BOWERBIRDS - Upper Air
by Julien on Jun.27, 2009, under DISQUES
Leur précédent (et premier album) “Hymns For A Dark Horse” avait fédéré les amateurs de légèreté folk, de subtilités charmantes et de chansons évidentes aux refrains douillets, ritournelles en somme, pétillantes sous un abord parfois sombre. Ce second album risque de les diviser : la séduction n’est plus immédiate, l’abandon retenu, l’ivresse dissimulée et la gravité des ambiances érigée comme paravent… Une erreur d’interprétation du premier opus (déjà sur scène, le dessein était peu léger), une reconfiguration, une volonté de brouiller les pistes qui annonçaient des destinations pourtant souriantes (et malgré un premier titre, “House Of Diamonds” aux intonations aériennes) ou une autre facette d’un talent plus large qu’on le pensait initialement ? “Upper Air” se livre peu, se dévoile difficilement, s’appréhende avec persévérance et confiance presque aveugle, sur la foi d’un enthousiasme précédent. Les chansons y sont belles par défaut (“Beneath Your Tree“, “Chimes“), elles ne brillent pas mais n’indiffèrent pour autant, il faut traquer le sentiment, forcer l’émotion et le trait, chasser l’absence et finalement s’apercevoir d’une autre forme d’agrément, indocile mais gratifiante. Bowerbirds est un groupe difficile à cerner, rare et précieux, et forcément, sujet à petites polémiques dispensables. Tant mieux, presque…
Dead Ocean/Differ-Ant
Folk lightness, subtle and charming songs, less immediate enthusiasm than for their previous (and first album) “Hymns For A Dark Horse” but enough reasons for liking it a lot…
Web : Bowerbirds
GRIZZLY BEAR - Veckatimest
by Julien on Jun.20, 2009, under DISQUES
Les attributs d’un disque de chevet, la gamme complète et au-delà des arguments aux sommets d’estime et la prétention méritée aux plus hautes marches des bilans de fin d’année, “Veckatimest” et sa distinction rock, chaloupée et orfèvre, en musique rare et fine. Il y a du bercement comme en valse sans fin (“Ready, Able“), du duveteux apaisant (“Cheerleader“) à la sophistication poussée… Jazz isolément, rétro aussi, comédie musicale intellectualisée, et donc agaçante, incompréhensible et irritante également. Quatuor désormais, occasion de multiplier effets, perspectives et tentatives, de charmer mille fois et d’embrouiller tout autant, d’ouvrir des voies et d’abandonner l’exploration aussitôt. Grizzly Bear fait dans l’épice rare, du safran pour les oreilles, délicieux en dose homéopathique (chaque chanson comme single précieux) mais indigeste à haute dose (l’album, enchaîné, fatigue). Malgré les réserves d’esthètes inutilement pointilleux, ne pas considérer ce disque parmi les plus remarquables de ces derniers mois serait toutefois faire preuve d’une impardonnable mauvaise foi…
Warp/Discograph
Rare and fine jewelry music, intellectualized and jazzy, great and frustrating, enchanting and confusing as well. One of the most remarkable album of the year…
Web : Grizzly Bear
MARIANNE DISSARD - L’Entredeux
by Julien on Jun.13, 2009, under DISQUES
Entre deux mondes, celui de l’exil à Tucson, Arizona, patrie de Calexico et celui, volontiers nostalgique, d’une France presque de carte postale, haute en couleurs et variétés nobles. Et entre deux états amoureux, la séparation et les (re)trouvailles, airs désabusés et prenant tout légèrement, ou sentiments graves et marquants. Entre deux et plusieurs styles, chansons riches en textures et en formes, où la francophilie de Joey Burns (et de John Convertino) s’enfonce dans les déserts locaux (arides et séduisants), mais quitte souvent la route et s’offre des escapades valse-musette (“Les Draps Sourds“) ou frenchy sixties (“Trop Exprès“). Entre Françoiz Breut et Françoise Hardy, voix grave et chant mutin, duos espiègles et passions sincères (le très joli “Cayenne“). Entre le délectable et l’enchanteur, la mélancolie qui contrarie un peu et celle qui touche. Difficile à cerner mais évident à apprécier…
Autoproduction
Between Tucson, Arizona, and France, nostalgia and colorful feelings, songs of separation and of love, made with Calexico’s members and friends, waltzes and songs for the nearby desert, Françoiz Breut and Françoise Hardy in mind. An enchanting melancholy and a great record…
Web : Marianne Dissard
TOUR D’HORIZONS # 26 – Neko, Porcelain, Amélie, Choice Dainties, The Bree Van De Kamp’s
by Julien on Jun.08, 2009, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS
NEKO et “One Hit Wonder!” (autoproduction) : le rythme de composition est plutôt lent, un perfectionnisme précieux pour un troisième disque (on avait déjà beaucoup aimé le court “Ghost Tracks” en 2005) où les morceaux, tous instrumentaux, prennent leur temps, inspirent la violence sans jamais y céder vraiment et suscitent finement l’obsession (“Oskar, Superstar !“, “Lovers Revolt“). Neko fait semblant de se répéter, suggère l’immobilisme mais avance loin par petits pas, s’émancipe de ses influences évidentes (Mogwai, Mono, Explosions In The Sky…) en leur fournissant des pistes sobres : repli sur les guitares, travail sur l’hypnotisme, simplification des formes, concentration des tensions… Beaucoup d’exigences pour un perfectionnisme de bon aloi et d’excellent goût.
PORCELAIN et “Adios Betty” (Drunk Dog/Differ-Ant), un troisième album aux lignes pop-rock plus affirmées, au chant mis en avant et à l’abandon (progressif et à tâtons) des atmosphères post-rock pour des compositions rock plus tendues et percutantes (“Spectacular“, “Adios Betty“). Moins d’originalité et d’enveloppements du coup, mais des ambitions et des horizons sûrement plus dégagés…
AMELIE et “Dinah” (Boxson/Anticraft) : un deuxième essai plutôt court et un peu moins enthousiasmant qu’un précédent “The Real Nature Of The Fantastic Ice Cream Car” aux séduisantes limites. Moins brut et bringuebalant, perdant en jolie timidité et décontraction ce qu’il gagne en assurance et sérieux un peu rébarbatif, le folk anglophone d’Amélie est toujours pointilliste et délicat, frais et appliqué, mais pétille moins, laissant davantage de regrets que plaisirs immédiats, comme une boisson un peu éventée, qu’on secouera pour reprendre un peu d’espoir…
CHOICE DAINTIES et “It’s Turning Red” (autoproduction), un premier album déjà ancien (enregistré en 2006), mais qui connaît une nouvelle vie en version numérique. Des influences sûres, Polly-Jean qui chanterait des compositions de Thurston Moore, aux rythmiques et guitares saccadées, des tentations plus instrumentales et plus rugueuses sur la fin, qui évoquent Blonde Redhead ou Shane Cough en tentant de s’affranchir de tout mimétisme. Une matière brute à polir et à surveiller de près…
Dans un registre proche, THE BREE VAN DE KAMP’S et “Introducing The Bree” (autoproduction), quatre titres solides aux guitares très sales et au chant de rage et d’obsession plus ou moins contenu (mais toujours fort plaisant), qui évoquent Sloy par endroits et se distinguent de la masse par petites touches et grandes perspectives…
NEKO and “One Hit Wonder!” : instrumental and rare music, suggesting violence without falling into it, turning quickly into obsession, pretending to be slow and repetitive but moving fast and far, free from obvious and early influences (Mogwai, Explosions In The Sky…) with an efficient method : leading guitars, hypnotism, simplified structures and focus on tension. More-than-great record ! /// PORCELAIN and “Adios Betty” : a third pop-rock album with less post-rock influences and more punch, less singularity but a brighter future /// AMELIE and “Dinah” : pointillist and delicate french folk, shy but smiling /// CHOICE DAINTIES and “It’s Turning Red” : PJ Harvey meets Thurston Moore, raw and rough… /// THE BREE VAN DE KAMP’S and “Introducing The Bree” : dirty guitars and savage vocals, obsessive like an old Sloy record…
JENNY IN CAGE - Solid Liquid Ether
by Julien on Jun.02, 2009, under DISQUES
Le name-dropping d’influences et d’impressions est tentant pour les catégorisations rapides et forcément escamotées (Soundgarden, Alice In Chains, Faith No More, System Of A Dawn, Sunny Day Real Estate, Codeine…) mais peu satisfaisant quand il s’agit de préciser certains atouts rares ou uniques en nos environnements (parisiens, en l’occurrence). Jenny In Cage, aux sons d’un grunge réincarné, affranchi de ses oripeaux informes et focalisé sur ses aspects les plus mélodiques, fait œuvre réfléchie et prometteuse, et déjà remarquée. Rock teigneux mais posé, sans prétention mais avec la solidité et l’humilité des expériences passées. Pesanteur du ton et de l’ambiance, mais tentations pops indéniables et assumées (“Murders In The 70’s“) en un souci de démonstration qui prend sa mesure sur scène, où l’efficacité de certains titres (“Acid Money Love Guru“, “Rockumentary“) se mue en explosivité désinhibée, fédératrice des nostalgiques contemporains. Violemment autonome, “Solid Liquid Ether” est un disque assez seul finalement, sans concurrence sur ce terrain et avec nulles autres revendications que celles, légitimes, de l’autosatisfaction partagée…
Autoproduction/Musicast
Name-dropping is useful for listing their influences (Soundgarden, Alice In Chains, Faith No More, System Of A Dawn, Sunny Day Real Estate, Codeine…) but useless to describe their unique strenghts in our environments (Paris, french rock scene) : sounds of reborn grunge, free from its dirty sides, focused on its melodic parts… Humble rock with undeniable pop temptations (the great “Murders In The 70’s“) and some live power (and almost) anthems (“Acid Money Love Guru“, “Rockumentary“)...
Web : Jenny In Cage
BE MY WEAPON - march/2009
by Julien on May.25, 2009, under DISQUES
On ne cherchera aucune explication logique au changement (temporaire ?) de patronyme. Be My Weapon, c’est David Freel, c’est (Swell), dernière incarnation en date de Swell (sans les parenthèses), marotte/marmotte nineties aujourd’hui sortie d’hibernation, revenue heureusement au rythme d’antan et miraculeusement plus enthousiasmante encore que sur le calme “ South Of The Rain And Snow” de l’année dernière… Les titres les plus “énervés” (“All Were After“, “The Exits” et un “Bad Bad Bad” particulièrement épatant) renvoient aux heures de gloire indie du siècle dernier, les autres à une sorte d’excellence contemporaine du songwriting paisible, fait d’une fausse décontraction et de tension lumineuse. C’est l’indolence sans la torpeur, la voix caressante sans être mielleuse, la batterie franche et la guitare fluide : aucun effet de manche, juste le talent et une sobriété singulière… Des collines enneigées de l’Oregon au soleil de la Californie du sud, toute une géographie imagée, des raisons supplémentaires de croire en l’Amérique et de s’attarder sur un de ses compositeurs les plus passionnants, faisant d’une écriture flemmarde des chefs d’œuvres miniatures, à répétition…
Talitres/Differ-Ant
Be My Weapon is David Freel a.k.a. (Swell) a.k.a. Swell but it makes no difference. It is still the same quiet, indolent, falsely relaxed and smart songwriting. But this time, it’s even better than before !
Web : Be My Weapon
MAXÏMO PARK - Quicken The Heart
by Julien on May.23, 2009, under DISQUES
Se faire avoir par la hype escroque et encenser un troisième album qui délaisse les tentations de grandiloquence pour privilégier le concentré : morceaux brefs, assez nerveux, addictifs par leurs facilités et produits intelligemment. Ou dénoncer l’enthousiasme de fans aveuglés et la banalité d’un disque et d’un groupe qui surfent sur des clichés éprouvés et lassants : rock énergique mais dénué d’inventivité, accroches de certains refrains mais banalité des couplets, actualité et pertinence peut-être mais absence de relief et de profondeur, classicisme rock et comblement des brèches par des touches électro insignifiantes… Peut-être un peu au-dessus de la mêlée de groupes britanniques en quête de gloire, de quoi chahuter quelques postérieurs désoeuvrés, faire pendre les langues qui s’extasient sur les meneurs de troupe, mais pas de quoi fouetter les oreilles réticences aux effets de mode ou d’esbroufe.
Warp/Discograph
Hype, some nervous songs, some addictive choruses… but almost nothing else and no reason for being enthusiastic about it.
Web : Maxïmo Park
SWAN LAKE - Enemy Mine
by Julien on May.14, 2009, under DISQUES
Avec du Bowie dans le gosier, qu’on devine peu sec, un chant presque douloureux et des envies de tout déstructurer, le super-groupe canadien – featuring Daniel Bejar (Destroyer, The New Pornographers), Spencer Krug (Wolf Parade, Black Mountains) et Carey Mercer (Frog Eyes) – refait le coup (l’exploit ?) de l’album idéal : grandiloquent et intime, cabaret et dépouillé, touchant et détaché, sale et lumineux, simple et infiniment complexe, daté et visionnaire…Leur rock vise les tripes, les tord et les détend, et fait l’effet d’un massage pro : douloureux sur l’instant mais tellement dispensateur en bien-être ultérieur… Eloges et louanges suspectes et révisables à tout instant, des chansons en forme de pétards mouillés, d’autres (“Spanish Gold, 2044“, “Paper Lace“, “Peace“) en déflagrations pérennes, emballements du moment, salutaires quand il faut pousser le rock au cul, le lui botter avec velléités pédagogiques, faire tendre la deuxième joue, ou asséner un temporaire coup de grâce. Swan Lake se fout de ses contemporains et de leurs petites conventions, on se priverait à grand tort d’une telle leçon de superbes inconvenances…
Jagjaguwar/Differ-Ant
Daniel Bejar (Destroyer, New Pornographers), Spencer Krug (Wolf Parade, Black Mountains) and Carey Mercer (Frog Eyes) again : terrific line-up, suspicious praise, ideal album and beautiful lessons of inconveniences…
Web : Swan Lake
JEAN-MARIE POTTIER - Brit Pulp, la Britpop selon Pulp de Thatcher à Blair
by Julien on May.09, 2009, under LIVRES
Vingt-cinq années de carrière (même si le grand public ne connaît généralement que les années de gloire du milieu des années quatre-vingt-dix), cela méritait un ouvrage plein de détails et de louanges, d’anecdotes et d’explications de texte. Successivement “[…] post-punk, puis acoustique, puis acid-house, puis britpop, puis “adulte”, marginal avant d’être central, commercial et intransigeant.”, le groupe de Jarvis Cocker, entre ses débuts laborieux, son apogée magnifique et sa fin de carrière désabusée, a marqué l’histoire du rock britannique, autant qu’il s’en est inspiré. La musique de Pulp, son rapport à la société et ses convictions politiques sont intimement liés et Jean-Marie Pottier, en fan évidemment (d’où le ton un peu péremptoire parfois et les avis tranchés, quelquefois discutables), en fait un livre précis et fort bien documenté, qui mêle récit, chronique et analyse. Des tentatives de récupération politique des années Blair au succès immense de “Common People“, en passant par les débuts confidentiels, le parcours du groupe et de son leader attachant est décrypté et remis en contexte, sans tomber dans le voyeurisme ni le dithyrambique. Instructif et souvent passionnant, pour aborder, par l’exemple, un genre d’apparence frivole et superficiel mais aux racines complexes et réfléchies.
Editions Autour du Livre/Collection Les Cahiers du Rock
PINK MOUNTAINTOPS - Outside Love
by Julien on May.03, 2009, under DISQUES
“Dix chansons d’amour et de haine qui se dévorent comme un roman de Danielle Steele“… On reconnaîtra à Stephen McBean un certain sens de la formule (qu’il a dû agréer à défaut de l’avoir peut-être rédigée), une propension à mettre de fortes doses de psychédélisme dans son rock, une aptitude remarquable à s’entourer d’invités de choix (Sophie Trudeau, Jesse Sykes,…) et à composer des morceaux attachants ou entraînants (“While We Were Dreaming”, “Holiday”, “Closer To Heaven“). On sera un plus circonspect sur nos capacités à s’enthousiasmer pour les autres titres, continuels changements de tons entre morceaux lents, pesants (mais aux légères superpositions), ballades et accélérations surannées, enchaînement de chansons hétéroclites aux qualités disparates et aux séductions assez hermétiques malgré quelques envolées plaisantes… Plus d’interrogations que de certitudes, de doutes que de convictions, si ce n’est celles que l’artiste est singulièrement doué, et ses disques très appréciables par fulgurances. En attendant le chef d’œuvre, en cette configuration ou avec son autre projet, Black Mountains…
Jagjaguwar/Differ-Ant
“Ten songs of love and hate that read like a Danielle Steele romance novel“, a high dose of psychedelic rock, notable guests (Sophie Trudeau, Jesse Sykes, ...) and some great songs (“While We Were Dreaming” “Holiday“, “Closer To Heaven“) despite a tendancy to confuse with disparate styles and tones…
Web : Pink Mountaintops
Et pendant ce temps-là, sur la Blogothèque… (I)
by Julien on Apr.30, 2009, under ETC.
... j’ai écrit ça :
FOREST FIRE - Survival
by Julien on Apr.27, 2009, under DISQUES
Dès la première note, ce folk-rock fatigué, déglingué, qui s’effondre dès qu’il est question de trop de louanges (“Fortune Teller” hymne de poche sabordé en deux minutes alors qu’il pourrait en atteindre dix sans qu’on y redise…). Une intégrité de chant qui rappelle celle des Walkmen, avec plus de variété mais moins de ferveur, ici on reste encore dans le bricolage vaillant, on enregistre en allers-retours entre Brooklyn et l’Oregon, on se fixe visiblement des contraintes mais on ne rend de compte qu’à soi-même. La musique de Forest Fire évoque Pavement en acoustique, les Baptist Generals épris de rock indé, des chorales dévoyées ou en déperdition, une espèce de classe chancelante, de la grâce en haillons et de la grande beauté en touches ponctuelles. C’est beaucoup pour un disque qui n’atteint pas la demi-heure, mais ce sont surtout des promesses de longues écoutes répétées et éminemment estimables…
Talitres/Differ-Ant
From the first to the last note, a tired folk-rock, short songs that could easily turn into indie hymns, between The Walkmen and The Baptist Generals, between Brooklyn and Oregon, grace and dust… an eminently estimable record…
Web : Forest Fire
TOUR D’HORIZONS # 25 – The Seven Mile Journey, Penelope Sulla Luna, Blake/e/e/e, Amute, Charge Group
by Julien on Apr.27, 2009, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS
Au Danemark d’abord avec THE SEVEN MILE JOURNEY et leur “The Metamorphosis Project” (Fono’Gram) aux guitares intenses, aux longues compositions instrumentales et aux lentes métamorphoses. On évoque Explosions In The Sky et Mono, mais on occulte les ruptures et brisures pour s’attarder sur les climats denses mais légers, les mises en places progressives et une rythmique implacable des percussions, aux moments d’énervements plutôt mesurés. Classique finalement, mais très efficace…
En Italie avec PENELOPE SULLA LUNA et “My Little Empire” (Nagual Records) pour un post-rock en construction qui cherche encore sa longueur optimale, hésite entre le bruit et les petites touches atmosphériques, les directions à prendre et le degré de violence à insuffler. On décèle des influences purement rock, de la tendresse pour la new wave, des envies d’ailleurs (un violon, des effets électro…) et des tiraillements douloureux. Un résultat sous forme d’un brouillon finalement très présentable, et assurément prometteur…
Une collaboration transatlantique entre Américains et Italiens pour BLAKE / E / E / E et “Border Radio” (Unhip Records) : multiplicité des styles, du dub folk aux fulgurances presque punks, parfois en simultané et en complexité. Des chansons un peu sombres, peu reluisantes de prime abord, mais comme des joyaux couverts de poussière ; il faudra gratter encore et encore pour y découvrir la lumière et quelques raisons d’approbation : sens de l’hypnotisme et de l’enveloppement, sonorités traumatiques, mais volontés mélodiques parfaites. Un disque étrange, fascinant par moment, déconcertant à d’autres…
En Belgique avec AMUTE et “Infernal Heights For A Drama” (Still Records) : un post-folk vaguement industriel, au chant et effets gorgés d’électroniques et de sensations déviantes : faire long ou bref, hypnotique et faussement planant ou rugueux et presque malsain, captiver autant que déplaire en une incarnation locale de Xiu Xiu, la violence en moins, l’éparpillement en sus, mais en impressions d’une maîtrise assez évidente des genres…
En Australie enfin, CHARGE GROUP et “Escaping Mankind” (Own Records) pour un disque d’atmosphères planantes (cf. les morceaux les plus calmes de Mogwai), agrémentées de cordes et d’un chant langoureux, qui rappelle les compositions des oubliés Arid. Quelques instrumentaux posés (dont le long et appréciable “Speakeasy Death Song“) et de la douceur comme vecteur principal… le versant paisible des rocks contemporains, calibré précisément pour flirter avec l’ennui sans toutefois le déclencher…
THE SEVEN MILE JOURNEY – “The Metamorphosis Project” : intense guitars and long instrumental compositions reminding of Explosions In The Sky and Mono, fractures and broken rythms but slow evolutions and “quiet excitements” /// PENELOPE SULLA LUNA – “My Little Empire” (Nagual Records) post-rock under construction that still seeks its optimal length, that hesitates between noise and atmospheric touches and that searches the degree of its violence and what to add to its music (a violin, some electro…). A certainly promising draft… /// BLAKE/E/E/E – “Border Radio” (Unhip Records): multiplicity of styles, from folk to dub, sometimes almost punk and always complex. Strange music, fascinating and disconcerting… /// AMUTE – “Infernal Heights For A Drama” (Still Records): vaguely post-industrial folk, vocals, electronica and strange sensations, too long or too short songs, hypnotic and rough, Xiu Xiu with less violence… /// CHARGE GROUP – “Escaping Mankind” (Own Records) : strings and languorous voice, peaceful atmospheres, great instrumental songs (expecially “Speakeasy Death Song“) and softness…
THE BIRD AND THE BEE - Ray Guns Are Not Just The Future
by Julien on Apr.22, 2009, under DISQUES
Un double patronyme bucolique pour un couple musical (Inara George et Greg Kurstin) dont le premier album sous ce nom, aux senteurs pop papillonnantes et aux charmes faussement naïfs, avait beaucoup plu. Et le succès donnant des ailes et des moyens de réaliser ses fantasmes, on se plait à imaginer ce nouvel album comme la bande son idéale d’une comédie musicale des sixties, un vieux James Bond, un OSS 117 ou un “L’Homme De Rio” emblématique: Brésil en terre d’accueil, chaleur et espièglerie derrière une sérieuse ou amoureuse mission, avec détour bref en Asie (“Love Letter To Japan“, quatre minutes d’éclatante perfection pop) et des “agents” armés d’une panoplie redoutable : sensualité, candeur, style et classe… Electro soft, jazz moderne et diversité des effets, la voix suave de la dame faisant tout le reste : l’album dont on peut tomber amoureux l’espace d’une séance…
Blue Note/EMI
Inara George and Greg Kurstin, charming pop and jazzy modern songs and lots of sensual feelings, like the soundtrack of a James Bond movie taking place in Brazil in the sixties, hot and delightful ! A record one can fall in love with…
Web : The Bird And The Bee
HOLDEN - Fantomatisme
by Julien on Apr.18, 2009, under DISQUES
Je ne comprends peut-être pas toujours le monde qui m’entoure ou bien je n’ai pas envie d’essayer d’en saisir ses contours, je le fuis en d’autres continents, j’ai des envies de paysages éthérés, d’innocents dessins animés où les champs en fleurs se parent de brumes rêveuses, j’ai en tête des jolies phrases imagées et poétiques, j’entends des instruments moelleux et des sonorités amusantes ou berçantes, des frappes dans les mains qui donnent envie d’entamer des rondes et autres danses, une voix caressante et des pensées parfois érotiques parce qu’il n’y a rien d’honteux à cela, je flotte parfois, je me surprends à la belle somnolence, aux murmures qui reprennent les refrains, les mélodies, les tournures qui savent enchanter, je me repais de ces nourritures un peu intellectuelles il faut l’avouer, je repousse toute notion de gravité et me contente d’effleurements plaisants. Tout cela n’est que chimère, une expression de fausse naïveté, je le sais. Mais je suis bien, j’écoute Holden et je me complais dans cette douce illusion…
Le Village Vert/Pias
Ethereal landscapes, dreamy haze, pretty and poetic phrases, soft instruments and sounds, a charming voice and sometimes erotic thoughts… Fantasy of course, but a pleasant one.
Web : Holden





















