discipline et folie…

MEIN SOHN WILLIAM – Mein Sohn William

Un peu de recul, du conditionnement pour l’hypnotisme. Une musique tout en boucles, nécessaires à mettre en œuvre pour favoriser l’illusion d’un ensemble coordonné quand c’est un homme seul, Dorian Taburet, qui fait le boulot de quatre ou cinq.

Avec discipline et folie, pour le meilleur (“Million Thousand People”, caraïbes chamboulées ou “Carbonnade” transe-formation) comme pour le presque pire (“My Jazz Hot” ou “Our Naked President”, les cordes raides entre génie, incompréhension totale et franche rigolade, allégrement franchies). De l’épuisement en à peine une demi-heure, disque brutal comme un acte sexuel intensément court (“Megawatt Megawatt”) et de la syntaxe stylistique massacrée avec ferveur, cri et instants (pop) reposants ou jouissifs.

Français, étonnamment, mais il aurait pu être Féringien (comme l’ami Budam) ou marginal d’ailleurs…

Mein Sohn William (Ici d’Ailleurs)


DAKOTA SUITE & QUENTIN SIRJACQ – The Side Of Her Inexhaustible Heart

C’est cette musique qui me conviendra le mieux bientôt, quand toute envie de rage aura disparue et que la frustration ne sera que souvenir en bribes. Apaisé, serein, apte enfin à profiter, à jouir de ces notes économes, lentes, précieuses une à une. De ce chant qui se distille avec parcimonie, choisissant ses morceaux, laissant


TOP 2011

Du piano contemporain ou classique, du folk sombre, lumineux ou gothique, du rock singulier, un barde mexicain et mon “habituel nouveau groupe écossais préféré de l’année”... 2011 fût une année éclectique, un peu décevante avant de devenir foisonnante et passionnante dans ses dernières semaines. A découvrir sous une forme inédite, ici.


RIDE THE ARCH – Diagonal Elevator EP

Dans la cour des grands, dès le premier EP, dès le premier titre, dès les premières mesures nostalgiques, dès les premiers mots chantés de cette voix éraillée presque immédiatement à bout de souffle, faite pour le rock comme une évidence presque trop convenue. Grunge quand les guitares prennent le devant, en Pearl Jam des stades à


LA BOITE A OOTI – La Boite à Ooti

L’intrigante Boîte à Ooti dans laquelle on trouve toutes sortes de choses étranges : des ritournelles enfantines d’apparence qui cachent des propos plus graves sous leurs fausses naïvetés, des ambiances et un imagier qui flirtent avec la fiction Burtonienne ou celles des contes d’antan, des arrangements qui savent inquiéter autant qu’envouter, une voix de sirène qui


UNIFORM MOTION – One Frame Per Second

Balmorhea, Black Eyed Dog, Live Footage… En des intentions et styles différents, autant de perles découvertes au gré des envois d’un label/distributeur italien fidèle même dans mon silence. Pépites à extirper de vracs/collections de disques souvent orientés math-rock qui n’excitent qu’occasionnellement mes oreilles peu friandes de sons trop calculés… Jusqu’à la touche juste et donc,


FOREST FIRE – Staring At The X

Des bizarreries, des chansons qui commencent et se terminent en queue de poisson, et des erreurs d’étiquetage/aiguillage sûrement. Lloyd Cole drogué qui aurait perdu ses Commotions dans un espace-temps indéfinissable (“Born Into”), des Walkmen débonnaires (“The News”), un hybride Dylan/Bowie égaré dans ce siècle (“Staring At The X”/”Blank Appeal”) et des morceaux qui semblent s’être


MANSFIELD TYA – NYX

Dès les premières strophes, tout est dit, et résumé brillamment : “Et le bronzage de tes fesses / Dessine un cœur vulgaire mais beau / Comme notre amour”. Comme une évidence, “vulgaire” car un peu dérangeant et parfois dérangé, des chansons qui jouent avec les codes, mêlent pop évidente à des expérimentations plus abstruses (“Animal”), se


PREVERT & NEVCHEHIRLIAN – Le Soleil Brille Pour Tout Le Monde ?

Un jugement faussé et des qualificatifs inadéquats pour commencer : slammer à la Cali avec accent du sud et musique sanseverinesque d’emblée… Des attributs exagéré mais rédhibitoires et l’assurance, en général, de ne passer que très brièvement (et souvent sans perspective de seconde chance) sur ma chaine hifi, mon désintérêt en ces styles étant particulièrement élevé


MAÏA VIDAL – God Is My Bike

Je n’aime pas la musique de Maïa Vidal mais j’aime beaucoup son disque… ou alors c’est peut-être le contraire : je n’aime pas son disque, mais j’aime beaucoup sa musique. Ou alors j’aime Maïa Vidal et qu’importent mes contradictions et mes valses-hésitations… La vie n’est pas qu’une fête foraine, et même si l’on se met des


SISKIYOU – Keep Away The Dead

Colin Huebert, en deuxième échappée hors ses Great Lake Swimmers et accueilli à bras ouverts encore plus (le précédent album éponyme ayant été révélation certaine mais discrète) pour son folk blessé et lumineux. Une façon de qualifier une musique qui oscille entre souffrance (voix chevrotante, tremblements et approximations, chœurs fantomatiques et spleen recouvrant) et rayons


SAMIR BARRIS – Tenter l’Atout

Comme s’il existait une école belge du genre, la variété-pop (ou la pop-variété, l’une ou l’autre des composantes prenant alternativement l’avantage) qui oscillerait au gré des écoutes entre le mièvre (Mièle, en exemple éloquent) et l’orfèvrerie (Mièle également…) et accueillerait dans ses rangs Samir Barris (un Melon Galia, à l’origine) et son deuxième album. Ecriture


MEGAFAUN – Megafaun

Sur leur précédent Gather, Form and Fly, les longs-barbus de Megafaun essayaient déjà d’englober des pans entiers de la musique américaine contemporaine, version folk, avec penchants pop et réhabilitation d’instrumentations désuètes comprise. Chantier vaste, plutôt bien abouti alors, redimensionné désormais avec ambitions plus larges encore. Les anciens compagnons d’armes de Justin Vernon se frottent ainsi


MARIANNE DISSARD – L’Abandon

L’Entredeux précédent était déjà difficile à cerner. La jeune française exilée à Tucson, Arizona, s’entourait de Joey Burns et de John Convertino pour donner des accents locaux (le désert, l’aridité, la séduction des grands espaces) à son folk teinté de musette ou de sixties songs… Pour L’Abandon, changement d’équipe et perte des repères : Christian Ravaglioli


TRASH PEPE – Arsenal Mélancolique

Révérend Séide et Amiral Lige, j’ai reçu votre CD récemment. J’ai d’abord cru à une erreur, j’écris généralement sur des disques, des incarnations physiques d’un art, la musique, déclinée en chansons et albums le plus souvent. Jamais (à l’exception notable de l’album de Nicolas Comment) je n’écris sur des trips égocentriques torchés ou vomis (c’est


MAISON NEUVE – Joan

Du Galaxie 500 ici et là, un peu flou au début (“You Are My Prophet”), plus net par la suite (“Jojo”). En filigrane, cet amour d’ici pour le rock américain indolent et un peu daté, les chansons qui posent des fondations et les soignent plus que les murs qu’elles bâtissent ensuite, les albums qui s’étirent