “Speakeasy Death Song“) and softness…

 

 

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Posted by Julien on March 28, 2009

TOUR D’HORIZONS # 24 – Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack DeJohnette, Baptiste Trotignon, Cyminology, Vox Clamantis, Christine Ott

S’attaquer d’abord à l’inattaquable, critiquer l’incritiquable, contester l’incontestable : KEITH JARRETT au piano, en formation habituelle avec GARY PEACOCK (contrebasse) et JACK DEJOHNETTE (batterie) sur un Yesterdays(ECM/Universal), enregistré live à Tokyo en 2001. Si son Köln Concert en solo est un monument de sobriété belle, un piano improvisant des notes subtiles et éparses, la performance en trio se révèle, en comparaison, lassante : des exceptionnelles qualités de solistes, sûrement éminemment appréciables aux fans, mais qui semblent ici de la démonstration, performance de piano-bar de luxe où chacun, à son tour ou conjointement, s’emploie à faire étalage de compétences de libre jazzman inspiré et doué, mais disque profondément ennuyeux sur la durée pour les auditeurs non maniaques.

BAPTISTE TROTIGNON, dans une configuration presque identique (son piano plus une basse et une batterie), fait une impression bien plus agréable : sur “Share” (Naïve), la fluidité semble moins forcée, les compositions plus solides (car moins improvisées) et moins austères, le jeu plus rock presque (imaginer quelques riffs et emballements sur “First Song“) et plus plaisant quand il est vif. L’enthousiasme est moindre sur les morceaux plus lents mais l’envie de découverte est intacte : disque de choix…

On préférera pourtant nettement CYMINOLOGY, quatuor allemand oeuvrant dans le métissage de jazz contemporain et de traditions persanes millénaires (la chanteuse, Cymin Samawatie est d’origine iranienne). Sur “As Ney” (ECM/Universal), leur premier enregistrement, les vocalises d’Orient rivalisent avec les sirènes d’ailleurs, les instrumentations épurées, indépendantes mais au service d’un chant magnifique, et les éthérés flottements de bien-être auditif. Les morceaux les plus déviants, les plus “expérimentaux”, comme l’exceptionnel et introductif titre éponyme ou le final “Ashkhã“, auront ici l’avantage sur les compositions plus académiques, l’envie de dépaysement superbe étant ainsi plus que comblée sur un disque parfois bouleversant.

VOX CLAMANTIS est une incongruité, exercice inédit et déconcertant : sur “Stella Matutina” (Mirare), on tente d’accoupler un chœur estonien de musiques grégoriennes avec des guitares électriques plus ou moins noisy. Juxtapositions, prises de positions avancées tour à tour, superpositions étudiées, mais des mélanges pas toujours heureux entre les stridences électriques et les prières chorales déclamées en latin. On s’avouera ici, une fois n’est pas coutume, plus tenté par les voix anciennes que par les bruits modernes et l’on préférera se pencher sur des versions plus authentiques de ces chants d’époques lointaines.

CHRISTINE OTT avec “Solitude Nomade” (Mon Slip/Warner) fait l’apologie des Ondes Martenot, instrument singulier considéré comme l’ancêtre du synthétiseur et utilisé quelquefois par Radiohead ou Yann Tiersen (en guest star au violon sur un titre ici), entre autres. Dix pièces et autant de configurations instrumentales, dix morceaux sans voix plus ou moins accessibles où l’on s’essaie aux expérimentations difficiles comme aux registres mélodiques plus courants, dix titres plaisants par bribes, enthousiasmants par endroits (“Tropismes“), déconcertants à d’autres. Un univers singulier, mais pas si éloigné, au final, de ceux d’expérimentateurs post-rock vénérés ailleurs…

Criticizing what should not be criticized, challenging what could not be questionnable : KEITH JARRETT/GARY PEACOCK/JACK DEJOHNETTE trio is a rather annoying performance, a luxury piano-bar and hugely gifted improvisation skills that make “Yesterdays” (ECM) seems just like a great performance rather than a real record full of high spirits… /// BAPTISTE TROTIGNON in a nearly identical configuration (piano, bass, drums) makes a far more pleasant impression on “Share” (Naïve) : his flow seems more fluid, his compositions more solid (for less improvised) and quite “rock” sometimes /// One will prefer CYMINOLOGY, a german quartet working on the fusion of contemporary jazz with traditional Persian music. On “As Ney” (ECM), their first recording : sirens addiction, more than beautiful songs, ethereal atmospheres…/// VOX CLAMANTIS is an incongruity, a strange exercise : on “Stella Matutina” (Mirare), one tries to melt an Estonian choir of gregorian music to more or less noisy and experimental electric guitars… with no luck, according to me ! /// CHRISTINE OTT on “Solitude Nomade” (Warner) is promoting the Ondes Martenot, a singular instrument considered to be the ancestor of the synthesizer and sometimes used by Radiohead or Yann Tiersen among others. Ten tracks and as many instrumental configurations, ten instrumental songs, more or less accessible, pleasant or really disconcerting. A singular universe, but not so far away from those developed by post-rock experimentalists…

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Posted by Julien on February 15, 2009

TOUR D’HORIZONS # 23 – Cat Power, Heather Greene, Larkin Grimm, Scary Mansion, Sophie Hunger

CAT POWER livre un nouvel EP, “Dark End Of The Street” (Matador/Beggars), pour compléter le “Jukebox” et ses bonus du début 2008, une collection supplémentaire de reprises “soulifiées” (The Pogues, Otis Redding…). Du presque classicisme et un sens indéniable de la grandeur, mais aussi la déception et la lassitude d’une redite, d’un exercice qui tourne en rond, qui a montré ses limites (sur scène notamment) et qui fournit ici six titres finalement dispensables. On attend désormais ainsi plus impatiemment encore le retour de Chan Marshal à la composition. De là à dire qu’il s’agit de fonds de tiroir…

HEATHER GREENE et “Sweet Otherwise(BHM/ZYX Music) fait dans le douillet et le vaporeux, entre pop-jazz et folk-soul, en mélodies plutôt lentes, accrocheuses parfois (“Get Up And Go” plus remuante que les autres), glissantes et futiles le plus souvent. On y apprécierait des tentatives de danger, un charme plus risqué et un peu plus de panache et d’emballement…

LARKIN GRIMM sera l’objet de débats passionnés. Son “Parplar” (Young God Record/Differ-Ant) est riche d’une histoire singulière (communauté hippie, nomadisme, shamanisme, Dirty Projectors, folk des Appalaches…) et doué d’excentrismes (instrumentations bigarrées, incantations, hallucinations sonores…) et, à l’image de frères d’armes (Devendra Banhart, Cocorosie, Joanna Newsom), il agacera autant qu’il sera porté aux nues…

SCARY MANSION et “Every Joke Is Half The Truth” (Talitres/Differ-Ant), c’est une jeune américaine, Leah Hayes, et des envies (et moyens) de se faire une place dans la cohorte des songwriters écorchées. On retrouvera donc des évocations de Chan Marshall, Shannon Wright ou Emily White Jane, dans les susurrements de la première, les tensions de la seconde, et le renoncement ressenti de la troisième. Des accointances remarquables et une douleur prenante (“Shame“)…

SOPHIE HUNGER fait son prodige suisse sur “Monday’s Ghost” (Two Gentlemen/Universal Jazz), un disque folk-rock aux hésitations agréables : le dépouillé n’est jamais totalement dépourvu, les emballements sont toujours maitrisés et les circumvolutions calculées. De belles choses (“Round And Round“, “Monday’s Ghost“, “Wälzer Für Niemand“) mais une maîtrise des genres qui la dessert peut-être, trop éclectique, trop dispersée pour être totalement convaincante sur la longueur. Recommandable néanmoins…

CAT POWER – “Dark End Of The StreetEP (Matador) : an additional collection of “soul-turned” covers (The Pogues, Otis Redding …) and another source of true disappointment /// HEATHER GREENE – “Sweet Otherwise” (BHM) : comfortable and light pop-folk-jazz, rather slow tunes and not a lot of excitment /// LARKIN GRIMM – “Parplar” (Young God Records) : a singular history (hippie community, nomadism, Shamanism, Dirty Projectors, Appalachian folk …) and gifted and eccentric music (colorful instrumentation, incantations, hallucinations sounds … ), very irritating or really exciting according to your mood /// SCARY MANSION – “Every Joke Is Half The Truth” (Talitres) : Leah Hayes wishing to sing along Chan Marshall, Shannon Wright or Emily Jane White, great songwriting, susurration and tensions /// SOPHIE HUNGER – “Monday’s Ghost” (Two Gentlemen) : from Switzerland with enjoyable folk and many other great songs in different styles, maybe too many… (styles)

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Posted by Julien on January 27, 2009

TOUR D’HORIZONS # 22 : Grails, These Are Powers, A Place To Bury Strangers, The Bronx, Desalvo

On ne cautionnera pas forcément tous les excès, les franchissements (parfois illégaux) de murs du son et autres explosions de tympans. Il est simplement des musiques (ou des notes mis à la suite les unes des autres) qu’il faut écouter sans casque ni par l’intermédiaire d’un ordinateur, même doté d’enceintes performantes. Il faut s’y mettre à l’ancienne, à la bonne vieille chaîne hi-fi, volume très élevé et voisins prévenus. Ainsi, quelques façons pas toujours fines de faire du bruit, du plus raffiné aux plus insupportables éructations.

GRAILS ou “L’avant-métal pour les nuls” sur “Doomsdayer’s Holiday” (Temporary Residence/Differ-Ant), c’est une leçon de noirceur et de maîtrise des éléments : rock lourd finalement aérien, martèlements légers et pesanteur discrète. Un disque tout instrumental qui frôle les genres (du folk au jazz) en les remodelant, en se faisant parfois très doux (“The Natural Man”) mais résultant d’un grognement sourd et profond. Esthétisme The For Carnation et tripes remuées…

THESE ARE POWERS et “Taro Tarot” (Hoss Records/Dead OCeans/Differ-Ant) pour vingt minutes de percussions essoreuses, martèlements hystériques et oppressants, noise électronique et instruments préparés. De l’expérimental rugueux et très noir, aux limites du punk indus, emmené par un ex-Liars, ce qui garantit le degré d’abstraction nécessaire à l’appréciation de la chose…

Chez A PLACE TO BURY STRANGERS, en bons New-Yorkais cosmopolites, on s’éprend des pionniers My Bloody Valentine et d’autres bruyants britanniques pour délivrer en un album éponyme opulent (Rocket Girls), une leçon d’amplifications des larsens et de développements d’acouphènes. Industriel, post-wave, punk ou juste noisy, le rock du trio bidouilleur laisse peu de répit aux sentiments, à mesure de l’enchevêtrement de strates, couches et autres nappes de stridences et de pulsations, au calme (parfois) trompeur (toujours) et aux chansons prenantes.

THE BRONX et leur troisième album, éponyme (White Drugs/Wichita/Cooperative Music), pour un revival heavy guitares, riffs et cris Stoogiens, hard rock primaire et bien ricain quand on voudrait plus d’initiatives et de “subtilités”. Dans ce créneau encombré, The Bronx abat de bonnes cartes (le disque est solide) mais ne bluffe pas assez. AC/DC a encore de longs temps de règne…

Pour asséner son rock ultra violent, les Ecossais de DESALVO ne prennent pas de gants (ou alors ils sont en cuir noir et maculé de sang) : “Mood Poisoner” (Rock Action) a la panoplie gore et le hurlement facile. Provocation assumée et déchaînement des instruments, ce rock extrême a la faveur de Mogwai (ils sont signés sur leur label), d’amateurs de marginalité et des affinités avec nos tentation s/m inavouables : se faire du bien en se faisant du mal. Une musique pour fortes natures, à la radicalité tentatrice parfois…

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Posted by Julien on January 7, 2009

TOUR D’HORIZONS # 21 – Kocani Orkestar, Son Ambulance, Ben’Bop, Thee Stranded Horse & Ballake Sissoko, Matt Elliott, Rachel Unthank & The Winterset, Roddy Woomble, Kris Drever, John McCusker

Ou comment mettre différents oeufs dans un même panier et finalement dans la même omelette, en faisant fi des traditions autoritaires et des sectarismes, en agrégeant les styles comme on juxtapose des notes et en s’enrichissant de l’autre, des autres, évidemment…

Le KOCANI ORKESTAR et son “The Ravished Bride” (Crammed Discs), c’est une fanfare de Macédoine et du monde, encensée par Zach Condom (Beirut) et réputée pour ses prestations explosives. Sur disque, la vivacité est moindre, mais les tentations festives omniprésentes (“Mangelma Stoposto” entre autres), instrumentales ou vocales, respectueuses ou dévergondées, dépaysantes et familières à la fois…

SON AMBULANCE et “Someone Else’s Déjà Vu” (Saddle Creek/Modular), c’est le folk américain qui s’éprend un peu des rythmiques chaudes du sud : inspirations brésiliennes, samba puis pop légèrement psychédélique, nostalgie sixties et effluves embrumées. Des détournements souriants, un album fluide et progressif, une façon très agréable de susciter l’intérêt sur la longueur et de distiller quelques perles au passage…

BEN’BOP sur son premier album éponyme (Village Vert/Pias), grouillant d’idées et forcément décousu, fait de grands et improbables écarts une façon de style intrigante et souvent réussie : chant en wolof, anglais ou français, entre african punk, ragga mâtiné de violon, chanson française calme ou dopée aux rythmiques chaudes… le projet (avec un Louise Attaque dedans), ambitionne, avec arguments à l’appui, d’être dynamite !

D’une belle rencontre, THEE, STRANDED HORSE AND BALLAKE SISSOKO font un très émouvant disque éponyme (Talitres/Differ-Ant) où ces deux artistes de la kora réinterprètent en duo quatre titres du “Churning Strides” du premier nommé. Plus de mains et plus de possibilités, en fluidité comme en perspectives, en légèreté comme en perceptions, un disque où l’âme est pure. Exemplaire.

MATT ELLIOTT poursuit avec “Howling Songs” (Ici d’Ailleurs/Differ-Ant) sa quête des beautés sombres, œuvres de peu de lumières, de chant des profondeur, un folk aux plaisantes effluves de traditions ancestrales italiennes comme d’autres folklores oubliés. Ardu et précieux, envoûtant si l’on s’y frotte sans garde.

RACHEL UNTHANK AND THE WINTERSET et “The Bairns” (Beggars/Naïve) fait dans le dépoussiérage. Le classicisme folk britannique perd quelques cordes et se pare d’habits contemporains : arrangements sombres, interprétations théâtrales et maniérisme maîtrisé. Les compositions et les reprises (un très beau “Sea Song” de Robert Wyatt) s’enchaînent et se fondent presque aux airs traditionnels du genre, preuve de réussite de l’entreprise, mais source de lassitude également.

On préférera finalement le folk de RODDY WOOMBLE, KRIS DREVER, JOHN McCUSKER. Sur “Before The Ruin” (Navigator Records), le chanteur d’Idlewild s’associe à deux figures du folk britannique, convie des invités prestigieux (les écossais de Capercaillie, la chanteuse irlandaise Heidi Talbot, le batteur de Radiohead Phil Selway, Norman Blake et Francis MacDonald de Teenage Fanclub) pour un disque raffiné, à la production élégante et policée, et respectueux des anciens. Sobriété et communion : violons et instruments traditionnels, chant partagé et chœurs vaillants, mélodies qui ouvrent vers la mélancolie ou la danse enjouée… et les paysages écossais, maritimes ici, permanents et poétiques.

KOCANI ORKESTAR is a band from Macedonia and from the world. “The Ravished Bride” (Crammed Discs) is full of liveliness, great instrumental or sung festive temptations (“Mangelma Stoposto” among others) // On “Someone Else’s Déjà Vu” (Saddle Creek), SON AMBULANCE adds some brazilian samba, psychedelic pop and sixties nostalgia to its folk, for a smiling a very pleasant result // BEN’BOP, on its first and eponymous album (Le Village Vert) mixes ideas and styles : african punk, reggae with violins, quiet or noisy french pop, sung in english, french and wolof : dynamite ! // THEE, STRANDED HORSE AND BALLAKE SISSOKO, two kora players, made a very touching eponymous record (Talitres) where fluidity and emotion are deep in every note // MATT ELLIOTT and an other chapter of his quest for dark beauty with “Howling Songs” (Ici d’Ailleurs) and its lost folklore // RACHEL UNTHANK AND THE WINTERSET and “The Bairns” (Beggars), it’s british classical folk with contemporary, dark and theatrical arrangements // On “Before The Ruin” (Navigator Records), RODDY WOOMBLE, KRIS DREVER and JOHN McCUSKER teams up and invites some prestigious guests (Capercaillie, Heidi Talbot, Phil Selway from Radiohead, Norman Blake and Francis MacDonald from Teenage Fanclub) for an elegant and sober folk album : respect, deep choirs, melancholic melodies… poetry and beautiful landscapes…

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS
Posted by Julien on December 6, 2008

TOUR D’HORIZONS # 20 – Lily Frost, Melissa Laveaux, White Hinterland, Françoiz Breut, Susanna, Essie Jain

Les racines et les perspectives importent peu finalement, il est question ici de charmes universels, féminins et plutôt doux…

La Canadienne LILY FROST se disperse beaucoup sur son papillonnant “Ciné-Magique” (Boxson/Anticraft). Quand d’autres exposeraient leurs limites, elle aligne des possibilités. Suave chant latin (en français parfois) ou plus saccadées vocalises anglophones, elle jongle entre styles surannés (“It Is Just Spring ?“, “Raise The Veil“) et modernité séduisante (“Secrets“, “Season’s Song“). Aucune inflexion, aucune faiblesse sur la longueur, un album qui, s’il ne bouleverse pas, montre moult prouesses et promesses et charme à l’envie…

MELISSA LAVEAUX vient du Canada anglophone mais ses racines sont haïtiennes, créoles et francophones. Sur “Camphor And Copper” (No Format/Universal), les métissages se font en rythmiques très marquées, chaloupées ou berçantes. Soleil sombre et chaleur des sons, ses “My Boat“, “Chère Trahison“, “Dodo Titit” ou sa reprise du “Needle In The Hay” d’Elliott Smith, font d’elle une alternative contemporaine et crédible à Tracy Chapman, l’ouverture aux musiques du monde et le jazz inné en sus. Une bien belle apparition…

Casey Deniel faisait sa muse sur son précédent “Philactery Factory“. Avec le Luniculaire” (Dead Oceans/Differ-Ant) de son WHITE HINTERLAND, elle écrit une “lettre d’amour à la France, la musique et la langue française” en cinq titres aux belles désarticulations. Trois reprises (un vicieux “Requiem Pour Un Con“, un voluptueux “Mon Amie La Rose” et un hypnotique “J’ai 26 Ans” trouvé du côté de chez Brigitte Fontaine) et deux compositions plutôt expérimentales aux jolies inventions verbales. C’est un assemblage fragile et recherché, étrangement érotique (soupirs et évanescences) et presque miraculeux.

FRANCOIZ BREUT, ce sont des habitudes plaisantes : une voix profonde et chaude, des interludes instrumentaux et des chansons qui défient fièrement mais prudemment les orthodoxies en arborant textes érudits et arrangements précieux. Sur “A l’Aveuglette” (T-Rec/Pias), l’exilée a appris les leçons de ses compositeurs dévoués passés, les récite patiemment et se débrouille seule (ou presque) pour délivrer de nouveaux ensorcellements (“L’Etincelle Ou La Contrainte Du Feu” parmi d’autres). Fondamentalement, rien ne change et, contrairement aux préceptes souvent en vigueur ici, c’est très bien ainsi…

SUSANNA s’est fait une spécialité des reprises lentes et hantées. Sur “Flower Of Evil” (Rune Grammofon/Differ-Ant), elle revisite ses classiques (des morceaux de Black Sabbath, Nico, Lou Reed ou Prince) avec pesanteur (et parfois mollesse), délivrant du commun comme du magnifique (une reprise quasi-gothique du “Lay All Your Love On Me” d’Abba). On louera également le sommet paisible de ce recueil : une version en duo avec Will Oldham, académique mais tellement pertinente du “Without You” popularisé par Mariah Carey.

Le cas ESSIE JAIN est le plus complexe. Longtemps les charmes de son “The Inbetween” (The Leaf Label/Differ-Ant) se sont refusés à convaincre : trop d’emphase dans le chant, trop de froideur dans les postures, trop de manières pour une séduction instantanée. Il a fallu perséverer, se dire que ce disque est trop inhabituel, que son classicisme apparent cache forcément des secrets inavouables et se préserve d’un attachement immédiat et trop facile… et puis, se rendre à l’évidence, à l’écoute de “The Rights“, “Do It” ou même l’entrainant “Here We Go” : ce disque est celui d’une sirène distante, à la voix patiente et orfèvre dans ses pièges, aux atouts tentaculaires et beaux. Un album de sortilèges glacés et vénéneux, et d’une attirance au long cours.

Lots of styles and possibilities on LILY FROSTCiné-Magique” (Boxson), from old-fashionned to modern tunes, jazzy charms and many beautiful promises… /// MELISSA LAVEAUX comes from Canada but her roots are in Haiti. On “Camphor And Copper” (No Format) she mixes world music with jazz, covers Elliot Smith and puts smiles on our faces… /// On WHITE HINTERLANDLuniculaireEP (Dead Oceans), Casey Deniel sings in a experimental French : three covers and two new songs, all strangely hypnotic and quite erotic as well… mmmm… /// FRANCOIZ BREUT as always on “A l’Aveuglette” (T-Rec) : deep peaceful and warm voice, erudite lyrics and a renewed pleasure. /// SUSANNA is specialised in covers. On “Flower Of Evil” (Rune Grammofon), the most notable ones are an almost gothic version of ABBALay All Your Love On Me” and a great duet with Will Oldham on “Without You“. /// One could say that ESSIE JAIN puts too much emphasis in her singing and that her music is much too cold, but when “The Inbetween” (The Leaf Label) reveals its unusual treasures, it’s like a distant siren (“The Rights”, “Do It”…)...

Categories: DISQUES, TOURS D'HORIZONS