OS THE DARMA LOVERS - Laranjas Do Céu
Thursday May 15th 2008, 11:27 pm
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Il fait grand soleil, la plage étend son sable chaud à perte de vue, la mer est bleue transparente et les maillots sont faits de peu de tissu : le Brésil de cartes postales avec sa musique suave et langoureuse pour accompagnement sonore. Seulement, la samba vous irrite, trop exotique et trop exigeante pour vos hanches peu mobiles ; vous optez pour Os The Darma Lovers, sa pop tropicale (ou rock zen, selon d’autres) et ses bonnes pensées d’inspiration bouddhiste. Le portugais vous caresse bien vite les neurones, certains sens rêveurs s’affûtent rapidement (”Broder Anjo“), les rythmes indolents vous bercent de mélodies lumineuses, presque familières (esprits de Sufjan, de Devendra, êtes-vous là… ?), vous fondez… Charme de la nonchalance et des journées paresseuses, la douce torpeur vous envahit, un peu répétitive, soporifique sur la longueur. “Keep Going” plus électrique, vous redonnera l’énergie nécessaire à la deuxième partie du disque, plus bigarrée, presque folk (”Bodisatva“), et vaguement psychédélique (”Ave Rosa“). Bières, hallucinogènes, tongs et paréos…

Nacopajaz/Discograph

Sea, sex and sun, a perfect postcart from Brazil… And if samba irritates you (too exotic, too demanding for your hips), Os The Darma Lovers and their tropical pop (or zen rock, according to some) is a good choice : Buddhist inspiration, musical dreams (”Broder Anjo“), indolent rythms almost familiar (spirits of Sufjan and of Devendra, are you there ?), sweet torpor and some more energetic (”Keep Going“), folkish (”Bodisatva“) ou psychedelic (”Ave Rosa“) tunes. Beers, hallucinogens, sandals and pareos…

Web : Os The Darma Lovers



TOUR D’HORIZONS # 14 - Islande, Mon Amour (deuxième partie)
Thursday May 08th 2008, 6:59 pm
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Cov Bork.jpg Cov Foxbite.jpg Cov Hellvar.jpg Cov Benni.jpg Cov Hjaltalin.jpg

Suite et fin provisoire (il reste sans aucun doute d’autres découvertes à faire) d’un périple virtuel au nord du cercle polaire, avec escale à Akureyri, capitale de l’Islande du nord et siège de Kimi Records, label foncièrement indépendant et défricheur, aux signatures motivées par une exigence remarquable d’intégrité et d’obstination.

BORKO, alias Björn Kristiansson, et “Celebrating Life” (Kimi Records/Morr Music) en première illustration : errances maîtrisées entre tout électronique et mélancolies humaines, chant plaintif, trompette et cuivres sombres, guitares humbles. Des boucles et répétitions entêtantes (”Continental Love“), servies par un sens aigu du drame et de la scénarisation (”Hondo And Borko“, “Sushi Stakeout“)… un disque dont on disséquera longuement les richesses.

MR SILLA & MONGOOSE et l’étonnant “Foxbite” (Rafraf/Kimi Records) qui décline ses miniatures entre électronique audacieuse en petites touches expérimentales et un folk plus traditionnel, relevé d’un chant d’outre-computer. Excellence tremblotante (”Raggedypack“) et bizarreries nombreuses, un autre album à décortiquer patiemment.

Le “Bat Out Of Hellvar” (Kimi Records) de HELLVAR oscille aussi entre différentes tentations, plus violentes toutefois : un rock indé noisy renforcé par des machines (”Ice Cream Drum Machine“), une déclinaison de My Bloody Valentine et des orientations plus pop-new wave (”Give Me Gold“). Chant à la Björk, mutin et lancinant et l’évocation tenace d’une version ressuscitée des Sugarcubes.

Il faut une maîtrise en origami pour replier l’étonnante pochette de “Ein í Leyni” (Smákökurnar/Kimi Records), ce disque rare de BENNI HEMM HEMM (uniquement distribué en Islande, mais disponible par correspondance sur le web du groupe), œuvre très collective, chantée en suédois, danois, anglais, islandais et français (deux mots !), dans la lignée des précédents disques de la petite troupe : folk au sourire léger, cuivres majeurs et mélodies langoureuses, des concentrés d’émotions qui se dilueront aisément dans les discothèques précieuses. On notera les participations de Jensk Lekman et du jazzman Bill Wells, gages d’une notoriété et d’une reconnaissance croissantes du groupe.

HJALTALIN et son “Sleepdrunk Seasons” (Kimi Records) pour conclure, provisoirement, ces belles excursions. La destination finale était la plus belle, la plus dépaysante d’une manière singulière : point d’expérimentations, pas de bricolages, aucuns effets électroniques enveloppants, le son de Hjaltalin est une alchimie naturelle d’orchestre de poche, un pointillisme et une précision des notes empruntés à Sufjan Stevens (”Traffic Music“), des épopées miniatures vibrantes bordées d’instruments baroques, Divine Comedy à l’échelle décuplée des sagas locales, Arcade Fire dans certains emballements (”Selur“), mélodies en scènes d’expositions, développements et rebondissements (”Goodbye July/Margt Ad Ugga“)… Un disque plein de vie et d’envies et coup de cœur septentrional !

Tous les disques sont en vente sur http://www.kimirecords.net

Merci à Baldvin Esra


This musical journey above the Arctic Circle temporary ends in Akureyri, capital of Northern Iceland and home to Kimi Records, an independent and smart label.

BORKO, a.k.a. Björn Kristiansson, and “Celebrating Life” (Kimi Records/Morr Music) : between total electronic and human spleen, crying vocals, dark brass section and humble guitars. Loops and repetitions (”Continental Love“) and an acute sense for dramas (”Hondo And Borko“, “Sushi Stakeout“), a record that needs to be play many times to be fully appreciated.

MR SILLA & MONGOOSE and their surprising “Foxbite” (Rafraf/Kimi Records), hesitating between electro (and sometimes experimental) miniatures and a more traditional folk… Many great songs (”Raggedypack“) and another record that needs patience.

On “Bat Out Of Hellvar” (Kimi Records), HELLVAR proves its good knowledge of noisy electro rock (”Ice Cream Drum Machine“), My Bloody Valentine noisy new wave (”Give Me Gold“). With a delicious voice a la Björk… a haunting evocation of a Sugarcubes resurrection…

One needs a masters degree in origami to fold and unflod the amazing cover of “Ein í Leyni” (Smákökurnar/Kimi Records), a very rare record by BENNI HEMM HEMM, a collective work sung in Swedish, Danish, English, Icelandic and even french (two words!). Smily choral folk with a brass section, Jensk Lekman and jazzman Bill Wells as guests, many reasons to like it and to follow this band…

HJALTALIN and “Sleepdrunk Seasons” (Kimi Records) as a great final destination : no electronic soft effects, just the magical alchemy of a natural pocket orchestra, pointillism and precise notes borrowed from Sufjan Stevens (”Traffic Music“), epics anthems with baroque instruments, Divine Comedy turning into local sagas, some Arcade Fire spirit when the music accelerates (”Selur“, “Goodbye July/Margt Ad Ugga“). A record full of life and desires…

All records are on sale on www.kimirecords.net

Thank you to Baldvin Esra



TROUBLE OVER TOKYO - Pyramides
Thursday May 01st 2008, 9:02 am
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Ce disque possède toutes les caractéristiques qui suffiraient généralement à le discréditer dès la première écoute, selon des critères d’appréciation bien personnels et impitoyablement subjectifs : voix mielleuse suraiguë, nappes d’effets et d’artifices vains (électro over-cheap et envolées de cordes bricolées au computer), R&B pop synthétique qui se voudrait production Timbaland avec les moyens D-I-Y d’un pauvre mac boosté aux logiciels piratés… Pourtant, pas de beau gosse à la peau sombre et au torse bodybuildé ni de danseuses qui se pâment obscènes, Christopher M. Taylor est londonien avec look de geek indé, des manières androgynes et un flegme provocateur tout britannique. Ses chansons, à l’image d’une pochette déroutante, irritent certains (bons) goûts autant qu’elles savent se faire irrésistibles par instants : “The Liar“, “4,228“, “Washing Away The Dirt” ou “Pyramids“, c’est assimilation aisée des codes et pertinence de l’aspect, ton décalé en sus, facilité apparente du résultat et coup de génie (ou de bluff) pour convaincre les plus réticents. L’auteur en faussaire à qui on confierait volontiers ses économies et, dans un monde idéal, bientôt millionnaire puis roi du monde…

Klein Records/Nocturne

Cheap electro, unbearable voice, fake pop R&B that wants to imitate Timbaland with D-I-Y production, this record nearly went to trash after first listening. But Christopher M. Taylor is neither gangsta singer nor semi-naked bimbo, rather a geek-looking Londoner with taste for independence and provocation. And his songs, “The Liar“, “4,228“, “Washing Away The Dirt” or “Pyramids” can be terribly addictive despite our willingness to resist… Soon to be millionaire and king of the world, in an ideal world !

Web : Trouble Over Tokyo



MELINGO
Thursday April 24th 2008, 9:14 pm
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pochette-Maldito-HD.jpgMelingo pour rockmydays.jpgpochette-Maldito-HD.jpg

Version française ici, sur la Blogothèque


I don’t speak Spanish, I am a bad dancer and I know very little about this style. Tango is a touristic journey and a bit of nostalgia, my father loving an Astor Piazzola tape and playing it again and again when I was a kid… A music seldom heard in fact, foolishly and stupidly ignored. Some discoveries, over the years: Astor Piazzola (again) on many soundtracks (“12 Monkeys”, of course), Richard Galliano, Per Arne Glorvigen and The Gotan Project… tangos flirting with different styles (electro-jazz mostly) and fully assuming its modernity.

In 2004, Eduardo Makaroff (guitarist of the Gotan Project) launches its label, Mañana, and releases “Santa Milonga” by a singular singer, Daniel Melingo: looking like George Clooney (or a brother Pace of Blonde Redhead), an old and sexy voice à la Paolo Conte, a former punk who played its controversial rock in Argentina, Brazil and Spain. When reaching its forties, he shifted to tango, with respect for the ancients and for the national pride but also with the desire to do something different with it. Melingo’s tango is upskirt, strong alcohol and lots of smoke. It reminds of Tom Waits or Nick Cave but with a latin touch: it’s hot music, rising excitment and large doses of hip-hop, jazz and folk…

On “Maldito Tango“, his second record for Mañana (and his first real album here, the previous being a compilation), Melingo uses a similar recipe: syncope and brutal but beautiful tango, highs and lows, choirs from beyond the grave and a crooner singing. Melingo is a repentant bad boy, a real sensitive macho whose songs have tender hearts and lot of charm. His tango has nothing to do with the music played under the same name last century, his tango is full of desires and sex…

Web : Melingo

En concert, samedi 26 avril à Nîmes, lundi 28 avril et mardi 29 avril à Paris (Café de la Danse) et mercredi 30 avril à Beauvais



EMILY JANE WHITE - Dark Undercoat
Wednesday April 23rd 2008, 3:14 pm
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Incontournable comparaison avec une muse fragile, Emily Jane White a des faux-airs de Chan Marshall période “Myra Lee” ou “Dear Sir“, dans les intonations, ces manières singulières de se briser la voix quand il faut élever le ton, dans les compositions aussi, similaire rock meurtri mais résistant, voyageur mais heureux chez lui (l’Amérique des rocking-chairs sous les porches, des longs trajets aux paysages immobiles…). Respect des conventions et des aînés, mais envies de déviances raisonnables (”Dagger“) aux sons plutôt minimalistes d’une guitare à la réverbération libre ou d’un piano virevoltant paisiblement (”The Demon” à la Shannon Wright endormie), Emily Jane White en candidate à l’apitoiement folk des foules volontaires, sensibles aux échos mélancoliques et tourmentés d’un premier album imposant. Un disque précieux, qui s’éclaircit peu à peu en égrenant ses délicates compositions, notes plus lumineuses vers la fin du disque, jusqu’à l’écriture de classiques dépouillés (”Wild Tigers I Have Known” ou “Two Shots To The Head” simplement magnifiques). Evidemment recommandable, et plus que cela…

Talitres/Differ-Ant

A fragile muse, Chan Marshall faux-airs (”Myra Lee” or “Dear Sir” albums), respect and reasonable desires for soft despair. A minimalist guitar or a peaceful piano (”The Demon“, Shannon Wright asleep), sensitive songwriter with tormented melancholy and a first and precious album, brightest tunes towards the end and already classic songs (”Wild Tigers I Have Known” and “Two Shots To The Head“, both magnificient)…

Web : Emily Jane White



MGMT - Oracular Spectacular
Sunday April 20th 2008, 9:45 am
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Le vingt-et-unième siècle sera religieux, parait-il, il faudra donc multiplier les gourous et les dérives sectaires, implorer de nouveaux dieux et suivre les préceptes de quelques illuminées, en société comme en musique. Se parer de breloques et colifichets vaguement Krishna, singer des us et coutumes des bords du Gange sont parodies irrespectueuses, mais la hype du moment n’en a que faire et n’a aucun scrupule : elle pille Bowie en acoustique (”Weekend Wars“) ou dévalise la Madonna eighties (”Electric Feel“) en prenant soin de ne pas laisser de traces trop évidentes de ses délits : un couplet par-ci, un refrain par-là, jamais d’intégralité. Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser ont déjà presque tout compris, exemplaires recycleurs capables d’instants impeccables (”Time To Pretend“, “Kids“) et d’une épatante cohérence bordélique (un chaos dompté par Dave Fridmann à la production), figures de proue et futurs adulés de masse hypnotisées. Supercherie ou culte en devenir, du nombre de convertis (milliers ou millions) dépendra l’avenir de cette Eglise jeune et née, apparemment, sous de bonnes auspices…

Sony/BMG

The twenty-first century will be religious said someone. We will therefore need new corrupted priests and fake leaders… Management as a new church with Andrew VanWyngarden and Ben Goldwasser as future icons and masters ? Stealing acoustic Bowie (”Weekend Wars“) ou eighties Madonna (”Electric Feel“) but with style, recycling everything they could find and trying to establish a new sound. If they are to be trust, millions will follow and stick to their faith for some years, otherwise the hype and the newly-converted will quickly vanished and MGMT will just be a religious accident, another one…

Web : MGMT



GAËTANE ABRIAL - Cheyenne Song
Sunday April 20th 2008, 9:44 am
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La dévotion totale d’André Manoukian, producteur hypnotisé (”Tu m’as renversé/Je t’ai idéalisé/Comme un débutant j’ai plongé/Sur toi j’me suis électrocuté […] Tu fais faner mes molécules/De ta voix canicule […] Saint Augustin vient me sauver/Pauvre philosophe atomisé” sur le clin d’œil “Initiales DD“) ou une chronique plus mesurée de non-admirateur à l’avis préjugé ? Entre le lisse, le plat, l’insignifiant et les quelques petits charmes, la critique balance : réticence à encenser un disque qui comporte son lot, hélas habituel en variété, de rimes faiblardes et d’insipides mélodies, mais étrange fascination pour quelques tournures, quelques jeux de voix éraillées, quelques gamineries adorables ou autres peccadilles séduisantes… Les grossièretés amusantes de “La Fille Qui Dit Zut“, le primesautier “Le Spleen Du Calamar” et ce qu’on devine de sincérité, d’un refus de compromission, pour encourager les adeptes d’une chanson française légère, mais l’assumant fièrement.

Va Savoir/EMI

The total devotion of her hypnotized producer André Manoukian or a more objective review ? Softness, insipid melodies, but some small charms and a strange fascination for little things (the rather funny “La Fille Qui Dit Zut” or “Le Spleen Du Calamar“)… mainstream and proudly assuming it.

Web : Gaëtane Abrial



GONZALES - Soft Power
Friday April 11th 2008, 1:03 pm
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Evidemment, de mains de maître, une des plus abouties collections de clichés musicaux qui puisse être sur les années soixante-dix et quatre-vingt, version FM : saxos mielleux, synthés faciles en rois des rythmes, voix de crooner pétri d’amour et de sourires, paysages aveuglés de soleil et de chaleur, “Loveboat” encore et encore, avec son contemporain. Gonzales démontre ainsi, avec la classe qui le caractérise, sa supériorité artistique sur Supertramp, Christopher Cross et consorts… Quelques questions cependant : pourquoi ? Quel intérêt ? Qui veut encore écouter cela en 2008 ? Un disque inutile en forme d’incompréhensible gâchis…

Mercury/Universal

Obviously, one of the most successful collections of musical clichés that can be done about seventies and eighties FM pop (?) : annoying saxophones, keyboards as kings of rythms, crooner voice full of love and smiles, sunny landscapes, life and feelings as simple as in “Loveboat“… Gonzales easily demonstrates his artistic superiority on Supertramp, Christopher Cross and many others. However, some questions: Why? What for? Who wants to listen to this music in 2008? An unnecessary and incomprehensible record…

Web : Gonzales



WHITE HINTERLAND - Phylactery Factory
Wednesday April 02nd 2008, 8:58 pm
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Un disque au charme flou, au chant trouble et troublant, surnageant d’un océan mouvant de notes et de sons jazzy, qu’on croit voir couler cent fois et qui refait toujours surface pour mieux osciller au gré des vagues et des courants. Casey Dienel, en groupe désormais, chef d’orchestre débutante (et à la maladresse touchante) sur un radeau large et une mer bienveillante, des musiciens qui font leurs ouvrages dans les coins et la meneuse qui rassemble les contributions et les efforts, et en fait un beau voyage. Il y a des obstacles et des vents contraires, ça tangue parfois méchamment et il faut de la dextérité pour ne pas heurter les récifs de nostalgies heureuses (”Hometown Hooray“), se faire happer par le sillage d’une Joanna Newsom (”A Beast Washed Ashore“) ou voguer au ralenti en des pot-au-noir de mélancolie (les derniers titres, apaisés)… White Hinterland, c’est un cap connu d’elle seule, et vraisemblablement destination enchantée. En chasseur de sirène et de navigatrice plaisante, on se laisse volontiers convaincre et entraîner à sa suite…

Secretly Canadian/Differ-Ant

A record full of fuzzy charm, ocean of jazzy and fluid sounds, Casey Dienel leading smiling musicians on a talented boat and for a pleasant trip : happy nostalgia (”Hometown Hooray“), some Joanna Newsom effects (”A Beast Washed Ashore“) and much melancholy…

Web : White Hinterland



TOUR D’HORIZONS # 13 – Islande, Mon Amour (première partie)
Friday March 28th 2008, 8:28 pm
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Visuel SINGAPORE SLING.jpg Visuel PETUR BEN.jpg Visuel SKULI SVERISSON.jpg Visuel OLOF ARNALDS.jpg Visuel SIGUR ROS Heima.jpg

Il n’y a pas que Björk sous les frimas de l’Atlantique Nord, l’Islande c’est 300 000 habitants mais une densité d’artistes au m² unique au monde. Premier aperçu ci-dessous…

Cas singulier d’abord : SINGAPORE SLING et “The Curse The Life The Blood” (8mmmusik) en un garage rock noisy et plutôt lent de rythme dans lequel on peine à distinguer des particularismes locaux. Riffs tranchants pop, murs de saturations soft, voix étouffée par l’électricité et rage raisonnée. Quelques bonnes raisons de croire en l’exportation…

PETUR BEN et “Wine For My Weakness” (12Tonar) pour un songwriting érudit, mouvant et fait de longs morceaux volontiers contemplatifs et évolutifs (l’exemplaire “Look In The Fire” initial) et d’une belle variété de registres. Appréciable usage de cuivres, mélancolie sérieuse et sens du swing (”Something Radical” ou le titre éponyme) mais le désagréable symptôme Okkervil River (une première partie d’album excellente, puis la panne d’inspiration et le remplissage décevant ensuite) pour contrebalancer des envies légitimes d’encensement…

SKULI SVERRISSON, New-Yorkais d’adoption et hôte, ici, d’Amedeo Pace (Blonde Redhead), de Johann Johannsson, de Laurie Anderson et d’autres pour “Seria” (12Tonar), disque léger et vaporeux, perspectives contemporaines et instrumentaux insaisissables (”Nineteen Centuries“) comme entrelacs ou entrechats sans confusion. Du tricot, de la dentelle, du travail d’orfèvre assurément par un artiste précédemment dans l’ombre, mais à qui la lumière donne de jolis atours…

OLOF ARNALDS vocalise sur l’album du précédent, récreation passagère d’un entêtant “Vid Og Vid” (12Tonar), chant féminin en islandais et impressions de temps anciens, folk étendard et douceur des melodies. A la Joanna Newsom, troubadour charmante, par ailleurs collaboratrice de Mum depuis des années…

Pour ajouter l’image au son, SIGUR ROS et “Heima” (en DVD) pour des concerts et des vignettes du pays, improbables associations et lentes évocations des lieux et paysages, l’anti-routard sonore : une quinzaine de concerts, de l’intimiste au gigantesque (échelle islandaise), du plein air rafraîchissant à la cave oppressante, de la foule adorante au public incongru et découvrant, du Sigur Ros en somme, majestueux et humain…

Disques distribués en France par Differ-Ant, sauf Sigur Ros (EMI)

A suivre…

*****

Iceland, Mon Amour (Part One)

There’s an artistic life beyond Björk. Iceland, 300 000 inhabitants and a unique density of musicians per square meter.

A singular band first : SINGAPORE SLING and “The Curse The Life The Blood” (8mmmusik), a noisy garage rock played at a slow pace, pop riffs, wall of sounds and peaceful rage. No distinguishable local particularities but some good reasons to believe in success abroad…

PETUR BEN and “Wine For My Weakness” (12Tonar) smart songwriting, moving and long contemplative songs (the perfect “Look In The Fire“) and a great variety of styles. Seriousness and melancholy, a great sense of swing (”Something Radical” or the eponymous song) but the unpleasant Okkervil River symptom (an excellent first half of the album and then failure of inspiration and therefore disappointment)… Unfortunately.

SKULI SVERRISSON, living in New-York and on this album (”Seria“, 12Tonar) host of Amedeo Pace (Blonde Redhead), Johann Johannsson, Laurie Anderson and others. Light and deep songs, contemporary perspectives and elusive instrumentals (”Nineteen Centuries“)…

OLOF ARNALDS sings on some songs on the previous album, a rather different style form her own “Vid Og Vid” (12Tonar), a delicious female voice and souvenirs from ancient times, folkish soft melodies à la Joanna Newsom, a charming troubadour also playing for Mum for many years now…

SIGUR ROS and Heima“(DVD) : improbable concerts and vignettes of the country, from the intimate to the gigantic (on a icelandic scale!), songs played in beatiful desert landscapes as well as in oppressive cellars, fanatic crowds or neophyte ones… a great summary of the band : both majestic and human… To be followed…



SUPERGRASS - Diamond Hoo Ha
Saturday March 22nd 2008, 10:03 am
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Attaque franche et glam en force, le presque éponyme “Diamond Hoo Ha Man” à la fois sommet et synthèse de l’œuvre, puis un “Bad Blood” aussi enlevé pour signifier le retour des riffs et des déhanchements fiévreux et sexuels. Après l’introspection et les détours folks du très recommandable “Road To Rouen“, c’est retour aux recettes établies, aux guitares électrisées, à l’emphase maîtrisée, aux cris primaires, au disco déguisé et réfléchi… Pause salutaire et reprise des habitudes, prolongement plutôt que remise en question, on aime tout autant Supergrass le regard freluquet tourné vers les projecteurs que la tête baissée humblement. Des paillettes certes, du costume trois-pièces aussi pour un rock tout britannique que l’âge bonifie : seventies et eighties digérées (”The Return Of…“, “Whiskey & Green Tea“, “Butterfly“), leur traitement contemporain, un songwriting racé et une classe indéniable font les grands groupes et les albums fièrement exposés dans les discothèques sélectives. Great stuff…

Parlophone/EMI

Frank and glam start with the almost eponymous “Diamond Hoo Ha Man“, best song and perfect summary for the record : return of raw riffs, fever and sex! After “Road To Rouen” folk and introspective, it’s back to electric guitars, primal screams, disguised and thoughtful disco, whippersnapper rock, seventies and eighties influences with a contemporary treatment(”The Return Of…“, “Whiskey & Green Tea“, “Butterfly“). An undeniable major band and an album that will be proudly exposed on discotheques shelves.

Web : Supergrass



THE SLEEPING YEARS - We’re Becoming Islands One By One
Tuesday March 18th 2008, 9:01 am
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Il ne faudra pas, pour ce disque folk sensible, et contrairement aux habitudes prises ici, occulter quelques aspects historiques et biographiques. The Sleeping Years, c’est Dale Grundle, ex-Catchers, auteurs avec “Mute” de l’une des plus remarquables réussites des années 90 : pop brillante, mélancolique mais sobre et forte d’humilité (”You And Me Against The World” plus vive, en souriante réminiscence). Autant d’adjectifs qui correspondent encore au songwriting délicat de l’artiste en son incarnation actuelle, acoustique et dépouillée, à la lenteur toute irlandaise, capable de rythmiques précises dans les allongements (”Broken Homes“) et qu’on sait emballante à volonté. Dale Grundle fait hommage au pays et aux siens, à une certaine conception noble de la chanson aussi (”Clocks And Clones“)… Un disque de réconfort, larmoyant mais digne, baume au cœur à la discrétion essentielle et qu’en économie, on qualifierait de valeur-refuge.

Talitres/Differ-Ant

The Sleeping Years is Dale Grundle, ex-Catchers (”Mute” one of the most remarkable achievements of the nineties): sensible folk, brilliant acoustic soft pop, melancholic but sober and humble. A tribute to a country, a family and a noble conception of songwriting (”Broken Homes“, “Clocks And Clones“)…

Web : The Sleeping Years



PROMISE AND THE MONSTER - Transparent Knives
Friday March 14th 2008, 4:23 pm
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Il sera question d’archétypes, de clichés et de canons du genre, d’adjectifs (vaporeux, brumeux, évanescent, éthéré…) explicites pour éclairer le style de Billie Lindahl, jeune Suédoise à tout faire, à l’univers d’emblée éloquemment posé. On croisera ici voix de nymphe enfantine dans une sombre forêt, naïade vêtue de voiles blancs, figure spectrale, fantôme fuyant, des anges et des ailes, du religieux et du symbole… (et aussi une chouette, bien cachée). L’envoûtement (”Antarktis“, “Silver Speaking“, “The Delusioned And Insane“…), les frissons, l’effet hypnotique et charmeur pour les esprits disposés, les émotions facilement mobilisables, c’est finalement tâche aisée : il suffit d’être sirène… et le reste n’est que propos inutile. Grand album et immenses promesses…

Imperial Recordings/Differ-Ant

One could use many adjectives explicit enough (misty, foggy, evanescent, ethereal…) to describe Billie Lindahl’s style. A childish voice lost in a dark forest, a naïade in a white dress, ghosts, angels and their wings, religious symbols … (and a well hidden owl too !). Bewitchment (”Antarktis“, “Silver Speaking“, “The Delusioned And Insane“…), chills, and the hypnotic and charming effect. Promise is a siren, and that’s enough to explain our passion for her music. Great album and great promises…

Web : Promise and the monster



EFTERKLANG - Parades
Monday March 10th 2008, 9:23 am
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Il y aurait ici matière à philosopher longuement et intensément, à s’aventurer dans des digressions sur l’infiniment petit et l’immensément grand, le détail et le tout, la ligne directrice et les multiples chemins divergents qui permettent de la suivre. L’aspect épique, la saga scandinave (danoise en l’occurrence), faite de multiples personnages et aventures, ici incarnée en fresques musicales aux riches détails étonnamment perceptibles et isolables… De longues réflexions envisageables sur la méthode : “un long processus de sculpture, d’addition, de modification ou de retrait de parties de chansons“, l’implication d’une trentaine de musiciens (dont un quatuor à cordes, un quintet de cuivres, trois chœurs différents…), dix-huit mois d’enregistrement dans église, chambre d’écho, halls ou dans le studio-bunker du groupe et la patience de l’orfèvre pour ciseler minuscules merveilles. Tant de choses encore à analyser patiemment dans la musique d’Efterklang, ou l’impatience, le refus de l’effort critique et l’écoute alors, empirique et passionnée, d’un “Parades” où les violons font des bulles, où l’électronique discrète se plie en couches dociles et pointilleuses, où les cuivres se font éclatants et joyeux, où les voix caressent et l’intime s’expose en majesté… Flirt poussé avec la musique contemporaine la plus plaisante, version “Haxan” (Bardi Johannson) et disque d’accompagnement, au sens le plus noble du terme…

The Leaf Label/Differ-Ant

One could philosophize extensively and intensively about the infinitely small and the immensely large, the detail and the whole… “Parades“, the look of an epic Scandinavian (Danish) saga, made of multiple characters and adventures, here embodied in a rich and detailed music. “one long process of sculpturing; adding, stretching or subtracting the pieces of each song, finding the right melodies to guide the different pieces and instrumentation of it all.“, more than thirty musicians (including a string quartet, a brass quintet and three different choirs…), eighteen months of recording in churchs, halls and in the band’s own studio… A record where violins are making bubbles, electronics is discreetly hidden under soft layers of sounds, where voices are bright but quiet… An album to enjoy again and again…

 Web : Efterklang



THROW ME THE STATUE - Moonbeams
Wednesday March 05th 2008, 8:44 pm
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Il y a indéniablement du Magnetic Fields chez Scott Reitherman, l’homme derrière le groupe : l’affirmation d’une noblesse dans le bricolage pop et un registre étendu des compétences stylistiques qui sait garder cohérence et affinités de vues. Des guitares garage à l’électro cheap ou au power rock brouillon, le tout intensément pop, ses “Lolita” (exemplaire), “This How We Kiss“, “About To Walk” ou “Yucatan Gold” ont le charme des mignonnettes qu’on collectionne précieusement, avant-goûts de contenants plus riches mais déjà objets de recherchés contentements. Du Magnetic Fields certes, mais du Babybird aussi, période vaches maigres, Throw Me The Statue en anti-héros folk indé qui ne ferait qu’esquisser ses chef d’œuvres par manque de moyens, qui saloperait ses crayonnés à coups de pinceaux trop larges et qui les exposerait dans des cadres informes. Donnez-lui un studio digne, un Nigel Godrich à la production, et cet homme fera des miracles. En attendant, il s’efforce, avec collègues d’infortune, d’être à la hauteur du remarquable label qui l’accueille. Respectable tâche…

Secretly Canadian/Differ-Ant

There is undoubtedly some Magnetic Fields influences in Scott Reitherman’s music : DIY but proud pop, large skills and knowledges. Therefore TMTS’s cheap garage or electro rock (a great “Lolita“, good “This Is How We Kiss“, “About To Walk” or “Yucatan Gold“) are truly enjoyable… But lack of resources is sometimes prejudiciable for great music. Give him a hi-tech studio, Nigel Godrich for producer and this man will create a chef d’œuvre. In the meantime he just try to please his great label, which is not a bad thing…

Web : Throw Me The Statue