BASTARD MOUNTAIN – Farewell, Bastard Mountain

BASTARD MOUNTAINOn jurerait entendre une cornemuse.

Elle est forcément là, au loin, quelque part dans les Highlands, jouant pour les âmes égarées. On la fantasme plutôt, c’est son incarnation en un violon drone que l’on entend ici. Du début à la fin d’un disque qui convoque fantômes des Hautes Terres et valses lentes des ceilidhs des villes écossaises, enregistré par un all-star indie band du cru, vertueux et inspiré [Neil Pennycook (Meursault), Pete Harvey (The Leg), Jill O’Sullivan (Sparrow and the Workshop), Rob St. John et d’autres comparses…]. Partages, échanges, semi-improvisations et collaborations ad hoc, on n’entend ni l’électricité, la rage ou la folie de leurs groupes respectifs mais, sans heurts ni séparations entre les morceaux, des évocations splendides de spleens et de mélancolies apaisées. Des moments de grâce, des chuchotements, des chansons qui s’éveillent ou qui s’endorment et jouissent des lumières magnifiques des aubes et aurores locales.

Et qui savent se passer de cornemuses tout en étant viscéralement écossaises…

Bastard Mountain (Song, By Toad Records)

August 12, 2014  Comments Off

BOSSA NOVA, l’âme bohème du Brésil

Visuel BOSSA NOVAEntre autres vertus d’une énième et opportuniste compilation de musique brésilienne, les piqûres de rappels et les attentions délicates et surprenantes. La Bossa Nova, donc, du Brésil et d’ailleurs, des grands noms (Joao Gilberto, Antonio Carlos Jobim, Jorge Ben, Gilberto Gil...) et de leurs standards aux artistes moins exposés qu’il faut montrer aux néophytes (Tom Ze, Vinicius Cantuaria, Nara Leao...). La Bossa Nova d’autres pays, subjugués dans les années soixante par cet art de vivre et désireux de le propager de New-York (Quincy Jones et son tubesque “Soul Bossa Nova”) jusqu’à Paris. Ainsi, un Serge Gainsbourg bohème (“Ces petits riens”), un évident Henri Salvador (“Dans mon île”), un hommage par Pierre Barouh et ce rappel, essentiel, que Nino Ferrer a écrit quelques unes des plus belles chansons “françaises” dont cette “La Rua Madureira” doucement mélancolique.

L’été sera saudade…

(Verve/Universal)

June 27, 2014  Comments Off

VINCENT BRUNNER – Platine

Visuel VINCENT BRUNNER - PlatineLe dernier ouvrage en date de Vincent Brunner, Sex & Sex & Rock’n’Roll (illustré par Luz), traitant explicitement des déviances, singularités et performances sexuelles des petits et grands rockeurs de ce monde, lorsque l’auteur-journaliste annonce il y a quelques mois la parution prochaine de son premier roman, je m’attends à une sorte de plongée dans les bas-fonds du rock, une modern rock story musicale à base de drogues, de cul, d’alcool et d’égos surdimensionnés. Vincent Brunner a déjà écrit longuement sur Dylan, Miossec et documenté les excès des uns et des autres dans les deux volumes de Rock Strip, il a donc une légitimité, un recul et presque une obligation à traiter de cela. J’envisage un roman d’apprentissage, les premiers pas d’un groupe innocent dans un monde féroce, une histoire de rivalité amoureuse sur fond de rock testostéroné, des descriptions crues et un ton clinique et cynique…

Je n’imaginais pas un seul instant qu’il faudrait aller chercher Platine dans le rayon littérature jeunesse (sur les étagères pour ados et pré-ados), que le narrateur serait une adolescente férue de rock, un peu rebelle mais somme toute fort sage et posée, et qu’on aborderait des thématiques plus essentielles finalement que les arts mineurs. La découverte de ses racines, par le truchement d’un vinyl de Nevermind, la naissance d’une passion, les crises et interrogations adolescentes sur le bien et le mal, le racisme stupide, les émois amoureux, l’affirmation de soi… en à peine une semaine de la vie d’Eva, l’héroïne touchante et plutôt adroite.

Vincent Brunner écrit à la Nick Hornby, à l’anglo-saxonne, plutôt directement et sans s’embarrasser de circonvolutions accessoires. En s’incarnant en jeune fille du moment, il s’épargne les travers nostalgiques de sa propre adolescence et réussit brillamment à éviter les pièges de la méconnaissance de celle du moment. C’est frais et trop stylé, dirait mon fils…

Eva, ainsi, c’est la fille qu’on rêverait d’avoir (on en a l’âge désormais), celle à qui on voudrait faire découvrir ses propres goûts musicaux et autres, celle qu’on serait fier de voir grandir et qui nous mettrait la larme à l’œil quand on s’apercevrait que c’est un peu de nous qui s’émancipe tout en se rapprochant…

 

Ce roman parle de transmission. J’ai voulu le lire avant de le transmettre à mon fils. Il m’a ému, j’espère qu’il touchera mon fils autant que moi…

 

Vincent Brunner – Platine (Flammarion Jeunesse, collection Tribal)

June 19, 2014  Comments Off

PINK MOUNTAINTOPS – Get Back

jag250.11183v5A force d’essais sous différents noms (Black Mountain évidemment) et avec d’autres line-ups (toute la Blackmountainarmy canadienne y étant passée), le moment devait arriver où Stephen McBean irait dévergonder la pop britannique en lui infligeant ses guitares sales et sa batterie martiale.

Et donc, rapidement, deux morceaux d’exception, “The Second Summer Of Love” (tendance Blur) et “Through All The Worry” (orientation Oasis) comme incarnations du meilleur de la britpop lutinée sauvagement par le grunge. Métaphore réductrice de tout ce que ce disque peut proposer successivement comme solos saturés, grands pianos, tentations blues, saxos débridés, oldies de rêves et chouettes clins d’œils… jusqu’à évoquer Bowie sur le grandiloquent final “The Last Dance”.

Un disque englobant tant de fantasmes qu’il en devient logiquement obsédant…

Pink Mountaintops (Jagjaguwar)

May 31, 2014  Comments Off

MARISSA NADLER – July

Visuel MARISSA NADLER - JulyDu côté de Sharon Van Etten ou de Hope Sandoval... Du coté de l’americana qui se remet en question à chaque disque, par une multitude de détails et d’attentions. Par une approche rêveuse des chansons, folk éthéré enjolivé encore par une voix féminine soyeuse, et ce supplément indescriptible par rapport à la “concurrence” : de l’âme, une certaine véritablement artistique de sa musique, une façon de sublimer d’enveloppements poignants ce qui pourrait déjà, minimaliste, être un folk intense (“Desire”, “Holiday In”). Un peu suranné, un peu fantasmée, “It’s me you’re looking for” (“Firecrackers”). Très certainement…

Marissa Nadler (Bella Union)

May 22, 2014  Comments Off

MELINGO – Linyera

Visuel MELINGO - LinyeraUn soir de concert à la Cigale, il y a quelques années, et la révélation d’une évidence : mon père aurait tellement aimé Melingo! Et comprendre aussitôt pourquoi j’ai dans ma discothèque des disques de Carlos Gardel ou d’Astor Piazzolla... que je n’écoute pas. Et que j’ai des disques de Daniel Melingo... que j’écoute bien plus souvent.

Parce que Carlos Gardel ou Astor Piazzolla, c’était le tango qu’écoutait mon père quand il avait mon âge, ce n’est pas le mien, c’est celui que j’écoute (ou n’écoute pas) par procuration. C’est celui que mon père aurait pu partager avec moi plus tard. Et que j’aurais pu apprécier, avec lui.

Tandis que le tango de Daniel Melingo, c’est mon tango, celui que j’ai découvert sans lui et que j’aurais aimé lui faire apprécier. Et qu’il aurait apprécié, comme il appréciait les dynamiteurs de convenances d’autres styles d’Henri Tachan à Graeme Allwright en passant par Paolo Conte. Qu’il aurait apprécié les premiers disques de Melingo, ce tango dévergondé et son interprétation fière et joueuse. Et qu’il aurait encore plus apprécié ce Linyera qui pousse la liberté d’interprétation à l’extrême (“La Maceta”, “Volver A Los Diesisiete”, morceaux magnifiques, quelque peu atypiques) et les retranchements dans les confins, comme si le tango devenait parfois la bande originale idéale des films de Fellini, leur insufflant un esprit punk, des couleurs hautes et une bonne dose de lubricité. Et un talent sans borne, œillère ni frontière…

Melingo (World Village/Harmonia Mundi)

May 12, 2014  Comments Off

WILL STRATTON – Gray Lodge Wisdom

Visuel WILL STRATTON - Gray Lodge WisdomDès le splendide morceau éponyme introductif, tout (les premiers accords de guitare, le premier couplet, les premiers arrangements enveloppants, la voix invitée…) s’inscrit immédiatement dans la tradition “classique” des très grands songwriters américains (et britanniques, Nick Drake étant régulièrement cité). Approchés, rejoints et dépassés souvent en termes de dextérité, de finesse et de subtilité (“Long Live The Hudson River Valley”).

L’heur d’une éducation pointue en composition musicale, la proximité d’une “école” officieuse (Nico Muhly, présent sur le disque, ou Sufjan Stevens, déjà entendu chez lui) et l’intelligence de s’en détacher en préférant l’émotion à la technique.

Tâche ardue, on entend tant de notes, mais brillamment menée, on retient des mélodies… Ce qui, pour un nouvel album pop (le précédent, Post-Empire, ayant déjà obtenu nos suffrages), est gage de réussite. Éclatante, en l’occurrence.

Will Stratton (Talitres)

April 30, 2014  Comments Off

XIU XIU – Angel Guts : Red Classroom

Visuel XIU XIU - Angel Guts Red ClassroomAvez-vous déjà entendu un synthétiseur agoniser ?

Avez-vous déjà entendu une voix chanter d’outre-tombe ?

Avez-vous déjà entendu des sons suicidaires ?

Avez-vous déjà entendu le derniers derniers hurlements d’animaux ?

Avez-vous déjà entendu l’horreur être écœurée ?

Avez-vous déjà entendu des psychopathes s’évanouir de frousse ?

Avez-vous déjà entendu des cris effrayer les bourreaux ?

Avez-vous déjà entendu Suicide se faire tout petit ?

Avez-vous déjà entendu eu peur en écoutant un disque ?

Avez-vous tout de même apprécié ce disque et reconnu le génie étrange de Jamie Stewart ?

Xiu Xiu (Bella Union)

April 17, 2014  Comments Off

TROIS DISQUES DE JAZZ

Visuel PIERRICK PEDRON - Kubic's CurePierrick Pedron – Kubic’s Cure

Reconnaître par bribes, le saxophone incongru dans l’univers de Cure s’amusant à décomposer, moduler, recomposer les thèmes vintage et leur offrant un écrin déstabilisant au premier comme au xième abord. “A Forest”, “Lullaby”, “Just Like Heaven” ou “Boys Don’t Cry” revisités, éclatés, hauts en couleurs, en associations improbables, un kaléidoscope brutal aux néophytes. Mentions spéciales au saisissant “A Reflection” et au “Killing An Arab” devenus instantanément classiques.

Pierrick Pedron (The ACT Company)

 

Visuel ALEX STUART - Place To BeAlex Stuart – Place To Be

Reprise aussi chez le guitariste australien Alex Stuart, mais une seule, le “Where Is The Line” de Björk, sombre, torturé, minéral, très beau. Le reste : du post-jazz, (comme ailleurs on parle de post-rock), piochant largement dans des influences africaines (le morceau éponyme, autre temps très très fort de l’album) et frôlant par cycles courts des sommets d’intensité (l’éloquent “Little Black Lion” initial) et de groove saccadé, et passant de clubs enfumés new-yorkais aux savanes brûlantes en transitions fugaces, indécelables ou presque.

Alex Stuart (Gaya)

 

Visuel WATERBABIES - Inner IslandWaterbabies – Inner Island

Duo batterie clavier volontiers tenté par la pop (structures comme ambiances) comme par les expérimentations électro (l’usage du vocoder, l’abus de basse, “Nacht” un peu fou) mais qui hésite à s’éloigner trop des standards et d’un joli classicisme sobre et plutôt minimal. Du piano-bar en somme, mais des années 2050, pour des palaces robotisées et une clientèle excentrique mais garante des traditions…

Waterbabies (Naïve)

April 14, 2014  Comments Off

MICAH P. HINSON AND THE NOTHING – Micah P. Hinson and The Nothing

micahpinsoncouvLa country gangrenée par les préceptes et interdits religieux. En toile de fond, d’abord. Mais immédiatement complètement revue, réinterprétée, bafouée autant que révérée…

Micah P. Hinson en a bavé, cela s’entend, dès les premières notes, les plus brutales de l’album, histoire de planter le décor, et de fausser un peu les impressions. Parce que dès “On The Way Home (To Abilene)” ce sont Howe Gelb, Bill Callahan, Will Oldham, les hautes sphères qu’on fréquente, l’Amérique profonde mais celle qui a voyagé, qui s’est ouverte aux autres (ici, en l’occurence, des musiciens espagnols et Andy MacFarlane, guitariste/compositeurs des géniaux écossais de The Twilight Sad) et s’en enorgueillit. Et s’épanouit dans l’épure et la très belle sobriété (“I Ain’t Moving”, “The Quill”) comme dans le plus beau du folk countrysant (“The Life, Living, Death And Dying, Of A Certain And Peculiar L. J. Nichols”), la valse brillamment réinterprétée (“Sons Of The USSR”) ou l’inqualifiable majesté (“The Crosshairs”, morceau caché).

Disque majeur de 2014, comme de 1954, de 1884 et de 2044…

Micah P. Hinson and the Nothing (Talitres)

April 10, 2014  Comments Off

ELENI KARAINDROU – Medea

Visuel ELENI KARAINDROU - MedeaPlus encore peut-être que dans ses disques précédents (Trojan Women ou les Bandes Originales des films de Theo Angelopoulos The Weeping Meadow et Eternity And A Day), il y a sur Medea un sens de l’épure rarement atteint dans la discographie pourtant déjà riche d’Eleni Karaindrou.

Notes qui se suivent respectueusement, se chevauchent avec parcimonie et respect, s’étirent longuement, jusqu’au bout des souffles… et tracent les contours d’un paysage blanc, brûlant, ancestral et magnifique.

Des réminiscences de son chef d’œuvre (Ulysses’Gaze/Le Regard d’Ulysse), des thèmes lents, répétitifs et obsédants, pesants et bouleversants et les cinq morceaux avec chœurs proches des cimes de perfection.

Eleni Karaindrou (ECM)

April 6, 2014  Comments Off

YOYOYO ACAPULCO – YYY ACA

Visuel YOYOYO ACAPULCO - yyy acaD’une pop joyeuse, théâtrale, à la Noah and the Whale, capable presque d’entrée d’enchaîner le tube sautillant de l’été (“Summer Fling”, drague, piscine et apéro) au hit de l’hiver (“Snow Song”, sa version plus anti-folk-pop choral), à des mélodies plus graves en deuxième partie d’album et un “Before” au songwriting splendide.

Le nom, déjà promesse d’exotisme, première entorse aux évidences (les Yoyoyo sont norvégiens) et les premières intentions euphoriques remises en cause par une sorte d’étrange calypso du froid, un peu plus réfléchi, et tout autant emballant.

Le tout avec maladresse, déraillements, bonnes fausses idées et en moins d’une demie-heure, exploit remarquable et disque psychotrope...

YoYoYo Acapulco (BB Island)

April 3, 2014  Comments Off

ELYSIAN FIELDS – For House Cats And Sea Fans

Visuel ELYSIAN FIELDS - For House Cats And Sea FansUn constat un peu amer : si les magnifiques “Alms for your Love” et “Next Year in Jerusalem” entretiennent l’espoir presque d’entrée d’album (ambiances vaporeuses et éthérées, son cristallin, élégance rarissime en chanson), au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent, l’attention baisse, le charme et ses effets précédemment dévastateurs en berne temporaire et l’intérêt évasif. Redites ou recettes (trop) connues (on est fan, d’habitude, c’est un fait avéré) et de l’éparpillement quand on privilégierait un resserrement des styles.

Le privilège des surdoués : album majeur par rapport à la “concurrence” mais mineur dans la discographie du duo New-Yorkais… Jusqu’à ce qu’on y succombe par nostalgie dans quelques années.

Elysian Fields (Vicious Circle)

March 19, 2014  Comments Off

MOGWAI – Rave Tapes

Visuel MOGWAI - Rave TapesChercher depuis des années à comprendre ce qu’il y a d’intimement et d’intrinsèquement écossais dans la musique de Mogwai, à l’heure des apaisements fiévreux sur disque (la “scottish guitar army” en temps de paix, en manœuvres d’intimidation), de bandes originales localisées ailleurs, d’un accent devenu neutre sur les morceaux chantés…

Dans la tension politisée autrement que sur album peut-être (les tweets de Stuart ‘@Plasmatron’ Braithwaite), la musique demeurant cet espace de liberté, de défiance, de montée de sève (rock : “Remurdered”, “Hexon Bogon”), de pudeur et de conservatisme propre aux écossais (“Heard About You Last Night”).

Dans les paysages sûrement, magnifiques, étendus, propres aux rêveries (“Blues Hour”, “No Medicine For Regret”). Aux couleurs inouïes parfois, tonalités froides ou étonnement chaudes aux crépuscules.

Dans tout l’album, en fin de compte…

Mogwai (Rock Action)

March 5, 2014  Comments Off

SPAIN – Sargent Place

Visuel SPAIN - Sargent PlaceSi ce sont une belle torpeur, une soul et un blues lents, une élégance posée et d’autres (adjectifs) qualificatifs comme lancinant, feutré ou nonchalant, qui ont jusqu’à présent fait la réputation du groupe de Josh Haden, ce sont désormais vers les petites accélérations, les emballements mesurés et les excès raisonnables qu’il faut se tourner pour les frissons, rares et légers.

“It Could Be Heaven” ou “Sunday Morning”, quelques débits de chant plus soutenus, des guitares moins policées pour donner l’impression que Spain ne refait pas le même album que le précédent The Soul Of Spain ou que le culte The Blue Moods Of Spain du siècle dernier. Des moments finalement insuffisants à redonner foi et envies.

Spain nous a appris le flottement fainéant, même son “Waking Song” final ne parvient pas à (re)dynamiser notre intérêt somnolent du moment.

Every time I try to wake / It’s time to go to sleep“. On n’aurait pas dit mieux, hélas…

Spain (Glitterhouse)

February 26, 2014  Comments Off

JIM YAMOURIDIS – The True Blue Skies

Visuel JIM YAMOURIDIS - The True Blue SkiesLeonard Cohen déguisé en bluesman, Crime and the City Solution tournant au ralenti ou une incarnation un peu moins passionnée de Nick Cave : des compagnons de style plutôt que des modèles. La musique de Jim Yamouridis s’entend en une sorte de blues international (grec d’origine, australien de passeport, français d’adoption), lent (“Slow” équivoque, pour conclure le disque) ou en swing débonnaire, mais précis (“Body of Proof”).

Lenteur propice à la majesté et l’élégance d’ornements jazzy pour un disque qui s’écoute plutôt religieusement. Lancinant, frontières tenues avec le soporifique, mais sachant varier – discrètement – les rythmes et pourvoir en mélodies plutôt charmantes (“Hey Babe”) et allant même jusqu’à reprendre le “Mireille” de Dick Annegarn, en français dans le texte, en lui donnant gravité et solennité. Petit exploit discret…

Jim Yamouridis (Microcultures)

February 16, 2014  Comments Off

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