Un peu de recul, du conditionnement pour l’hypnotisme. Une musique tout en boucles, nécessaires à mettre en œuvre pour favoriser l’illusion d’un ensemble coordonné quand c’est un homme seul, Dorian Taburet, qui fait le boulot de quatre ou cinq.
Avec discipline et folie, pour le meilleur (“Million Thousand People”, caraïbes chamboulées ou “Carbonnade” transe-formation) comme pour le presque pire (“My Jazz Hot” ou “Our Naked President”, les cordes raides entre génie, incompréhension totale et franche rigolade, allégrement franchies). De l’épuisement en à peine une demi-heure, disque brutal comme un acte sexuel intensément court (“Megawatt Megawatt”) et de la syntaxe stylistique massacrée avec ferveur, cri et instants (pop) reposants ou jouissifs.
Français, étonnamment, mais il aurait pu être Féringien (comme l’ami Budam) ou marginal d’ailleurs…
Mein Sohn William (Ici d’Ailleurs)