SY Forever…

LEE RANALDO – Between The Times And The Tides

Un silence volontaire sur les précédents albums solos, volontiers expérimentaux, et le regret de chansons abouties et souvent obsessionnelles (les prénoms féminins, Xtrina, ici encore…) distillées avec parcimonie seulement sur les disques de Sonic Youth.

La plus belle voix du groupe assurément et un constat d’autant plus évident quand les guitares s’apaisent et que le songwriting prend toute sa place légitime. Lee Ranaldo serait ainsi l’incarnation new-yorkaise de Paul McCartney (“Off The Wall” pop song par excellence, entre autres…) : une comparaison mûrement réfléchie et assumée ; et compliment sincère.

Grand disque de succession si celle-ci devait s’avérer effective.

Lee Ranaldo (Matador)


ALABAMA SHAKES – Boys & Girls

Derrière la hype : le groove, la voix et les irrésistibles appels aux déhanchements,  ondulations du bassin et mouvements frénétiques des épaules (sur la triplette initiale notamment). Derrière les références évidentes (Otis Redding, le rock sudiste du siècle dernier…) : une variété contemporaine, des compositions très maitrisées et qui ne doivent plus grand-chose à quiconque. Alabama Shakes


DANIEL ROSSEN – Silent Hour / Golden Mile EP

Courte échappée jolie d’une carrière Grizzly Bear déjà trompée en beauté avec Department Of Eagles. Cinq morceaux aux bases classiques, aux arrangements qui le sont moins et aux rêves d’orchestrations qui pourraient être délirantes. Des perspectives, de subtiles habiletés et d’habiles subtilités mais un résultat déjà entendu (chez DoE) : mêmes ressorts (“Silent Song”) et mêmes


MINA TINDLE – Taranta

Du charme, du charme et encore du charme. Comme distillé dans chaque note, chaque respiration et chaque instrumentation (et donc à foison, les arrangements étant ici luxuriants). En concentré ou dilué, souriant et joueur ou plus grave et intimidant. Mina “Pauline” Tindle en alternative française aux Sharon Van Etten, Heather Broderick et autre St.Vincent d’ailleurs,


LIVE FOOTAGE – Plays Jay Dee

Déception liminaire (mais passagère et futile, réflexion faite) avec un “Light Works” assez fade, électro connotée et sans âme. Mais dès “Think Twice”, très grande réussite de l’album, les recettes éprouvées et plaisantes du précédent Willow Be à nouveau convoquées et libérées : les boucles hypnotiques et le violoncelle swinguant, le sens simple mais efficace du


The Voice : mode d’emploi

Garou retrouve ses instincts primaires et imite de façon saisissante le chimpanzé qui aperçoit une cacahouète, Bertignac se met à faire de l’air guitar avec un enthousiasme qui fleure bon l’abus d’opiacés, Jenifer a un orgasme et Pagny sort son sourire/rictus de vieux pervers qui veut se taper la jeune : qu’importe la justesse, dès


SHARON VAN ETTEN – Tramp

Se souvenir du temps pas si lointain, mais révolu désormais, où Sharon Van Etten accompagnait l’envoi de ses disques autoproduits de petits mots de remerciements manuscrits. Il faut garder ces albums rares, ils sont déjà précieux, ils deviendront inestimables. Aux hauteurs très élevées où l’américaine envoie par moments ce Tramp et ces chansons voyageuses. Une


THE WEDDING PRESENT – Valentina

Il y a toujours, avec chaque nouvel album du groupe de David Gedge, l’impression première – paradoxalement rassurante, étrangement – d’un disque raté, d’un chant pas encore domestiqué malgré les nombreuses années d’exercice, d’une même chanson déclinée une dizaine de fois avec variations négligeables sur le même thème (les relations hommes-femmes, universelles digressions). Et puis,


SUMMER – Kimy EP

Dans la foulée du RDV Drague de l’an passé, en renforcement de ce qui fait leurs défauts comme leur singularité : chant-diction presque insupportable de maniérisme et d’une préciosité simulée, thématiques et paroles dérangeantes et ces machines lancinantes qui évoquent des eighties se vautrant dans l’avant-gardiste (“Caution” ou “Querelles Noires”). Quatre titres, une cohérence, une identité


Lana et moi…

Quand on a la chance de pouvoir entendre les nouveaux albums de Sharon Van Etten (intense, habité, riche), de The Twilight Sad (audacieux, tendu, sombre) ou d’Edward Barrow (élégant, fin, raçé), la musique de Lana Del Rey (et toute la polémique qui l’entoure, stupide et stérile) présente autant d’intérêt qu’un pet de Zaz…


MEIN SOHN WILLIAM – Mein Sohn William

Un peu de recul, du conditionnement pour l’hypnotisme. Une musique tout en boucles, nécessaires à mettre en œuvre pour favoriser l’illusion d’un ensemble coordonné quand c’est un homme seul, Dorian Taburet, qui fait le boulot de quatre ou cinq. Avec discipline et folie, pour le meilleur (“Million Thousand People”, caraïbes chamboulées ou “Carbonnade” transe-formation) comme


DAKOTA SUITE & QUENTIN SIRJACQ – The Side Of Her Inexhaustible Heart

C’est cette musique qui me conviendra le mieux bientôt, quand toute envie de rage aura disparue et que la frustration ne sera que souvenir en bribes. Apaisé, serein, apte enfin à profiter, à jouir de ces notes économes, lentes, précieuses une à une. De ce chant qui se distille avec parcimonie, choisissant ses morceaux, laissant


TOP 2011

Du piano contemporain ou classique, du folk sombre, lumineux ou gothique, du rock singulier, un barde mexicain et mon “habituel nouveau groupe écossais préféré de l’année”... 2011 fût une année éclectique, un peu décevante avant de devenir foisonnante et passionnante dans ses dernières semaines. A découvrir sous une forme inédite, ici.


RIDE THE ARCH – Diagonal Elevator EP

Dans la cour des grands, dès le premier EP, dès le premier titre, dès les premières mesures nostalgiques, dès les premiers mots chantés de cette voix éraillée presque immédiatement à bout de souffle, faite pour le rock comme une évidence presque trop convenue. Grunge quand les guitares prennent le devant, en Pearl Jam des stades à


LA BOITE A OOTI – La Boite à Ooti

L’intrigante Boîte à Ooti dans laquelle on trouve toutes sortes de choses étranges : des ritournelles enfantines d’apparence qui cachent des propos plus graves sous leurs fausses naïvetés, des ambiances et un imagier qui flirtent avec la fiction Burtonienne ou celles des contes d’antan, des arrangements qui savent inquiéter autant qu’envouter, une voix de sirène qui


UNIFORM MOTION – One Frame Per Second

Balmorhea, Black Eyed Dog, Live Footage… En des intentions et styles différents, autant de perles découvertes au gré des envois d’un label/distributeur italien fidèle même dans mon silence. Pépites à extirper de vracs/collections de disques souvent orientés math-rock qui n’excitent qu’occasionnellement mes oreilles peu friandes de sons trop calculés… Jusqu’à la touche juste et donc,