ROCK MY DAYS

JULIEN PRAS - Southern Kind Of Slang

by Julien on Mar.08, 2010, under DISQUES

On avait déjà loué la musique de Calc, cette pop limpide riche en morceaux humbles et évidents, réservant toujours un accueil chaleureux à la précieuse formation bordelaise. On s’attendait ainsi également à complimenter le premier disque solo de son leader, comparé ailleurs à Elliott Smith ou d’autres grands noms, félicité d’avance pour son sens de l’arrangement mais attendu sur la base d’un dépouillement des morceaux. L’exercice sera biaisé, le minimalisme chant-guitare ne sera appréhendable que sur scène, “Southern Kind Of Slang” s’étant retrouvé au final paré de multiples contributions, participations d’amis et enrichissement d’instruments. C’est une chance, finalement, les morceaux aux bases délicates se révèlent trop fragiles sur scène mais prennent ici une dimension nouvelle. Le chant de Julien Pras est plus assuré en studio, moins tendu qu’en live, et se fait doux et coulant, servant plus efficacement des mélodies fines. On pense aux Beatles, évidemment (“The Sweetest Fall“), à un folk traditionnel plus britannique qu’américain, et on s’imagine Julien Pras en une incarnation locale du frère d’armes écossais Alasdair Roberts, comme un songwriter de l’ombre, féru de traditions mais incontestablement moderne dans ses approches, une valeur sure et une sorte de référence de goût. Beaucoup de responsabilités sur les épaules…

Vicious Circle/Discograph

First solo album for Calc leader, often compared to Elliott Smith or Alasdair Robert for his fine melodies and delicate songwriting.

Web : Julien Pras

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BALMORHEA - Constellations

by Julien on Feb.25, 2010, under DISQUES

Après le post-rock du dix-neuvième siècle (l’album “All Is Wild, All Is Silent“), celui d’un autre monde, d’une autre dimension presque. Ni antithèse, ni revirement, une autre incarnation plutôt qu’une évolution, la musique de Balmorhea essaie désormais de tutoyer les cieux après avoir précédemment exploré l’âme des pionniers de l’ouest américain. Une façon pour ces Texans érudits de poser un canevas, de dresser une carte, d’explorer un territoire, d’en délimiter les frontières et de le représenter en sons précieux et textures musicales délicates et, ici, en économie de notes. Ni élan ni explosion, les morceaux paisibles et profonds de “Constellations” évoquent les Gymnopédies d’Erik Satie (le morceau éponyme), les œuvres pour piano de Rachel Grimes, quelques jazzmen un peu las ou sûrs de leurs jeux minimalistes et des post-rockeurs en état de lévitation (il y a du The For Carnation dans “On The Weight Of Night“). On retrouve les sonorités rassurantes et familières des disques précédents (le banjo, ce son de piano un peu étouffé, ces impressions de murmures du fond du studio, les grincements des chaises…), cette patte Balmorhea, entre négligence amateure et génie concentré sur sa partition (ou l’absence de celle-ci) et peu soucieux du détail de production. “Constellations” est un parti pris de sérénité, une forme d’épure, plus belle encore sûrement que les envolées passés et un chef d’œuvre assurément…

Western Vinyl

Erik Satie’s Gymnopédies, Rachel Grimes’ piano works, The For Carnation’s soft post-rock and slow jazz are amongst “Constellations” magnificient evocations… Banjo, murmurs, little noises from the background, all familiar Balmorhean sounds, depth and serenity, even more beautiful than past records and a masterpiece indeed.

Web : Balmorhea

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TOUR D’HORIZONS # 38 : Richard Walters, Ryuichi Sakamoto, Fryars, Setting Sun

by Julien on Feb.21, 2010, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS

RICHARD WALTERS et “The Animal” (Kartel/Naïve) : premier album d’un songwriter anglais doué, à la voix frêle et aux compositions fragiles, tendues et en équilibre sur des fils de notes de piano et d’arrangements savants. Une classe évidente, sens pop indéniable et des envies palpables de grandeur, les morceaux, même épurés, déjà calibrés pour être accompagnés ultérieurement d’orchestres et de chœurs (“We have Your Head” en illustration et coup de coeur).

RYUICHI SAKAMOTO et “Playing The Piano” (Decca/Universal) : des interprétations en dépouillement piano et feutre de ses propres thèmes méconnus ou unanimement reconnus, de ses bandes originales de film ou de ses pièces de jeunesse. Ouaté et presque convenu parfois, les adeptes des piano-bar jazzys apprécieront certains titres (“Bolerish“, “The Last Emperor“…), les autres préfèreront les morceaux plus rythmés (“Thousand Knives“, “Riot In Lagos“…).

FRYARS et “Dark Young Hearts” (Yarcorp/Naïve) : pop synthétique purement britannique (avec accent éloquent) qui revisite l’esprit Babybird ou Divine Comedy en des versions vitaminées et soignées à la Pet Shop Boys (“Lakehouse“, “Olive Eyes“), haut de gamme en production et en effets, avec goût mais parfois jusqu’à l’excès inhérent à ce genre, et l’overdose conséquente…

SETTING SUN et “Fantasurreal” (Young Love Records) : l’ambition electro-pop-folk orchestrale de Gary Levitt, ambitieuse mais raisonnable, en paysages souriants et intentions bonnes et louables. Enjoué et entraînant le plus souvent, le disque inspire sympathie et attachement et connaît quelques moments d’envergure remarquables (“Driving” ou l’instrumental “I Live Mellotrons“).

RICHARD WALTERS and “The Animal” (Kartel) : first and smart pop album from a gifted english songwriter /// RYUICHI SAKAMOTO and “Playing The Piano” (Decca) : simple, touching and often beautiful piano versions of his “famous” themes /// FRYARS and “Dark Young Hearts” (Yarcorp) : synthetic british pop like Divine Comedy played by the Pet Shop Boys /// SETTING SUN and “Fantasurreal” (Young Love Records) : ambitious electro-pop-folk orchestral music with good and successful intentions…

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MATHIEU BOOGAERTS - Je Ne Sais Pas

by Julien on Feb.17, 2010, under LIVRES

Mathieu Boogaerts ne sait pas, mais il sait bien l’expliquer… Avec méthode, ordre, précision et un peu de maniaquerie, il décrit son processus créatif et ce qui constitue le long cheminement entre un fredonnement au saut du lit et un morceau finalement gravé sur disque. Il ne sait pas pourquoi, mais il sait comment… Avec un style qui lui sied aussi bien à l’écrit qu’à l’oral (simplicité, vulgarisation, évidence), il raconte la genèse, la maturation, les phases successives de transformation, l’aboutissement et l’enregistrement des chansons et des albums. Il répond à la commande avec naturel et honnêteté, limpidité et un brin de naïveté. Il y a moins d’auto-psychanalyse et de questionnements “existentiels” (et donc de révélations) que dans les précédents essais de ses camarades Dominique A (“Un Bon Chanteur Mort“) ou Arman Méliès (“Un Beau Siècle de Légendes“) parus dans la même collection, mais Mathieu Boogaerts avait prévenu d’emblée qu’il ne savait pas. Et c’est quand on pense n’avoir rien à dire qu’on se dévoile parfois le plus…

La Machine à Cailloux

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VAMPIRE WEEKEND - Contra

by Julien on Feb.14, 2010, under DISQUES

Horchata“, en introduction judicieuse, donne le ton : les mêmes ficelles que sur le premier album éponyme, les influences caraïbéennes ou africaines dans leur pop sautillante, la logorrhée rapide et aiguë… mais une production de plus grande envergure et un fourmillement d’instruments et de sons variés. On pressent une plus grande conscience, des ambitions ”politiques” (allusions à Joe Strummer sur “Diplomat’s Son“, d’autres évocations dans les textes) sans qu’on puisse l’accréditer ou y croire totalement, le style desservant peut-être la cause… D’autres pistes bien creusées, plus posées (“Taxi Cab“, “I Think Ur A Contra“), un peu plus d’effets électroniques de bon tons et au final un enthousiasme modéré : “Contra“, s’il avait été précurseur, aurait largement séduit ; second, il plait simplement. Vampire Weekend avance, l’effet de surprise en moins, le professionnalisme en plus. Heureusement, pas pour le pire encore…

XL Recordings

More produced than the previous eponymous album, but same recipe : bouncy pop full of caribbean and african influences. More professionalism but less surprises…

Web : Vampire Weekend

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ERIK ARNAUD - L’Armure

by Julien on Feb.10, 2010, under DISQUES

Huit années d’écoutes régulières de “Comment Je Vis” n’auront pas épuisé les ressources et les motifs d’enthousiasme pour le verbe d’Erik Arnaud et sa mise en musique : cynisme, réalisme, pessimisme, sainte trinité de ses morceaux et mise au Panthéon personnel des artistes français loués encore et encore… Le nouvel album était attendu, des apparitions chez Florent Marchet rassuraient sur la capacité de l’homme à œuvrer de bon goût, mais l’impatience grandissait. L’époque est à toutes sortes de crises, le disque se devait de les “documenter”. Chose faite. Avec les qualités d’avant et de nouvelles perspectives : Erik Arnaud s’incarne tour à tour en radicalité habituelle (textes et musiques) ou tentatives plus “variétés”, académiques presque, orientées “grand public”. Il évoque l’intime et le général, la vie de couple décortiquée, le point de vue féminin mis en avant jusque dans l’expression (“Tu me prends pour une conne/Tu me fais chier, tu m’as brisée/Tu es l’homme qu’il me faut/Je suis normale, je suis une femme/Je suis bien dans ma peau” sur “Cheval“) avec les mots du quotidien et les trouvailles du parolier (“Rocco, c’est bizarre/Avait un don qui rendait les femmes bavardes/Les hommes, ces salauds/Faisaient comme s’ils connaissaient pas Rocco” sur “Rocco“). Un disque cinématographique (Abel Ferrara rode dans l’ombre et dans les textes), une chronique de vie en courts-métrages cohérents, liés malgré des envies plus variées qu’auparavant (la pseudo chanson/déclaration d’amour “Nous Vieillirons Ensemble“, la chanson manifeste éponyme, etc.). Une ode au dérisoire (“Fabriquons de nouveaux groupes/Refusons d’écouter les voix qui nous saoulent“) comme à l’essentiel (“Donnons-nous la force d’assumer la lutte/D’imprimer la marque et d’inventer un futur/Ecoutons-nous/Ayons l’envie de défendre une cause injuste/De suer à grosses gouttes/L’espoir comme armure“). Une chronique en règne des citations, Diabologum en figure tutélaire, un disque de la plus importante actualité. Et plus encore…

Monopsone/Differ-Ant

Erik Arnaud is one of the most gifted french songwriters. Cynicism and pessimism, like a movie about true life and false feelings, a great chronicle and much more…

Web : Erik Arnaud

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EMILY JANE WHITE - Soirée de Poche 14 bis

by Julien on Feb.03, 2010, under CONCERTS

Article publié également sur la Blogothèque

Les livres absorbent les sons” a dit le libraire. C’était donc, finalement, une bonne idée de faire jouer Emily Jane White au milieu des livres. Il aurait peut-être été préférable de choisir le magasin sombre et confiné d’un bouquiniste et l’odeur caractéristique des vieux papiers, mais il fallait aussi que la voix d’Emily porte, que ce soit feutré sans être étouffant, lumineux sans être éblouissant, qu’on retrouve la modernité de sa musique dans une librairie flambant neuf.

Emily était entourée de recueils érotiques, d’écrits philosophiques, de récits historiques, d’une littérature plus grand public également. Cela lui seyait bien. Jen Grady (au violoncelle), Carey Lamprecht (au violon) et elle venaient d’achever une tournée européenne, elles allaient rentrer en Californie quelques jours plus tard, elles étaient détendues, relaxées, un peu fatiguées mais satisfaites. Elles ont joué des morceaux des deux albums Dark Undercoat et Victorian America et quelques inédits, vraiment inédits car pas enregistrés encore, des chansons pleines de promesses, déjà renversantes en trio.

Les gens avaient patienté longtemps à l’extérieur, dans le froid de décembre, ils avaient besoin d’un peu de chaleur, d’une sorte de réconfort. Ils ont été comblés je crois, les visages ne trompaient pas : de l’attention, de l’écoute et beaucoup d’émotion. Emily avait joué, sa voix avait charmé, c’était un moment presque léger, aérien. Nat a su en capturer l’essence…

Les images ici : Emily Jane White 12.12.09

Emily Jane White est actuellement en tournée française. Toutes les dates sont là.

Photo : Jérémy Lucas

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FABRICE COLIN - Big Fan

by Julien on Jan.28, 2010, under LIVRES

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... ou “Radiohead, la fin du monde et moi“. Le monde tel que nous le connaissons n’est plus, le Kid A a fait des petits et la Police du Karma veille à la bonne exécution du plan. Nous n’avons pas su décrypter les signes avant-coureurs et les manifestations évidentes de l’imminence du désastre. C’était pourtant à la disposition de tous, dénoncé dans tous les albums et inscrit en filigrane dans toutes les chansons, dans chaque manifestation et incarnation de la musique de Radiohead. Thom Yorke était un messager et son groupe un vecteur, son art un cri de résistance, un appel à la lutte. Nous avons ignoré les avertissements, pas William Madlock. Il est en prison et nos espoirs sont désormais anéantis.
La trame est fictionnelle mais elle est plausible et se décline en entremêlements de chapitres. Ce roman, c’est d’abord la biographie érudite et sérieuse du quintet d’Oxford, un récit clinique et presque sans âme, commenté sans complaisance et avec beaucoup d’ironie par le narrateur-auteur. C’est également l’histoire de William Madlock, ce gros fan solitaire et un peu pathétique, obsessionnel jusqu’à l’outrance. Ce sont aussi et finalement les lettres de prison de cet anti-héros, un regard sur son passé, son combat vain, son acte et notre incompréhension légitime face à celui-ci. C’est un mélange des formes et des genres, de l’auto-threadjacking et des digressions (onze pages essentielles pour répertorier les groupes de rock du début de la décennie), une façon de mener (gentiment) le lecteur en bateau, de le perdre dans les méandres d’un complot paranoïaque en interrogeant le statut de “fan”, compulsif monomaniaque haineux pathologique. C’est une part de l’adepte du “tu n’écoutes que de la merde si tu n’écoutes pas la même chose que moi“, refrain connu et forcément parlant à tous. Roman de fan, donc, de l’auteur, du groupe ou de la musique en général, ce qui fait de nombreux lecteurs potentiels, et mérités…

Editions Incultes

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TOUR D’HORIZONS # 37 : Lymbic Systym, Githead, Pharaohs, The Flaming Lips

by Julien on Jan.23, 2010, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS

LYMBYC SYSTYM et “Shutter Release” (Mush/Differ-Ant) : deux frères qui oeuvrent dans la fusion rock instrumental et électro à la Tortoise, avec machines bien huilées et mécaniques bien rodées. Efficace mais sans déclenchement d’enthousiasmes excessifs, sauf dans les morceaux les plus lents, plus convaincants et qui rappellent par moments Boards Of Canada ou même Balmorhea…

GITHEAD et “Landing” (Swim/Differ-Ant) : troisième album du projet de Colin Newman (Wire) et de ses acolytes (des membres de Minimal Compact), un ton hypnotique, des morceaux denses et cohérents malgré le partage des voix, étonnamment “pop” plutôt qu’expérimentaux, qui rappellent ceux des oubliés Snowpony et font effet lancinant, berçant malgré les décibels, subjuguant quand on s’y laisse balancer ou profondément ennuyeux quand on reprend esprit…

PHARAOHS et “We’ve Tried Nothing And We’re All Out Of Ideas” (Hip Hip Hip) : des Britanniques qui réveillent les démons de vieux groupes noisy nord-américains (Sloan, Superchunk, Sunny Day Real Estate…) en mêlant vivacité d’exécution, haute complexité des compositions, enthousiasme sans défaut et une voix à la Robert Smith juvénile qui emporte la décision finale, éminemment favorable. Belle (et trop courte) introduction…

THE FLAMING LIPS et “Embryonic” (Warner) : et le doute entre l’œuvre majestueuse (“Le Psychédélisme au vingt-et-unième siècle pour les nuls”) mais incomprise (et sûrement incompréhensible), et le ratage brouillon obscur, sorte de Animal Collective pour quinquagénaires, ou d’introduction pour jeunes au Pink Floyd expérimental avec son lot de complexités inhérentes. Un double album foisonnant (dix-huit titres, soixante-dix minutes) avec emballements (“The Sparrow Looks Up At The Machine”) et moult désemballements conséquents (le premier étant dû à l’affreuse pochette) et plus de questions que de réponses (et d’exaltation)…

LYMBYC SYSTYM and “Shutter Release” (Mush) : electro and instrumental rock between Tortoise and Boards Of Canada /// GITHEAD and “Landing” (Swim) : third album by Colin Newman (Wire) and members of Minimal Compact, hypnotic rythms, more pop than experimental, reminding of Snowpony… /// PHARAOHS and “We’ve Tried Nothing And We’re All Out Of Ideas” (Hip Hip Hip) : british band but north american inspiration (Sloan, Superchunk, Sunny Day Real Estate…) for complex songs and a voice à la Robert Smith… /// THE FLAMING LIPS and “Embryonic” (Warner) : between art (psychedelic rock for dummies) and huge swindle (Animal Collective for the elderlies)...

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PICASTRO - Become Secret

by Julien on Jan.17, 2010, under DISQUES

L’abord bancal, voguant sur une esthétique d’amateurisme éclairé et distillant vocalises pénibles (à la première écoute) et morceaux quasi sublimes (les mêmes, aux écoutes suivantes), des réminiscences des premiers Cat Power ou Scout Niblett et des impressions floues ou flouées : du post-folk acoustique, du post-rock chanté, de la confusion des styles (Fifths Of Seven ou Set Fire To Flames parfois dans les instrumentations)… Picastro est un trio canadien qui distille lentement ses courts albums précieux, exigeants, sombres mais beaux : l’angoisse est religieuse, les paysages larges et cinématographiques même quand confinés, les spectres amplement balayés. “Become Secret” surprend, intrigue et charme comme le chant (et les cordes ici) d’une sirène : on s’y laisse prendre, conscient des risques et prévenu des dangers, mais curieux d’un disque étrange qui semble refuser tout artifice de séduction, se complaire dans le brut et le refus du poli. Un baume musical pourtant, toutes les berceuses n’endorment pas mais elles apaisent d’une certaine manière, singulière et insoupçonnée parfois (“Pig & Sucker“)…

Monotreme/Cargo

An amateur aesthetic, reminding of Cat Power or Scout Niblett‘s first records, songs that can be judged horrible (at first glance) or sublime (after they’ve been played a few times)... Post-folk or post-rock songs, confusion of styles for a precious album, dark and beautiful, a musical balm despite its strange roughness…

Web : Picastro

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TOUR D’HORIZONS # 36 : The Drums, Half-Handed Cloud, Jookabox, Gliss, The Hickey Underworld

by Julien on Jan.10, 2010, under DISQUES, TOURS D'HORIZONS

THE DRUMS, sur “Let’s Go Surfing“, le premier titre de leur “Summertime! EP” (Moshi/Moshi/Discograph), ont piqué (involontairement vraisemblablement) l’entame “Wake Up, It’s A Beautiful Morning” aux Boo Radleys. On les pardonnera aussi tôt et volontiers, l’innocence du groupe étant une composante essentielle de la qualité de leur musique nostalgique. Réinventant les fifties avec leur propre vision idéaliste et les moyens d’aujourd’hui, le jeune duo de Floride (devenu quatuor à New York) fait son Vampire Weekend en version Beach Boys plutôt que Paul Simon. C’est frai, pop, new wave et très réussi (“Don’t Be A Jerk, Johnny” ou “Saddest Summer“)

HALF-HANDED CLOUD et “Cut Me Down & Count My Rings” (Asthmatic Kitty/Differ-Ant) : une compilation de quarante-six morceaux précédemment sortis en marge de la discographie officielle du projet de John Ringhofer, des miniatures charmantes, versions souriantes des disques de Sentridoh (Lou Barlow), quelques morceaux avec Sufjan Stevens, de la pop song de moins de deux minutes, des chansons de Noël, de l’inventivité à revendre, entre bordel innommable ennuyeux et agaçant, et révélations de pépites bancales, touchantes de sincérité à défaut de qualité supérieure et d’émois disproportionnés.

JOOKABOX et “Dead Zone Boys” (Asthmatic Kitty/ Differ-Ant) : un grand mix de tout et n’importe quoi, hip-hop punk et bricolages. Trente-sept minutes qui semblent des heures et convoquent tous styles et instruments pour des “SufjanStevenseries” hystériques, de l’électro-soul-eighties revue à la Nigo, des exotiqueries explosives, du funk travesti en folk (et l’inverse) et pas d’essoufflements…

GLISS et “Devotion Implosion” (Cordless/Differ-Ant) : trio américain versant dans le noisy éthéré et le rock aux guitares adeptes de saturations douces, comme une version brute de Placebo, faussement crade, mais léchée. Mais un chant trop maniéré et des tentations pop trop brouillées (“Beauty“) dispensent de l’adhésion directe et inconditionnelle…

THE HICKEY UNDERWORLD et “The Hickey Underworld” (Naïve) : “Blonde Fire” en single noisy imparable et une cohorte de titres furieux mais maîtrisés par ces Belges promis à une exposition large. Dans la lignée des exigeants McLusky ou autres Zico Chain, leur premier disque, éponyme, est brutal, intense, instinctif… mais totalement dominé.

THE DRUMS and “Summertime!” EP “(Moshi Moshi) : fifties and new wave nostalgia, innocence and talent and a very hype hit single “Let’s Go Surfing”... /// HALF-HANDED CLOUD and “Cut Me Down & Count My Rings” (Asthmatic Kitty) : a compilation of forty-six songs previously released on various Eps and records by John Ringhofer. Charming miniatures and boring lo-fi experimentations… /// JOOKABOX and “Dead Zone Boys” (Asthmatic Kitty): a great mix of everything and anything from hip-hop to punk. Thirty-seven minutes that seem like hours and features hysterical “SufjanStevenseries”, eighties electro-soul, explosive funk crossdressed in folk and many other things ! /// GLISS and “Devotion Implosion” (Cordless): an American trio playing noisy ethereal rock, like a raw version of Placebo… /// THE HICKEY UNDERWORLD and “The Hickey Underworld” (Naïve) including an explosive single (“Blonde Fire”) and many others brutal, intense and instinctive noisy songs reminding of McLusky and The Zico Chain…

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TOP 2009

by Julien on Dec.31, 2009, under ETC.

1- EMILY JANE WHITE – Victorian America
2- THE TWILIGHT SAD – Forget The Night Ahead
3- WE WERE PROMISED JETPACKS – These Four Walls
4- THE XX – The XX
5- MONO – Hymn To The Immortal Wind
6- BALMORHEA – All Is Wild, All Is Silent
7- DOMINIQUE A – La Musique / La Matière
8- THE PHANTOM BAND – Checkmate Savage
9- SUNSET RUBDOWN – Dragonslayer
10- DEPECHE MODE – Sounds Of The Universe

Explications en long et en large ici (sur la Blogothèque)

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“midlife crisis ?”

by Julien on Dec.21, 2009, under ETC.

Aujourd’hui, j’ai 35 ans. Ca ne ressemble pas tout à fait à la chanson de Florent Marchet, heureusement… C’est juste une occasion d’être un peu mythomane…

Françoiz Breut a fait un dessin pour mon fils aîné,
Chan Marshall m’a serré dans ses bras,
Will Oldham m’a envoyé un colis,
Nina Persson s’est endormie sur mon épaule,
J’ai fait pleurer (de rire) Mark Ibold,
Je me suis fait passer pour un membre d’Idlewild pour une interview,
J’ai eu un message de Ben Harper sur mon répondeur,
J’ai pris un thé avec Colin Greenwood, un café avec Dave Rowntree et une bière avec Martin Gore,
J’ai servi des bières à Zach Condon (et du jus de pomme à Erlend Oye),
J’ai bu un Haut-Brion avec Howe Gelb,
Brian Molko m’a servi du champagne,
J’ai vu Jeff Buckley en concert.

J’avoue, j’ai un peu affabulé : il y a parmi toutes ces expériences relatées, une qui est largement exagérée…

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MOLINA AND JOHNSON - Molina And Johnson

by Julien on Dec.15, 2009, under DISQUES

Les grandes heures lentes de Jason Molina, passées sous silence dans les disques récents de Magnolia Electric Co. et qui remontaient aux chefs d’œuvres de Songs : Ohia, associées au spleen de Will Johnson (Centro-Matic, South San Gabriel)… et un disque d’amis, qui se cherchent, tâtonnent, se côtoient, s’associent et se mêlent parfois. Des échos anciens, dépouillés, qui vont à l’essentiel (parce qu’il n’y avait pas le temps d’enrichir les ébauches) et au plus instinctif (parce qu’ils fonctionnent souvent ainsi). Jason Molina n’avait pas mis tant d’émotion dans son chant depuis des lustres (“The Lily And The Brakeman“, “Each Star Marks A Day“), Will Johnson force moins mais séduit autant (“Twenty Cycles To The Ground“, “Lenore’s Lullaby“) et le duo de circonstances fait un boulot d’artisans experts, éphémère (bien qu’une tournée commune soit en route), bancal souvent quand il se cherche, mais remarquable quand il se trouve (“Almost Let You In“).

Secretly Canadian/Differ-Ant

Jason Molina (Magnolia Electric Co., Songs: Ohia) singing with deep emotion and Will Johnson (Centro-Matic, South San Gabriel) for a collaborative album between personal styles and real remarkable and enjoyables duets (“Almost Let You In“)...

Web : Molina And Johnson

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SOIREE DE POCHE 14 BIS : Emily Jane White + Rod Jones

by Julien on Dec.08, 2009, under ETC.

Une histoire de circonstances, d’envies, de disponibilités et de chance aussi. Après Nora et sa Soirée de Poche 9bis en avril dernier, je me lance à mon tour dans l’organisation d’une soirée “bis”, ainsi nommée car elle reprend toutes les caractéristiques d’une Soirée de Poche ”officielle”, mais qu’elle ne bénéficiera pas de toute la logistique de captation d’une vraie, une histoire de circonstances encore…

Emily Jane White, ce sont des coups de cœurs successifs : un premier album, “Dark Undercoat“, qui me faisait écrire qu’il s’agissait du “meilleur album de Chan Marshall des années deux-mille” et un deuxième, “Victorian America“, qui renvoie désormais les références à Cat Power aux oubliettes et affirme une identité musicale bouleversante. Avant une tournée française en janvier-février 2010, ce sera l’occasion de la découvrir en trio acoustique… et de chavirer vraisemblablement.

Rod Jones, c’est le guitariste d’Idlewild, six albums, des concerts dans le monde entier, des tournées avec les plus grands (REM, U2, Pearl Jam, Coldplay…) et une rencontre début 1996 à Edimbourg à l’époque de premiers concerts chaotiques. Rod sortira en début d’année prochaine son premier album solo “A Sentimental Education” et c’est la première fois qu’il jouera ses chansons en France, un très chouette privilège…

La soirée aura lieu ce samedi 12 décembre à 20h30. Elle se déroulera à Vincennes (pas loin du métro et du RER), dans un lieu un peu particulier et en petit comité…

Pour vous inscrire et participer au tirage au sort, envoyez un mail à sdp14bis@gmail.com avant ce jeudi 10 décembre 21h en précisant si vous voulez 1 ou 2 places, en donnant votre nom et un numéro de téléphone… On tirera au sort les heureux gagnants dans la foulée et on vous dira rapidement si vous avez gagné ou pas…

Le tirage au sort a été effectué (merci Nora !), les gagnants ont été prévenus. Emily Jane White reviendra en France en janvier et février prochains…

L’entrée de la soirée est payante, sur le principe du don libre, à remettre le soir même. Ce don sera intégralement reversé aux artistes.

Merci au Pédiluve (lepediluve@gmail.com) pour la très chouette affiche…

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